Actua­li­tés

Marie de Bra­bant, une reine de France oubliée : la biographie

par | 24 décembre 2020 | His­toire

Marie de Bra­bant (1254−1322). (BNF)

Après nous avoir plon­gés dans le siècle de Louis XIV avec le roman Les Filles du roi, l’au­teure, Made­leine Arnold-Tétard, a déci­dé de remon­ter le temps et nous entraîne dans le Moyen Âge avec la bio­gra­phie d’une reine de France : Marie de Bra­bant, chère à son cœur et à celui des Muriau­tins. La lec­ture de cet essai basé sur une his­toire vraie, très docu­men­té, est à la fois cap­ti­vante, pas­sion­nante, enrichissante. 

Made­leine Arnold-Tétard, auteure de nom­breux ouvrages, romans, bio­gra­phies, nous pro­pose l’histoire d’une reine de France venue d’une région qui n’était pas encore la Bel­gique actuelle : Marie de Bra­bant, un per­son­nage que les his­to­riens ont oublié dans le loin­tain Moyen Âge. Seconde épouse de Philippe III « Le Har­di », elle finit ses jours aux Mureaux qui se nom­mait alors Les Murets. Elle était née en 1254 à Lou­vain et vécut un drame per­son­nel en étant vic­time d’une accu­sa­tion men­son­gère qui faillit lui coû­ter la vie.

Marie de Bra­bant épou­sa Philippe III (roi de France de 1270 à 1285) pour des rai­sons poli­tiques. Elle vécut un mariage d’a­mour au cours duquel une véri­table tour­mente, un com­plot dia­bo­lique, aurait pu la conduire à la mort. En face d’elle, puis­sant, mena­çant, ayant la confiance du roi : un per­son­nage ter­ri­fiant, Pierre de La Brosse, cham­bel­lan du roi, avide de pou­voir, influen­çant Philippe III de ses men­songes afin d’as­sou­vir ses ambi­tions. Elle fut condam­née par son époux et par la vin­dicte popu­laire, voyant en elle une sorte de sorcière.

Com­ment tout cela avait pu arri­ver ? Plu­sieurs auteurs se sont pen­chés sur l’histoire de cette reine, cer­tains rela­tant rigou­reu­se­ment les faits, d’autres les embel­lis­sant ou les tra­dui­sant en chan­son de geste. Le récit de sa vie nous apporte un éclai­rage inat­ten­du sur cette période tour­men­tée pen­dant laquelle le pou­voir cen­tral s’imposait par la force. Marie de Bra­bant, intel­li­gente et ins­truite, était une femme pour laquelle l’auteure éprouve véri­ta­ble­ment une réelle sym­pa­thie car cette reine qui vécut dans un Moyen Âge bru­tal, où tout acte aus­si bénin qu’il soit pou­vait se trans­for­mer en tra­gé­die, fut « tirée d’affaire » par son frère et se récon­ci­lia avec son mari.

L’auteure de cet essai nous conduit dans le pas­sé pour cher­cher et trou­ver les traces de cette cour royale où cette reine se révèle ni vic­time ni intri­gante mais comme une femme résis­tante, uti­li­sant son intel­li­gence pour se défendre contre les brutes d’un clan adverse. Tou­te­fois, ses qua­li­tés humaines auraient méri­té d’être plus déve­lop­pées sous toutes les facettes habi­tuelles d’un roman (actions, intrigues, sen­ti­ments…) afin que nous com­pre­nions bien, à chaque étape de son his­toire, qui elle était et son évo­lu­tion avec l’âge et l’expérience mais c’est une bio­gra­phie sérieuse basée sur l’His­toire, pas de la fiction.

Pour­tant tout y est : on devine la psy­cho­lo­gie com­plexe des per­son­nages mas­cu­lins et fémi­nins, l’at­ta­che­ment et la volon­té de lut­ter de Marie, de sa famille et de ses alliés. On assiste aux péri­pé­ties, à la cour du roi de France, des luttes de clans pour des enjeux poli­tiques mul­tiples. Guer­royant sans cesse pour pré­ser­ver leur ter­ri­toire ou l’agrandir aux dépends des « voi­sins », sauf excep­tion, roi et sei­gneurs sont des che­va­liers guer­riers qui font régner un cli­mat de vio­lence qu’atténuent un peu les fêtes reli­gieuses, les mariages et les naissances.

Devant le four­mille­ment des per­son­nages et des lieux, des pro­blèmes de riva­li­té et de suc­ces­sions, l’arbre généa­lo­gique de ces familles qui suc­cé­dèrent à Saint-Louis sur le trône de France aurait été utile mais la pré­ci­sion des mul­tiples (98) notes de bas de page aide à mieux com­prendre les évè­ne­ments et les prin­ci­paux per­son­nages périphériques.

Cette his­toire, ins­pi­rée du récit de l’au­teur belge Edward Von Even, de diverses recherches dans la Grande Chro­nique de l’His­toire de France et diverses réfé­rences his­to­riques, invite le lec­teur à suivre Made­leine Arnold-Tétard, l’au­teure de cet ouvrage dédié aux Muriau­tins et aux autres habi­tants de la val­lée de la Seine, à la suivre dans cette époque peu connue, le début du Moyen Âge.

C’est un por­trait inat­ten­du, un récit vivant, une his­toire émou­vante… que je recom­mande de lire à ceux qui aiment le côté humain de l’His­toire sans le sor­tir des évè­ne­ments pré­sen­tés ici comme véri­diques (col­lec­tifs et indi­vi­duels) qui l’en­tourent et qui sont fort bien expli­qués puisque c’est l’his­to­rienne qui écrit.

Extrait page 64 : « C’est à cette époque que Marie de Bra­bant, après avoir lon­gue­ment réflé­chi sur tous les genres de vie qu’une per­sonne de sa condi­tion pou­vait mener, se déci­da à aller habi­ter alter­na­ti­ve­ment les villes et com­munes des terres de Picar­die qui lui avaient été assi­gnées éga­le­ment dans son douaire. Elle quit­ta donc la cour et se mit en peine de voya­ger. La Picar­die devint toute sa rési­dence pen­dant une longue période. Elle menait une vie pai­sible de femme éru­dite, de femme de bien, lisant ça et là des chefs-d’œuvre de la lit­té­ra­ture romane, se fai­sant une joie de sou­la­ger les pauvres croi­sant son che­min. Elle don­nait l’exemple, disait-on, de toutes les ver­tus. D’une pié­té édi­fiante, d’une humi­li­té pro­fonde, d’une cha­ri­té extrême envers serfs et autres manants, elle n’é­par­gnait, pour eux, ni son tré­sor ni sa per­sonne… »

L’auteure :

Made­leine Arnold-Tétard, auteure de nom­breux ouvrages, romans, bio­gra­phies, a reçu en 2019 le titre de Che­va­lier des Arts Sciences Lettres, médaille d’argent. Membre de la Socié­té des Auteurs et Artistes Fran­co­phones, médaille d’or en 2020. L’au­teure signe ici son vingt-troi­sième ouvrage. Ancienne archi­viste docu­men­ta­liste de la ville de Meu­lan, depuis 2002, elle consacre son temps à l’é­cri­ture, pui­sant dans des mil­liers d’ar­chives, la source de ses écrits.

Consul­ter le site de l’au­teur : http://​mado​li​nette​.canal​blog​.com/
Marie de Bra­bant
La reine oubliée
Made­leine Arnold ‑Tétard

Edi­tions du bout de la rue
For­mat : 140 x 200 mm — 112 pages
ISBN : 978−2−37609−048−9
Prix public : 13 € TTC
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