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Yves Vandewalle tire un bilan de sa mandature et analyse le jeu politique yvelinois

par | 12 jan­vier 2021 | Envi­ron­ne­ment, Poli­tique

Ancien dépu­té des Yve­lines, ancien maire de Lévis-Saint-Nom (1989−2008), pré­sident du Parc natu­rel régio­nal de la Haute Val­lée de Che­vreuse et conseiller dépar­te­men­tal des Yve­lines. (DR)

Dans une inter­view du 11 jan­vier 2021, Yves Van­de­walle, conseiller dépar­te­me­nal des Yve­lines et pré­sident du Parc natu­rel régio­nal (PNR) de la Haute Val­lée de Che­vreuse, s’est livré à un jeu de ques­tions-réponses autour de trois thèmes : le bilan de sa man­da­ture, le déve­lop­pe­ment durable en fer de lance, les PNR et le jeu poli­tique yve­li­nois.

Évo­quer le bilan d’un vieux rou­tard de la poli­tique yve­li­noise n’est pas aisé. Ancien dépu­té, ancien maire de Lévis-Saint-Nom et ancien vice-pré­sident du conseiller dépar­te­men­tal, M. Van­de­walle a tou­jours un œil vif et la pers­pi­ca­ci­té poli­tique ne lui manque pas. Inter­ro­gé sur le bilan indi­vi­duel de sa man­da­ture de six ans, il répond modes­te­ment car « la méthode de fonc­tion­ne­ment du conseil dépar­te­men­tal laisse une place modeste à des indi­vi­dua­li­tés. » Il a, tou­te­fois, réus­si à agir dans des domaines tels que la fibre optique, l’a­mé­na­ge­ment via la rura­li­té et les grands pro­jets du pré­sident Bédier. Pour lui, le dépar­te­ment a rem­pli ses mis­sions essen­tielles, notam­ment en matière de soli­da­ri­té et de social, com­pé­tence pri­mor­diale dans le mille-feuille admi­nis­tra­tif français.

Un dépar­te­ment riche qui rem­pli son rôle social

Pre­nons le cas de la cou­ver­ture de la fibre optique. M. Van­de­walle avait, pen­dant la man­da­ture de l’an­cien pré­sident Alain Schmitz (2010−2015) conçu et mené à bien un pro­jet de fibre optique, « le pre­mier pro­gramme en France ! ». En 2015, le retour de Pierre Bédier a cham­bou­lé le pro­gramme et a coû­té cher car « M. Bédier avait modi­fié les condi­tions du pro­jet ini­tial [ayant entraî­né un retard et] un sur­coût de plu­sieurs mil­lions. » Bon joueur, M. Van­de­walle a admis que le pré­sident du conseil dépar­te­men­tal a cher­ché une nou­velle voie et a eu de la chance lorsque des opé­ra­teurs avaient com­men­cé à inves­tir dans la fibre optique.

En second lieu, le dépar­te­ment a joué un impor­tant rôle social.  M. Van­de­walle consi­dère que « nous avons la chance d’être un des dépar­te­ments le plus riches de France ». Encore une réus­site affirme-t-il : « On a rem­pli notre mis­sion de soli­da­ri­té en fai­sant béné­fi­cier de l’aide sociale à l’en­fance et à la jeu­nesse… sans oublier le han­di­cap et le sec­teur des per­sonnes âgés. » Le coût et le rôle du RSA sont impor­tants pour la poli­tique publique des dépar­te­ments fran­çais et cela a conduit à une explo­sion de la fis­ca­li­té en 2015 (+66 %). Ce « virage fis­cal » a abou­ti à un record national.

Un virage fiscal erroné

Jus­te­ment, la fis­ca­li­té a été au centre d’une dis­sen­sion entre le pré­sident Bédier et Yves Van­de­walle, qui consi­dère que la doc­trine a été mar­quée par une modé­ra­tion. Il a sou­li­gné qu’en 2015, « on a fait un bond en avant qui se tra­duit par une pres­sion fis­cale sans pré­cé­dent dans l’his­toire dépar­te­men­tale. » Pour lui, c’é­tait « une aug­men­ta­tion mas­sive et inutile, qui avait affai­bli l’at­trac­ti­vi­té et  la com­pé­ti­ti­vi­té » du ter­ri­toire des Yve­lines et, de toute façon « la tra­jec­toire de la fis­ca­li­té de la taxe fon­cière n’a rien de flat­teur » pour le pré­sident Bédier. Yves Van­de­valle a affir­mé, de plus, que cette poli­tique a été inef­fi­cace car chaque année le bud­get du dépar­te­ment dégage un sur­plus qui n’a rien à voir avec la dyna­mique éco­no­mique du département.

Quant à son action dans le cadre du Parc natu­rel régio­nal, M.  Van­de­walle est plu­tôt satis­fait. Les quatre PNR d’Île-de-France sont le fer de lance des poli­tiques publiques en matière  d’en­vi­ron­ne­ment et de déve­lop­pe­ment durable. Le finan­ce­ment  du conseil régio­nal leur assure une sorte de péren­ni­té, alors que ces PNR sont mal connus. Ils sont de bons outils pour mener quatre mis­sions :
– Pré­ser­va­tion de la nature et du patri­moine his­to­rique ;
– Amé­na­ge­ment du ter­ri­toire pour pré­ve­nir les risques natu­rels tels que les inon­da­tions ;
– Dyna­mi­sa­tion de leur tis­su éco­no­mique et tou­ris­tique.
Le volet agri­cole est pri­mor­dial pour les PNR car les agri­cul­teurs sont non seule­ment « des agents éco­no­miques, mais aus­si des  jar­di­niers de la Nature ». Ain­si, les PNR par­ti­cipent déjà au Plan ali­men­taire ter­ri­to­rial, en  faci­li­tant la vente à la ferme et en contri­buant à l’au­to­no­mie ali­men­taire, en général.

Fin de règne

Dans la qua­trième par­tie de l’in­ter­view, M. Van­de­walle a livré une réflexion sur le rôle du poli­tique. « Les poli­tiques ont un pou­voir  impor­tant et c’est essen­tiel » pour la démo­cra­tie. Mal­gré une admi­nis­tra­tion omni­pré­sente, « le poli­tique doit don­ner une pers­pec­tive, une vision claire des affaires publiques. Ce n’est pas à l’ad­mi­nis­tra­tion de mener une poli­tique, mais au poli­tique, qui  doit exer­cer » plei­ne­ment la sou­ve­rai­ne­té de ses élec­teurs. Dans le pas­sé récent des Yve­lines, nous sommes loin du compte. Pour Yves Van­de­walle, « on vit une pra­tique monar­chique du pou­voir et le pré­sident Bédier gou­verne tout seul ; c’est une manière archaïque de l’exer­cice du pou­voir ».

Pour l’a­ve­nir, il fau­drait « plus dia­logue, d’é­coute » afin de ne pas  tom­ber dans « l’infantilisation des élus », comme c’est le cas  aujourd’­hui. Triste fin de règne pour M. le pré­sident du Conseil  dépar­te­men­tal des Yve­lines !

 

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