Actua­li­tés

Lan­ce­ment du chan­tier de res­tau­ra­tion de l’ap­par­te­ment de Madame du Barry

par | 22 mars 2021 | Com­mu­ni­qués, Culture

Le châ­teau de Versailles est un lieu de culture et, par consé­quent, il fau­drait demain ouvrir ses portes. (DR)

En 1770, Louis XV, veuf, décide d’installer sa favo­rite, la com­tesse du Bar­ry au cœur du châ­teau, juste au-des­sus de son appar­te­ment pri­vé. Amé­na­gé par Ange-Jacques Gabriel, l’appartement de qua­torze pièces s’étend sur plus de 350 m2. Situé au second étage de la rési­dence royale, il donne sur la cour de marbre pour les pièces de récep­tion et sur les cours inté­rieures pour les pièces plus intimes. Il béné­fi­cie éga­le­ment de mul­tiples accès, per­met­tant ain­si au Roi de rejoindre sa maî­tresse, en toute dis­cré­tion, par ses esca­liers privés. 

A la demande de la com­tesse, les pièces prin­ci­pales conservent un décor blanc et or, pri­vi­lège des princes. L’autre moi­tié de l’appartement pré­sente d’exceptionnels décors poly­chromes qui, s’ils ont très lar­ge­ment exis­té sous l’Ancien Régime, ont pour la plu­part dis­pa­ru dès la fin du XVIIIesiècle. C’est un ensemble unique, char­gé d’histoire et d’émotions qui sub­siste aujourd’hui au sein du châ­teau. Grâce au concours et aux savoir-faire sécu­laires d’une cin­quan­taine d’artisans ; menui­siers, doreurs, mar­briers ou stu­ca­teurs, cet appar­te­ment va pou­voir retrou­ver tout son lustre.

Un lieu pré­ser­vé, témoin de l’art de vivre au XVIIIe

Loin des espaces de repré­sen­ta­tion de la Cour, la maî­tresse royale déploie un très grand raf­fi­ne­ment dans ce lieu qu’elle fait agré­men­ter de mobi­lier et d’objets d’art à la pointe de la mode, mais qu’elle n’occupe que cinq ans (1770−1774) avant d’être chas­sée de la Cour. Après le départ de la favo­rite, cet appar­te­ment connaî­tra quelques amé­na­ge­ments et rema­nie­ments dans sa dis­tri­bu­tion. Dif­fé­rentes per­son­na­li­tés s’y suc­cè­de­ront jusqu’à la fin du siècle et cette occu­pa­tion qua­si per­ma­nente lui per­met­tra d’échapper aux cam­pagnes de bûchage des insignes royaux par les révo­lu­tion­naires, en octobre 1793. Ain­si, quelques fleurs de lys et des doubles « L » d’origine, sur les che­mi­nées en marbre ou les boi­se­ries, y sub­sistent encore intacts. L’appartement ne sera pas non plus impac­té par les impor­tantes trans­for­ma­tions du châ­teau au XIXe siècle.

Une pre­mière res­tau­ra­tion exem­plaire qui doit être poursuivie

Entre 1943 et 1947 l’appartement de Madame du Bar­ry a béné­fi­cié d’une cam­pagne de res­tau­ra­tion d’une très grande qua­li­té conduite par l’architecte en chef André Japy. Ce chan­tier, bien que réa­li­sé dans des cir­cons­tances déli­cates, en pleine guerre, per­mit la réa­li­sa­tion de nom­breux tra­vaux. Le par­ti pris fut alors de réta­blir les dis­po­si­tions de l’appartement dans son état de 1774, tel que le connut Madame du Barry.

Depuis plus de soixante-dix ans, cet appar­te­ment n’a donc béné­fi­cié d’aucune cam­pagne de tra­vaux de res­tau­ra­tion. Au-delà de l’altération et du vieillis­se­ment des pein­tures, les décors et les pla­fonds ont souf­fert d’entrées d’eau. L’humidité et les impor­tantes varia­tions cli­ma­tiques de cet étage, situé sous comble et orien­té plein sud, ont éga­le­ment contri­bué à l’état de vétus­té des décors qui néces­sitent aujourd’hui une nou­velle cam­pagne de travaux.

Cette nou­velle res­tau­ra­tion s’inscrira dans le res­pect de la pré­cé­dente cam­pagne. La majo­ri­té des inter­ven­tions consis­te­ra en une res­tau­ra­tion à l’identique, seules quelques inco­hé­rences rap­por­té à l’état de 1774 seront cor­ri­gées. Par ailleurs, cer­tains ouvrages trai­tés sur place dans les années 1940, néces­si­te­ront une res­tau­ra­tion plus pous­sée en ate­lier. L’objectif est de pou­voir offrir au public l’atmosphère d’intimité et de déli­ca­tesse qui se déga­geait de ce lieu, expres­sion de la quin­tes­sence de l’art de vivre au XVIIIe siècle.

Madame du Barry

Jeanne Bécu, dite « Made­moi­selle Vau­ber­nier », est née le 19 août 1743. Deve­nue par mariage com­tesse du Bar­ry, elle suc­cède à Madame de Pom­pa­dour comme favo­rite du roi. Elle est pré­sen­tée au Roi Louis XV en 1768. Le Roi est alors âgé et a per­du suc­ces­si­ve­ment son fils le dau­phin Louis-Fer­di­nand, son épouse, Marie Leszc­zyns­ka, ain­si que sa maî­tresse deve­nue amie, Madame de Pom­pa­dour. Il est rapi­de­ment séduit par la beau­té de cette jeune femme et c’est au cours de cette même année qu’elle s’installera à Versailles. Mal­gré les mani­gances du duc de Choi­seul et le mépris de Mes­dames filles de Louis XV, elle s’impose à la Cour.

A l’égard de bien des favo­rites, Madame du Bar­ry vit confor­ta­ble­ment. Ama­trice d’art, elle pro­tège peintres et arti­sans et cultive le style néo-clas­sique à Versailles. Elle com­mande nombre de pièces au menui­sier Dela­nois, à l’ébéniste Leleu et aux peintres Fra­go­nard et Vien. Amie de Vol­taire, elle lui rend visite jusqu’à la mort de l’écrivain en 1778.

A la mort de Louis XV, en mai 1774, sur ordon­nance de son suc­ces­seur Louis XVI, elle est chas­sée de Versailles et emme­née au couvent de Pont-aux-Dames à Meaux. En 1776, elle se retire à Lou­ve­ciennes. Dénon­cée pen­dant la Ter­reur, elle est guillo­ti­née le 8 décembre 1793.

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