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Histoire de quarantaines

par | 18 novem­bre 2020 | Com­mu­niqués, His­toire

Entrée prin­ci­pale du lazaret de Port Mahon (îles Baléares). (DR)

Divers­es péri­odes épidémiques ont jalon­né les épo­ques en France, depuis le Moyen Âge jusqu’à aujourd’hui : la peste, le choléra, la grippe espag­nole ont provo­qué des cen­taines de mil­liers de morts, oblig­eant par­fois l’État français à impos­er des mesures de quar­an­taine à sa pop­u­la­tion. Seul moyen pour endiguer des épidémies mortelles, cette con­di­tion de cloi­son­nement provo­qua par­fois une vive opposition.

À la fin du XIVe siè­cle, à la suite des rav­ages de la peste noire, le sys­tème de quar­an­taine devient la base d’un sys­tème de préven­tion con­tre les épidémies venues du Proche-Ori­ent et d’Afrique du Nord. En effet, dans le cadre du développe­ment du com­merce tri­an­gu­laire et de ses mou­ve­ments de pop­u­la­tions, la quar­an­taine est alors le seul moyen de prévenir des épidémies venant de l’étranger. La pre­mière quar­an­taine d’Europe s’établit en 1377 dans le port de Raguse, en Croat­ie. On voit alors la con­struc­tion de dif­férents lazarets dans divers­es villes méditer­ranéennes, ser­vant à accueil­lir les voyageurs sus­pec­tés de peste. Ce sys­tème de mise à l’écart se développe et se per­fec­tionne au tra­vers des épo­ques, grâce aux pro­grès de la sci­ence, mais devient de plus en plus restric­tif dans le cadre d’une mon­di­al­i­sa­tion accrue et des épidémies de plus en plus destructrices.

En 1900, le Dr G. Kobler, dans son ouvrage Sur les quar­an­taines dans les foy­ers épidémiques décrit ain­si une procé­dure san­i­taire à adopter en cas d’épidémie : con­stata­tion en temps utile des per­son­nes et objets infec­tés, isole­ment des malades, dés­in­fec­tion rad­i­cale des per­son­nes et objets infectés.

L’É­cho de Paris 17 févri­er 1929 — Source Gallica

Toute­fois, dans l’histoire des crises san­i­taires, les mesures de pro­tec­tion, pour­tant néces­saires, imposées par les gou­verne­ments, ont par­fois ren­con­tré de vives oppo­si­tions. En 1806, alors que la fièvre jaune fait rage en Espagne, la Suède, qui développe ses échanges com­mer­ci­aux avec l’Espagne, décrète une nou­velle lég­is­la­tion qui durcit les sanc­tions imposées en cas de non-respect de la quar­an­taine dans la sta­tion san­i­taire de Kän­sö. Dans le même temps, les oppo­si­tions à ce sys­tème de quar­an­taine se mul­ti­plient à mesure que le com­merce inter-pays s’amplifie. En 1851, une con­férence san­i­taire inter­na­tionale s’organise pour trou­ver, con­join­te­ment, un moyen d’endiguer les mal­adies importées (en l’oc­cur­rence : la peste), tout en ménageant le com­merce. Antoine-Barthélémy Clot, dans Coup d’œil sur la peste et les quar­an­taines : à l’occasion du con­grès (ed. 1851) retrace les con­di­tions dans lesquelles ce con­grès his­torique s’est déroulé.

Une mul­ti­tude de con­férences comme celle-ci vont avoir lieu dans les années qui suiv­ent, avec tou­jours un dif­fi­cile équili­bre entre les intérêts économiques et les intérêts sociaux.

Hors du con­texte com­mer­cial, ce sont les pèleri­nages qui préoc­cu­pent les autorités san­i­taires. C’est à la suite de l’épidémie de choléra qui survint en 1865, en Europe, que le con­trôle san­i­taire fût ren­for­cé pour les pèlerins. En effet, on avait tenu pour respon­s­ables de cette nou­velle cat­a­stro­phe san­i­taire les musul­mans de retour du pèleri­nage à La Mecque.

Dans son Rap­port sur les pro­grès de la médecine en France, Jules Blé­card fait état des pro­grès qu’a con­nus la médecine au cours de XIXe siè­cle, qui a mar­qué un véri­ta­ble tour­nant dans l’histoire de la médecine. Ces pro­grès n’ont cessé depuis la paru­tion de l’ouvrage en 1867. Si, grâce aux pro­grès de la médecine, les épidémies sont davan­tage freinées par des décou­vertes de plus en plus rapi­des de vac­cins, la quar­an­taine, bien qu’étant une restric­tion absolue des lib­ertés indi­vidu­elles, reste un moyen priv­ilégié et applic­a­ble dans des sociétés où cette même lib­erté indi­vidu­elle est une valeur fon­da­men­tale.
Source : Hachette BnF — Newslet­ter n°36

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