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Débat autour de GPS&O à La Péniche de Triel : “La pression fiscale est-elle une fatalité intercommunale ?” (Webtélé2r)

Jeu­di 17 novem­bre 2022 à 20 h, s’est tenue à La Péniche de Triel-Sur-Seine, à l’initiative du Col­lec­tif Citoyen GPSEO et encadrée par le Jour­nal des Deux Rives, une con­férence-débat autour GPS&O…

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Le Département des Yvelines lâche le spectacle vivant

par | 16 novem­bre 2022 | Com­mu­niqués, Cul­ture

Des artistes comme Par­fait ne sont plus en mesure d’être sub­ven­tion­nés par le départe­ment des Yve­lines. (J2R)

Alors que les artistes et les acteurs cul­turels du ter­ri­toire ten­tent de se remet­tre de la crise qu’ils ont tra­ver­sé ces deux dernières années avec la pandémie et qu’ils se retrou­vent encore plus forte­ment impactés par les con­séquences d’une infla­tion galopante, le Départe­ment des Yve­lines fait le choix orig­i­nal d’abandonner (défini­tive­ment ?) toute ambi­tion en matière de poli­tique cul­turelle et de sou­tien au spec­ta­cle vivant. Voici une let­tre ouverte des artistes en Île-de-France.

En effet, si l’on en croit les infor­ma­tions recueil­lies auprès d’acteurs de ter­rain, le Départe­ment des Yve­lines s’apprête à don­ner le dernier coup de grâce à une poli­tique en faveur du spec­ta­cle vivant déjà large­ment affaib­lie ces 10 dernières années : en dehors des aides à l’investissement (mais quel intérêt à con­stru­ire des équipements que l’on n’aura pas les moyens de faire fonc­tion­ner ?), d’un sou­tien à quelques fes­ti­vals, du main­tien d’un con­ven­tion­nement pour une poignée de « grandes insti­tu­tions départe­men­tales » (sur quels critères ?) ou encore de l’incitation à utilis­er le dis­posi­tif Pass + (dont l’utilité devient toute rel­a­tive si nous n’avons plus les moyens de dévelop­per une offre per­ti­nente), il n’y aura plus de sou­tien effec­tif au spec­ta­cle vivant.

Sauf — et c’est un comble ! — l’invitation à can­di­dater à un appel à pro­jets autour… des Jeux Olympiques ! Com­ment imag­in­er que le sou­tien au spec­ta­cle vivant ne puisse pass­er désor­mais que par des pro­jets ayant trait au sport et aux jeux Olympiques ? Plus générale­ment, la général­i­sa­tion de la logique d’appels à pro­jets ponctuels, au détri­ment de con­ven­tion­nements pluri­an­nuels et d’aide au fonc­tion­nement, ne peut con­stituer une réponse sat­is­faisante à la néces­saire struc­tura­tion et con­sol­i­da­tion des pro­jets artis­tiques et cul­turels, a for­tiori dans le con­texte actuel.

Si ces ori­en­ta­tions nous scan­dalisent, que dire de la méth­ode… Cette sup­pres­sion totale des aides au spec­ta­cle vivant a été menée uni­latérale­ment en l’absence de toute écoute des acteurs du secteur, qu’il s’agisse des lieux de dif­fu­sion, des espaces de créa­tion et d’accompagnement ou encore bien sûr des artistes. Il y a un an déjà, le sig­nal d’alarme avait été tiré par nos organ­i­sa­tions face à la refonte des aides du Départe­ment, que nous avions décou­verte par hasard quelques jours avant son vote par l’Assemblée départe­men­tale. Face aux inter­ro­ga­tions et incom­préhen­sions, un sou­tien tran­si­toire avait alors été mis en place, mais revu à la baisse et accordé « au cas par cas ». Il s’accompagnait d’une promesse de con­cer­ta­tion avec l’ensemble des acteurs du secteur qui, neuf mois plus tard, atten­dent tou­jours que le Con­seil Départe­men­tal organ­ise des assis­es de la cul­ture dignes de ce nom, réu­nis­sant tous les parte­naires concernés.

Ce désen­gage­ment pro­gres­sif – et main­tenant qua­si défini­tif vis-à-vis des acteurs du spec­ta­cle vivant – va avoir des con­séquences dra­ma­tiques pour ces derniers et pour toutes les per­son­nes pour qui ils œuvrent au quo­ti­di­en : les com­pag­nies et équipes artis­tiques tout d’abord, déjà frag­ilisées par l’absence d’aide à la créa­tion et les loy­ers pro­hibitifs sur le ter­ri­toire ; les élèves et pro­fesseurs des col­lèges, pour­tant com­pé­tence départe­men­tale, avec lesquels les acteurs cul­turels con­stru­isent des pro­jets ambitieux et essen­tiels ; les publics des acteurs soci­aux ou san­i­taires ; et plus générale­ment les habitant·es du ter­ri­toire, déjà pénalisé·es par un mail­lage ter­ri­to­r­i­al impar­fait, lié notam­ment à la dis­pari­tion notable de nom­breuses ini­tia­tives cul­turelles ces dernières années.

Dans ce con­texte, nous, organ­i­sa­tions syn­di­cales et réseaux du spec­ta­cle vivant, dont plusieurs dizaines de nos mem­bres con­tin­u­ent d’agir pour l’intérêt général sur le ter­ri­toire yveli­nois, aler­tons avec respon­s­abil­ité et grav­ité les élu·es départementaux·tales : quelle poli­tique cul­turelle voulons-nous pour ce ter­ri­toire ? Devra-t-on se résign­er à 4 ou 5 « cathé­drales » au milieu d’un désert cul­turel ? C’est en tout cas le chemin que nous prenons car les struc­tures de prox­im­ité, les acteurs de ter­rains, les asso­ci­a­tions cul­turelles, les théâtres de ville, les salles de con­certs, les col­lec­tifs d’artistes ne tien­dront pas longtemps dans l’adversité sans sou­tien. Il y a quelques années, les Yve­lines, un des départe­ments les plus rich­es de France, était mon­tré en exem­ple dans de nom­breux domaines de la vie cul­turelle et artis­tique. Aujourd’hui, il tend à devenir une anom­alie désolante dans le paysage francilien.

Nous sommes partagé·es entre l’incompréhension, l’inquiétude et la colère, mais nous voulons croire que les élu·es départementaux·tales sauront pren­dre con­science de la grav­ité de la sit­u­a­tion. Et qu’ils nous ren­con­treront pour pos­er les bases d’une vraie con­cer­ta­tion au ser­vice de la vie cul­turelle des Yvelines.

  

Sig­nataires

  • Actes If – Lieux artis­tiques et cul­turels indépen­dants en Île-de-France
  • ACTIF – Asso­ci­a­tion Cul­turelle de Théâtres d’Île-de-France
  • La FéRue — Fédéra­tion des arts de la rue en Île-de-France
  • Réseau Chaînon Île-de-France
  • RIF – Réseau des Musiques actuelles en Île-de-France
  • SMA – Syn­di­cat des Musiques Actuelles
  • SNSP – Syn­di­cat Nation­al des Scènes Publiques
  • Synavi – Syn­di­cat Nation­al des Arts Vivants

 

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