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Débat autour de GPS&O à La Péniche de Triel : “La pression fiscale est-elle une fatalité intercommunale ?” (Webtélé2r)

Jeu­di 17 novem­bre 2022 à 20 h, s’est tenue à La Péniche de Triel-Sur-Seine, à l’initiative du Col­lec­tif Citoyen GPSEO et encadrée par le Jour­nal des Deux Rives, une con­férence-débat autour GPS&O…

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Dans le nord des Yvelines, la mobilisation face à l’urbanisation galopante s’organise

par | 14 novem­bre 2022 | Envi­ron­nement, Poli­tique, Villennes/Médan

Qua­tre asso­ci­a­tions se sont mis­es d’ac­cord pour con­stituer un front com­mun con­tre la béton­i­sa­tion mas­sive. (DR)

Une vague de bombes à béton­ner, stim­ulée à la dopamine de la spécu­la­tion fon­cière, défer­le sur les paysages de Seine-Ouest et rav­age ses vil­lages pit­toresques avec des pro­jets de con­struc­tion urbains inap­pro­priés. Les édiles locaux proches de leurs vil­lages sont des­sai­sis de leurs moyens d’actions face aux poli­tiques ter­ri­to­ri­ales bureau­cra­tiques hors-sol. Les habi­tants s’organisent pour lut­ter con­tre la perte d’identité, pour préserv­er la qual­ité paysagère de leur envi­ron­nement aux portes des zones den­si­fiées et appel­lent à la mobil­i­sa­tion générale. Un groupe d’as­so­ci­a­tions organ­ise la mobil­i­sa­tion con­tre la béton­i­sa­tion du paysage naturel.

Nous ne sommes pas con­tre la con­struc­tion du loge­ment social”, admet-on au sein de ce col­l­lec­tif créé pour lut­ter con­tre le béton dans les vil­lages.  Voici le con­texte : Seine-Ouest est un secteur du nord des Yve­lines, coif­fé par une des plus grandes com­mu­nautés urbaines de France (420 000 habi­tants autour de deux pôles indus­triels et urbains, Pois­sy et Mantes). Entourés de zones agri­coles, forestières, paysagères et tra­ver­sés par la Seine, les vil­lages alen­tours offrent un panora­ma naturel unique et pré­cieux en Île-de-France. Pit­toresques par dizaines, ils se font impos­er une vision urbaine de développe­ment, par le seul fait d’une échelle inap­pro­priée de la représen­ta­tiv­ité ter­ri­to­ri­ale : les paysages naturels représen­tent 40 % des 500 km² mais, seule­ment, 12 % des habi­tants, qui sont, eux, inaudi­bles à cette échelle.

Les élus locaux démunis

Présen­tés comme des arbi­tres solides de la poli­tique locale qui préser­vent leurs vil­lages et défend­ent leurs électeurs et leur envi­ron­nement immé­di­at, les élus com­mu­naux sont noyés dans une masse molle, incol­ore et sans saveur. L’aménagement du ter­ri­toire est dess­iné en suiv­ant des lignes macro-économiques « hors-sol » et décidées par des assem­blées générales de 400 élus dont la majorité vit en milieu urbain. La petite voix du maire de vil­lage est écoutée avec atten­drisse­ment, sym­pa­thie et empathie comme un enfant qui n’a d’yeux que pour son doudou.  Mal­heureuse­ment, on se moque vite de la pau­vre peluche quand les dis­cus­sions d’adultes por­tent un mes­sage de sauve­tage du ter­ri­toire, de flux, de défis à relever, de mobil­ité des mass­es, de bassin d’emploi. Toute­fois, l’enfant et son doudou n’ont-ils pas droit, eux aus­si, à leur jardin ?

Les promoteurs du chaos urbain

Séduits par la qual­ité paysagère des vil­lages, lais­sés libres et à l’abandon par une poli­tique d’urbanisme débridée pilotée par les grandes villes voisines très dens­es (800 habitants/km²), les pro­mo­teurs immo­biliers déploient sans attache, sans retenue, avec grand soif et méthodique­ment, leur mod­èle spécu­latif de sur­den­si­fi­ca­tion. Ain­si, une jolie mai­son de belle fac­ture, de 200m² avec un jardin se retrou­ve dyna­mitée pour laiss­er place à 2000 m² de loge­ments mixtes (soci­aux et en acces­sion), avec deux park­ings par loge­ment en sous-sol, au milieu d’un petit vil­lage. Si la den­si­fi­ca­tion per­met de lim­iter l’é­tale­ment urbain, con­stru­ire 10 maisons en ver­ti­cal défig­ure un vil­lage définitivement.

Sans charme, portés par une indus­tri­al­i­sa­tion du béton­nage et des ratios financiers, les déci­sions de destruc­tion et de défig­u­ra­tion du charme des vil­lages sont pris­es dans des immeubles cli­ma­tisés au sein d’un comité d’engagements qui n’a jamais mis le nez sur place. Les pro­mo­teurs s’au­to-accla­ment d’un engage­ment qual­i­tatif et tourné vers l’avenir avec des phras­es mar­ket­ing « types » mais, en pra­tique, ils n’ont rien à faire de la qual­ité, se moquent totale­ment de leur envi­ron­nement ;  sans excep­tion, ils imag­i­nent des pro­jets avec leur cal­cu­la­trice spécu­la­tive sans prêter la moin­dre atten­tion au paysage et à la « cul­ture vil­lage ». Ces pro­mo­teurs du chaos urbain en devenir détru­isent, petit à petit, le gise­ment naturel qui leur per­met de ven­dre des pro­jets d’une autre époque.

