Actua­li­tés

L’Hautil : la bar­rière de la discorde

par | 15 février 2021 | Mau­re­court, Triel-sur-Seine

Il n’y a pas que la voie qui soit sans issue ! (DR)

Comment créer une ziza­nie sur l’Hautil ? Hé bien le Conseil muni­ci­pal de Mau­re­court s’est char­gé de la ques­tion ! Com­ment ? En déci­dant la fer­me­ture (sic) défi­ni­tive de la route qui relie sa com­mune au hameau de l’Hautil !

Sous l’ancien régime il y avait les lettres de cachet (signées par le roi) pro­to­types de l’arbitraire qu’abolit la Révo­lu­tion de 1789. Main­te­nant par­fois on ferme une route. Avant le 15 février les habi­tants de l’Hautil et les usa­gers emprun­taient une route sécu­laire per­met­tant de rejoindre un car­re­four sur la RD 22 qu’on appe­lait jadis « car­re­four de la Croix de Fer », route qui va jusqu’à la petite com­mune fort sym­pa­thique de Mau­re­court . C’est fini. A par­tir du 15 février 2021 «… elle sera fer­mée défi­ni­ti­ve­ment aux véhi­cules moto­ri­sés… »

Les Hau­tillois appré­cient tant à l’aller qu’au retour ce che­mi­ne­ment natu­rel, étroit et si buco­lique. Mais ils ne sont pas les seuls car avec l’urbanisation locale et la pri­va­ti­sa­tion des par­kings du RER de nom­breux autres auto­mo­bi­listes (envi­ron 900‑1000 par jour) emprun­taient cette route pour aller et reve­nir vers fin d’Oise et au delà, un rac­cour­ci bien connu, les autres iti­né­raires (Jouy-le-Mou­tier et Chanteloup-les-Vignes) étant satu­rés . Ain­si ils le seront encore plus. A qui on dit merci ?

Et les com­mer­çants mau­re­cour­tois sont-ils contents ?

Bien sûr les voi­tures passent devant quelques vielles mai­sons par­fois res­tau­rées qui n’ont pas bou­gé depuis des siècles… bien sûr des chi­canes dan­ge­reuses ont pous­sé ici ou là… bien sûr un stop stu­pide a fleu­ri au niveau d’un petit car­re­four sans visi­bi­li­té (et sans aucune voi­ture car elles vont dans l’autre sens…unique). Les quelques voi­tures de rive­rains sont bien garées à droite, à gauche, cha­cune dans sa case régle­men­taire. Tou­jours est-il qu’après quelques croi­se­ments gérés au ralen­ti, l’automobiliste arrive en plein milieu de la place vil­la­geoise : la phar­ma­cie, le bou­cher-trai­teur, l’église, la mai­rie, la poste… tout est là, accueillant le cha­land pres­sé mais com­blé. Pas de grande sur­face, pas de ten­ta­tions devant des vitrines affrio­lantes de com­merces non indis­pen­sables. Le com­merce de proxi­mi­té s’est main­te­nu et vou­drait prospérer.

Aux quelques com­merces cités plus haut s’ajoutent ceux ins­tal­lés à proxi­mi­té (tabac-jour­naux, bou­lan­ge­rie, fruits & légumes, fleu­riste, et même une bras­se­rie, une banque et une quin­caille­rie, ren­dez-vous bien venu des bri­co­leurs…). Pros­pé­rer encore ? Sûre­ment mais moins bien… Tous vont perdre défi­ni­ti­ve­ment un % de chiffre d’affaire, phé­no­mène dont la CODIVxx n’est pas la cause. Ils ne doivent pas être contents (cer­tains seraient furieux selon la rumeur !) mais qu’importe, le prin­cipe de pré­cau­tion, l’appréciation d’un pré­su­mé dan­ger consta­té sur la route (éven­tuel effon­dre­ment de car­rière et /​ou pré­sence d’un front rocheux en bord de route pou­vant cau­ser des chutes de pierres…) condamnent ce pas­sage à l’automobiliste. Un bon moyen de dimi­nuer le nombre de voi­tures… en les envoyant chez les autres.

Une route vrai­ment trop passante ?

Vrai­ment inter­dite à tous ? Que nen­ni ! Tôt ou tard quelque risque-tout (sur­ement équi­pé de casque ou de cui­rasse) essaie­ra de pas­ser (com­ment ? à pied ? en voi­ture ? en contour­nant la bar­rière ? avec un pass ou autre ? ). Répres­sion à pré­voir… On ne répare pas on inter­dit et puis on réprime. Et la mai­son qui est près du lieu « à risque » depuis des décen­nies se trouve-t-elle hors du prin­cipe de pré­cau­tion ? Bien sûr que les aléas des fronts rocheux qui sont tech­ni­que­ment répa­rables ne sont qu’un pré­texte car on peut se poser la ques­tion de la pré­sence, auto­ri­sée par la mai­rie de cette mai­son habi­tée sous le front rocheux situé à quelques mètres de l’aléa fort !

