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Recul de la consommation des produits bio : quelles conséquences sur le dérèglement climatique et sur le pouvoir d’achat de demain ?

par | 31 juil­let 2022 | Com­mu­niqués, Économie, Envi­ron­nement, Inter­co, Poli­tique, Société, Vie asso­cia­tive

Cet arti­cle a été rédigé par Guy Deberdt, directeur général de Kao­ka, spé­cial­iste du cacao bio et éthique. L’article a été mis à dis­po­si­tion pour pub­li­ca­tion dans les rubriques du J2R par Kao­ka le 28 juil­let 2022.(Photo Kaola) 

La con­som­ma­tion du bio en France est en baisse de 3,1% en valeur. Sans doute à cause de la baisse du pou­voir d’achat. Mais nos choix ne sont pas anodins : l’alimentation de demain se pré­pare aujourd’hui, comme le rap­pelle le récent rap­port de la Cour des Comptes sur l’agriculture biologique. La preuve par l’exemple du cacao bio et éthique.

Cet arti­cle a été rédigé par Guy Deberdt, directeur général de Kao­ka, spé­cial­iste du cacao bio et éthique. L’article a été mis à dis­po­si­tion pour pub­li­ca­tion dans les rubriques du J2R par Kao­ka le 28 juil­let 2022.

Face à l’inflation provo­quée par la guerre en Ukraine, le pou­voir d’achat est devenu la préoc­cu­pa­tion majeure des Français. Soumis à des arbi­trages budgé­taires, les con­som­ma­teurs ont ten­dance à se détourn­er des pro­duits bio, qui ont la répu­ta­tion d’être plus chers. Or, choisir un pro­duit con­ven­tion­nel moins cher, au détri­ment d’un pro­duit bio, n’est pas sans con­séquence sur la planète et l’avenir de notre alimentation.

Un choix court-termiste

En choi­sis­sant un choco­lat con­ven­tion­nel, dont on ignore les con­di­tions de cul­ture du cacao, on prend le risque d’encourager l’utilisation des pes­ti­cides, destruc­teurs pour la bio­di­ver­sité locale, pour la qual­ité de l’eau, etc. Mais surtout, si les pro­duc­teurs de cacao ne sont pas accom­pa­g­nés pour faire face aux dif­fi­cultés ren­con­trées (vieil­lisse­ment des plan­ta­tions, appau­vrisse­ment des sols, sécher­esse), ils sont poussés à éten­dre leurs zones de cul­ture au détri­ment de la forêt pour main­tenir leur pro­duc­tion et donc leurs revenus.

Déforesta­tion et pou­voir d’achat : une spi­rale infernale

Le rôle des forêts est pri­mor­dial dans l’évolution de notre cli­mat. La déforesta­tion aggrave le phénomène de dérè­gle­ment cli­ma­tique et ses impacts : cat­a­stro­phes naturelles, canicules, sécher­esse, etc.
Le dérè­gle­ment cli­ma­tique a un impact direct sur les récoltes de matières pre­mières du monde entier, entraî­nant des pénuries, et donc une hausse des prix des den­rées ali­men­taires, pénal­isant au final encore plus le pou­voir d’achat…

(Pho­to Kaoka)



Quelles sont les solutions ?

Suite au dernier rap­port du GIEC, alar­mant, et à l’heure où cha­cun se pose la ques­tion du « com­ment agir », il est indis­pens­able, pour assur­er la nour­ri­t­ure d’aujourd’hui et de demain, d’accompagner les pro­duc­teurs dans un mode de pro­duc­tion respectueux de l’environnement et régénéra­teur de bio­di­ver­sité.
Les indus­triels doivent jouer leur rôle en menant une poli­tique de sou­tien aux pro­duc­teurs : com­pren­dre leurs prob­lé­ma­tiques (baiss­es des récoltes, vieil­lisse­ment des plan­ta­tions, sécher­esse, etc), les accom­pa­g­n­er sur le long terme avec des solu­tions durables et bien sûr, leur garan­tir un prix rémunéra­teur. Car ce sont bien des revenus insuff­isants qui poussent des mil­liers de cacaocul­teurs à éten­dre leurs cul­tures, au détri­ment de la forêt, pour aug­menter leur pro­duc­tion, aggra­vant ain­si le phénomène de déforesta­tion.
Par con­séquent, l’amélioration de la pro­duc­tiv­ité de leurs plan­ta­tions est un enjeu majeur. Si dans l’agriculture con­ven­tion­nelle, le recours aux engrais chim­iques est usuel, cette pra­tique, dépen­dante des éner­gies fos­siles, nocive pour l’environnement et coû­teuse pour les pro­duc­teurs, ne peut plus per­dur­er, d’autant que des solu­tions d’agroécologie per­for­mantes exis­tent. Ain­si, recréer dans les plan­ta­tions un sys­tème agro­foresti­er com­plexe per­met de mieux résis­ter à l’apparition de mal­adies, à la sécher­esse, à l’érosion des sols. La re-den­si­fi­ca­tion et la réno­va­tion des arbres vieil­lis­sants per­me­t­tent d’améliorer la pro­duc­tiv­ité des plan­ta­tions de manière sig­ni­fica­tive, tout comme la restau­ra­tion des sols, appau­vris par des cul­tures inten­sives. À titre d’exemple, en Équa­teur, la pro­duc­tion moyenne d’une plan­ta­tion vieil­lis­sante est de 350kg/ha, con­tre 1250 pour une plan­ta­tion rénovée. C’est l’ensemble de ces pra­tiques agroé­cologiques qui doivent être sérieuse­ment menées pour per­me­t­tre aux cacaocul­teurs de mieux vivre et de mieux pro­duire en respec­tant la planète.

