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L’eau pluviale, un dossier à traiter avec plus de sérieux

par | 4 mai 2021 | Inter­co, Triel-sur-Seine

A Triel, dans une impasse ce regard des eaux usées a été bouché afin d’être en règle avec la loi. (DR)

La loi inter­dit le mélange des eaux plu­viales et des eaux usées dans le “tout à l’é­gout” pra­tiqué par les anciens. Sauf que la com­pé­tence pour dis­soci­er cette évac­u­a­tion revient à la Com­mu­nauté urbaine Grand Paris Seine & Oise qui est dans le déni. Un cas d’école.

Certes, ce prob­lème était con­nu depuis dix ans, voire plus et les com­munes en charge des réseaux divers n’ont pas eu la volon­té poli­tique ou les moyens pour faire face aux con­traintes de la loi. Selon les experts du Graie, mélanger les deux réseaux (eaux usées et eaux plu­viales) n’est pas une bonne solu­tion pour l’en­vi­ron­nement. En plus, il est “extrême­ment coû­teux, qui con­duit inévitable­ment à des débor­de­ments par temps de pluie. Les con­séquences sont la dégra­da­tion des milieux aqua­tiques et des risques d’inondation accrus. “(1)

Dans le cas de Triel, dans une étude faite il y a dix ans env­i­ron, env­i­ron 600 foy­ers avaient ce prob­lème de non dis­so­ci­a­tion des réseaux. La prob­lé­ma­tique a été con­nue et recon­nue par les dif­férents maires, mais rien n’avait été fait alors. Même le trans­fert de com­pé­tence vers la Com­mu­nauté urbaine n’a pas eu de con­séquence favor­able à la mise aux normes de ces 600 foy­ers. Cha­cun se débrouille comme on peut ou veut ! Dans le cas de l’im­passe Rue Charles Dupuis à Triel, une vente est en train de s’ef­fecteur et pour être en règle, la solu­tion retenue a sem­ble-t-il été de bouch­er le regard. Ni vu, ni con­nu !  Un arti­san est inter­venu, le 28 avril, afin de fer­mer une grille d’é­vac­u­a­tion qui recueille les eaux plu­viales de l’im­passe (com­mu­nale) du haut de la rue Charles Dupuis à Triel (et qui va hélas dans les eaux usées, car il n’y pas de réseau d’eaux plu­viales dans cette petite impasse).

D’autres cas sim­i­laires appa­rais­sent dans les autres villes voisines. A Andrésy, par exem­ple, une inter­naute a pub­lié, le 4 mai, son dépit sur la page Face­book Andrésy-Notre Ville !) : “En gros, on est en achat (com­pro­mis qui doit être signé jeu­di, 6 mai 2021). L’u­nique société de la ville qui fait le diag­nos­tic est passé chez les vendeurs pour faire la con­for­mité assainisse­ment et le résul­tat n’est pas con­clu­ant pour l’é­coule­ment de l’eau plu­viale : les eaux usées de la mai­son vont bien à l’é­gout; mais les eaux de pluies vont dans un puis­ard. Le soucis est que c’est une zone a gypse (donc à risque très faible), mais le diag­nos­tic est non con­forme et recom­mande de faire une tranchée ou un épandage super­fi­cielle.
Dans cette zone en ques­tion, le Plan local d’ur­ban­isme inter­com­mu­nal (PLUi) recom­man­dent si puis­ard il y a, il devait être à 5 mètres de la mai­son. Les pro­prié­taires actuels ne savent pas où le puis­ard se trou­ve. Ceux-ci ne fer­ont pas les travaux car ils con­sid­èrent la zone à risque faible… On ne sait pas quoi faire, la mai­son nous plaît beau­coup.… Je me demande si le urban­isme peut nous tomber dessus pour qu’on fasse les travaux. Quelqu’un a déjà ren­con­tré cette sit­u­a­tion ?

Que l’on soit clair, on n’a rien con­tre la trans­ac­tion immo­bil­ière, mais ce prob­lème struc­turel doit être résolu par les instances en charge, soit la Com­mu­nauté urbaine Grand Paris Seine & Oise.

L’ar­ti­san a indiqué à un des voisins qu’il le fai­sait à la demande de l’a­gence immo­bil­ière (qui n’a pas don­né suite à notre appel télé­phonique), avec une autori­sa­tion (de qui ?), dans le cadre d’une vente de la mai­son 48 des Créneaux qui ne pour­rait pas se faire sans cette obtu­ra­tion. Ain­si, le prob­lème est qu’une des gout­tières de cette mai­son débouche juste au-dessus de cette grille, et que le fait que ces eaux plu­viales ail­lent dans les eaux usées est hors normes. C’est sans doute le vendeur qui cherche à met­tre son loge­ment “aux normes”.

Mais fer­mer cette grille va créer des prob­lèmes de stag­na­tion d’eau dans cette impasse, créant un incon­fort lors des pas­sages pié­tons et infil­trant les maisons attenantes. L’ar­ti­san qui inter­ve­nait ce matin a con­fir­mé que “cette obtu­ra­tion lui sem­blait inadap­tée”.
La solu­tion de court terme serait d’é­vac­uer l’eau de cette gout­tière dépen­dant du 48 rue des Créneaux ailleurs (ou de tolér­er cette gout­tière, la sur­face con­cernée étant extrême­ment réduite).
La solu­tion de long terme serait qu’un réseau d’é­vac­u­a­tion des eaux plu­viales soit créé dans cette impasse communale.

Les ser­vices tech­niques de la Mairie de Triel ont con­fir­mé le con­stat fait par le voisi­nage et que la délivrance d’une telle évac­u­a­tion est de la respon­s­abil­ité de Grand Paris Seine & Oise. Ce dernier, con­tac­té, n’a pas don­né suite à nos questions.

Pour­tant, il existe d’autres solu­tions effi­caces et beau­coup plus économiques pour les eaux plu­viales, qui se calquent au cycle naturel de l’eau : gér­er au plus près de la source, ralen­tir, infil­tr­er, et surtout ne pas con­cen­tr­er les flux !

Le tis­su ancien de la ville est con­sti­tué de reli­quats du passé de con­struc­tion. (DR)

Note

1. Site Inter­net du Groupe de Recherche Rhône-Alpes sur les Infra­struc­tures et l’Eau. 

 

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