Com­plai­sance démocratique

Ceci parait depuis le début une déci­sion « de confort » car ce n’est pas un pro­blème qui paraît tech­ni­que­ment insur­mon­table mais un pré­texte uti­li­sé par les élus com­mu­naux pour jus­ti­fier la fer­me­ture de cette route jugée « trop pas­sante » depuis des années par cer­tains rive­rains. La pré­ser­va­tion du confort de quelques uns prime, semble-t-il, à Mau­re­court sur l’intérêt géné­ral des non-Mau­re­cour­tois sur­tout s’ils sont auto­mo­bi­listes de passage.

Croâ, croâ…

Du posi­tif : la fer­me­ture de cette route va sau­ver des vies !
En effet, chaque année des cen­taines de batra­ciens y étaient écra­sés. Les migra­tions de batra­ciens, les nuits de prin­temps étaient parait-il un vrai mas­sacre quand gre­nouilles et cra­pauds tra­ver­saient la route pour rejoindre leurs lieux de ponte au niveau du bois situé un peu plus loin. C’était une héca­tombe et on les trou­vait au matin réduits à l’état de crêpes en nombre incal­cu­lable. Main­te­nant tout va bien. C’est fini.

Réac­tion à l’ar­ticle paru dans le J2R :

Le 17 février 2021 11:07 nous (j2r) avons reçu la réac­tion sui­vante :
Envoi de Chris­tian Le Goff à J2R (via Facebook)

Mon­sieur Claude Barouh, vous qui écri­vez cet article, vous êtes sans doute un géo­logue
expert .
Mer­ci donc de nous démon­trer scien­ti­fi­que­ment la véra­ci­té de vos allé­ga­tions .
On le voit chaque jour sur les chaines com­mer­ciales de télé­vi­sion, on a en France plé­thore
de méde­cins infec­tio­logues.
Mon­sieur Barouh du Jour­nal des deux rives , vous imi­tez ces faux spé­cia­listes sur un sujet
dif­fé­rent , celui de la géo­lo­gie
Comme trop de jour­na­leux votre but semble être sim­ple­ment de créer le buzz.
Si ce n’est pas le cas, indi­quez nous vos for­ma­tions sur ce domaine et expli­quez nous votre
rai­son­ne­ment en indi­quant vos sources d’information.

Réponse du 17 février 2021
Bon­jour et mer­ci de lire le Jour­nal des deux rives.
Vous avez rai­son de for­mu­ler vos reproches car vous avez lu l’article mais pas comme il a
été écrit. J’ai du mal m’exprimer. Le thème est : la satis­fac­tion et la pré­ser­va­tion de l’intérêt
par­ti­cu­lier de quelques rive­rains élec­teurs au détri­ment de l’intérêt géné­ral d’usagers
ano­nymes sou­vent clients de vos com­mer­çants.
En effet, ce qui est gênant dans la déci­sion Mau­re­cour­toise c’est son aspect réduc­teur : s’il
y avait dan­ger immi­nent pour l’usager c’est en fai­sant des tra­vaux de répa­ra­tion qu’ils
dis­pa­rai­traient (des sub­ven­tions dépar­te­men­tales existent, il n’y a qu’à les deman­der et pour
les obte­nir, négo­cier). De plus, toutes les infos citées ont été extraites des docu­ments qui
m’ont été envoyés, (à la lec­ture ils n’imposent pas l’interdiction qui a été déci­dée
col­lec­ti­ve­ment en Conseil muni­ci­pal) ces docu­ments méri­taient d’être lus atten­ti­ve­ment et
leurs recom­man­da­tions appli­quées. Exemples :
Pour le CEREMA « le risque aléa est qua­li­fié de moyen… » Et page 15 de votre « spé­cial
chan­tier » on peut lire : « Des tra­vaux et des res­tric­tions d’accès semblent donc néces­saires
pour garan­tir la sécu­ri­té des per­sonnes et des biens dans ces zones qui feront l’objet
d’études par­ti­cu­lières afin d’obtenir un niveau de détail plus impor­tant et notam­ment
d’identifier et de dimen­sion­ner les tra­vaux de confor­te­ment à réa­li­ser.
Il a été choi­si de ne pas entre­prendre ni études par­ti­cu­lières ni tra­vaux de conso­li­da­tion. Je
main­tiens donc la conclu­sion de mon article (léger) dont la teneur aurait pu être beau­coup
plus sévère et polé­mique mais j’ai trop d’estime vis-à-vis des Mau­re­cour­tois pour en
rajou­ter. Si d’autres médias, asso­cia­tions, usa­gers lésés etc. ont envie de polé­mi­quer ou
plus, tant pis pour vous, ce ne sont pas eux qui ont déclen­ché la dis­corde, ils sont plu­tôt
vic­times de cette déci­sion bien peu démo­cra­tique.
Bien cor­dia­le­ment et conti­nuez à lire « Le jour­nal des deux rives »
Claude Barouh

Aider notre jour­nal indé­pen­dant en sous­cri­vant à l’a­dresse sui­vante. Par avance mer­ci : https://​fr​.tipeee​.com/​l​e​s​-​2​-​r​i​v​e​s​-​y​v​e​l​i​nes

LE PANIER DU MARCHÉ JOEL PICARD LES MERCREDI ET SAMEDI AU 74 RUE PAUL DOUMER À TRIEL-SUR-SEINE

RÉSERVATION LA VEILLE AVANT 15 HEURES AU
07 67 53 45 63 (cli­quez)

Muni­ci­pales 2020

Share This