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Crise politique ou crise sociale ? Les deux mon président

par | 10 avril 2023 | Poli­tique

Le pré­sident Emma­nuel Macron lors d’une visite aux Mureaux avant les évé­ne­ments des Gilets jaunes et la « fronde » contre la réforme des retraites. (DR)

Il est temps de par­ler vrai : ce pré­sident devient autiste, voire igno­rant du contrat social et poli­tique liant les gou­ver­nés et le chef de l’E­tat. Nous publions ici la tri­bune d’An­dré Bel­lon, pré­sident de l’as­so­cia­tion pour une Consti­tuante. 

Il faut recon­naitre à Emma­nuel macron une excep­tion­nelle capa­ci­té d’aveuglement. On hésite d’ailleurs entre « aveu­gle­ment » et « mépris ». Car com­ment oser pro­cla­mer depuis l’étranger ‑ce qui n’est pas d’ailleurs l’usage- qu’il n’y a pas de crise démo­cra­tique en France ? Répon­dant ain­si à Laurent Ber­ger, secré­taire géné­ral de la CFDT, il illustre sa décla­ra­tion en  esti­mant que « si les gens vou­laient la retraite à 60 ans, ce n’était pas moi qu’il fal­lait élire ». Ç’est peut-être ins­ti­tu­tion­nel­le­ment exact, mais mérite plus que nuance : à aucun moment, cet enjeu n’est appa­ru clai­re­ment lors de la cam­pagne élec­to­rale et, d’ailleurs, l’actuel Pré­sident n’a été élu que par défaut. Rap­pe­lons en effet qu’il n’y a pas eu de cam­pagne au pre­mier tour, que le deuxième s’est limi­té à refu­ser Le RN et, sur­tout, que Emma­nuel Macron a tout juste obte­nu 20% des ins­crits au pre­mier tour.

Mais la ques­tion est désor­mais bien plus grave. Les élec­tions ne créent plus la légi­ti­mi­té des élus. Ce n’est pas d’aujourd’hui que le fos­sé entre les citoyens se mani­feste et, de plus en plus, les élus cessent d’être des repré­sen­tants. Le pro­blème est, en fait, posé depuis long­temps, en par­ti­cu­lier depuis la signa­ture du trai­té de Lis­bonne qui a bafoué le vote des Fran­çais émis lors du réfé­ren­dum de 2005. C’était la pre­mière mani­fes­ta­tion offi­cielle de la nou­velle concep­tion néo­li­bé­rale de l’État essen­tiel­le­ment consa­crée à la dif­fu­sion de la logique mar­chande.

Il était donc logique, et Laurent Ber­ger a rai­son de l’affirmer, que la crise sociale fasse appa­raitre la crise démo­cra­tique. C’est, cela étant, depuis le trai­té de Lis­bonne que nous appe­lons à l’élection d’une Assem­blée consti­tuante. Pour­quoi ? Parce qu’elle est le sym­bole de la recons­ti­tu­tion de la sou­ve­rai­ne­té du peuple, base de la démo­cra­tie. Parce qu’elle est la seule méthode paci­fique, démo­cra­tique et ras­sem­bleuse pour résoudre cette crise que le pou­voir cherche déses­pé­ré­ment à nier.

André Bel­lon

Pré­sident de l’Association pour une Consti­tuante

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