Tous à notre échelle, indus­triels comme con­som­ma­teurs, nous avons la capac­ité de chang­er les choses en com­mençant par se pos­er des ques­tions sur la prove­nance, les modes de cul­ture et en choi­sis­sant un pro­duit ou une matière pre­mière qui répond aux exi­gences des défis soci­aux et envi­ron­nemen­taux de notre siè­cle.
Car acheter un pro­duit label­lisé agri­cul­ture biologique — plutôt qu’un pro­duit con­ven­tion­nel — assure aux con­som­ma­teurs un meilleur retour sur investisse­ment, comme le souligne le rap­port de la Cour des Comptes de juin 2022 : « L’impact favor­able de l’agriculture biologique sur l’environnement est égale­ment bien doc­u­men­té  », rap­pelant ses effets posi­tifs sur la qual­ité de l’air, de l’eau, la fer­til­ité des sols et le respect de la bio­di­ver­sité. « La lit­téra­ture sci­en­tifique recon­naît ses béné­fices san­i­taires et envi­ron­nemen­taux ».
Fort de ce con­stat, l’État doit impéra­tive­ment soutenir les pro­duc­teurs bio pour réalis­er ses objec­tifs en matière de tran­si­tion écologique. Et c’est d’ailleurs ce qu’a souligné la Com­mis­sion Européenne fin mars, en s’inquiétant du pro­jet français qui s’apprêtait à sub­ven­tion­ner au même niveau la cer­ti­fi­ca­tion biologique et le label Haute Valeur Envi­ron­nemen­tale (HVE), alors que ce dernier est beau­coup moins contraignant.

(Pho­to Kaoka)

(Pho­to Kaoka)


Cha­cun a donc son rôle à jouer, pro­duc­teur, indus­triel, con­som­ma­teur, sans oubli­er l’État. Chez Kao­ka, nous avons cette con­vic­tion : au-delà des modes de pro­duc­tion sans intrant, une agri­cul­ture biologique exigeante, ou plus large­ment une agroé­colo­gie au ser­vice d’entreprises engagées, est la seule à réelle­ment assur­er aux con­som­ma­teurs un mod­èle d’alimentation durable et acces­si­ble pour tous.

A propos de Kaoka

(Pho­to Kaoka)

Depuis 30 ans, Kao­ka milite pour un choco­lat bio et éthique, qui sou­tient une agri­cul­ture durable pour le bien-vivre des Hommes (celui des product.eurs/rices et le nôtre). Grâce à nos fil­ières inté­grées, nous pou­vons ini­ti­er des pro­jets à long terme avec les pro­duc­teurs : met­tre en place une agroé­colo­gie qui per­met aux pro­duc­teurs d’avoir de meilleurs revenus, de faire face aux impacts du dérè­gle­ment cli­ma­tique, tout en évi­tant la destruc­tion de la forêt. Mieux encore, chez Kao­ka, nous entre­prenons de régénér­er les espaces détéri­orés par d’anciennes cul­tures (restau­ra­tion des sols dégradés, créa­tion de cor­ri­dors de bio­di­ver­sité, refor­esta­tion, etc).
Nous nous enga­geons auprès des pro­duc­teurs pour une cacao­cul­ture d’avenir : pré­fi­nance­ment de leurs récoltes à des prix supérieurs à ceux du marché, con­trac­tu­al­i­sa­tion sur un min­i­mum de 3 ans, for­ma­tion et accès à des pépinières pour qu’ils puis­sent rénover leurs plan­ta­tions avec des var­iétés de cacao résilientes face à la sécher­esse, les accom­pa­g­n­er dans la restau­ra­tion de leurs sols.

 

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