Cela ne compte pas pour eux qui n’habitent pas sur place. La bêtise n’a pas de lim­ite quand elle n’est pas chez soi. L’argent-hélicoptère per­met de franchir les recours en cor­rompant les pro­tecteurs, le bien com­mun et les promess­es d’avenir mar­ket­ing sont vite oubliées.

Les habi­tants sidérés

Spec­ta­teurs des aber­ra­tions qui se pré­par­ent sous leurs fenêtres et au fond de leurs jardins, les habi­tants ont d’abord cru que leurs élus se dressent en rem­part con­tre ces bom­barde­ments, ayant avant tout un man­dat des électeurs de leur com­mune. Cepen­dant,  noyés dans la masse, en assem­blée com­mu­nau­taire, ils appor­tent d’une frêle voix leur avis sur la gou­ver­nance et la résorp­tion du déficit struc­turel de la com­mu­nauté urbaine. Les prob­lèmes de sur­den­si­fi­ca­tion sont relayés en arrière-plan du prob­lème de survie de l’instance. Las de cette faib­lesse, les habi­tants sidérés s’organisent et ont créé une asso­ci­a­tion qui se dresse face à chaque absur­dité, dans chaque vil­lage. Les asso­ci­a­tions qui se mul­ti­plient comme les pro­jets représen­tent aujourd’hui une voix forte, qui se développe à plus grande échelle. Les prob­lé­ma­tiques sont les mêmes, les moyens de les régler se ressem­blent, les ini­tia­tives s’assemblent. A ce jour, plus dizaine d’associations qui défend­ent leur vil­lage et leurs paysages se fédèrent pour se faire enten­dre auprès des élus, afin d’adapter les pro­jets à leur environnement.

Pas de potion mag­ique d’un marc­hand ambu­lant, pas de tête dans les nuages d’un doux rêveur, pas de manœu­vre politi­ci­enne d’un oppor­tuniste opposant ! La défig­u­ra­tion d’un d’un paysage est défini­tive et irréversible. Pour préserv­er la qual­ité paysagère d’un vil­lage dans la durée, les solu­tions sont élé­men­taires :
- Den­si­fi­er mod­éré­ment les par­celles « vertes » : au plus, le dou­ble de l’emprise au sol de l’existant et un seul étage de surélé­va­tion.
- Sauve­g­arder les arbres de hautes tiges, comme les dis­po­si­tions légales l’im­posent : l’ar­bre étant un organ­isme vivant dont la longévité moyenne dépasse de loin celle de l’être humain, il doit être con­sid­éré comme sujet de droit, y com­pris face aux règles qui régis­sent la pro­priété humaine.
- Main­tenir l’irrégularité des con­struc­tions : garder les vol­umes déstruc­turés s’ils exis­tent (pas de rem­plis­sage cubique des par­celles) comme les garages, véran­das, combles en retrait, toi­tures en pan, préaux, ter­rass­es cou­vertes, chiens-assis, etc.
- Con­serv­er les matéri­aux de façade anciens (meulières, colom­bages, pier­res de taille, zinc, tuiles plates) et éviter les enduits basiques, les bardages métalliques et les tuiles mécaniques des nou­velles con­struc­tions bas de gamme.

- Il s’ag­it donc d’imag­in­er l’avenir de nos besoins et de notre den­si­fi­ca­tion par un usage mod­éré de l’espace disponible, en recon­sid­érant le besoin indi­vidu­el et col­lec­tif au tra­vers d’un pat­ri­moine exis­tant qui regorge de possibilités.

Pourquoi se mobiliser ?

Les citoyens rassem­blés sont une force audi­ble, crédi­ble et sen­sée pour accom­pa­g­n­er les transitions.

La den­si­fi­ca­tion non con­trôlée de con­struc­tions mas­sives et bas de gamme est à com­bat­tre. Ne le faisant pas spon­tané­ment, les pro­mo­teurs immo­biliers et les élus ont besoin d’un accom­pa­g­ne­ment pour plan­i­fi­er une muta­tion immo­bil­ière mod­érée, qual­i­ta­tive qui préserve la qual­ité paysagère des ter­ri­toires et de l’environnement immé­di­at des pro­jets, notam­ment dans les villages.

Il faut détru­ire les mau­vais pro­jets plutôt que détru­ire le charme des villages.

Pour en savoir plus :

Les 4 asso­ci­a­tions vous invi­tent à par­ticiper à la pre­mière mobil­i­sa­tion citoyenne,  le same­di 19 novem­bre 2022, de 10 h à 12 h, à la Mai­son des asso­ci­a­tions de Villennes-sur-Seine.

 

LE PANIER DU MARCHÉ JOEL PICARD LES MERCREDI ET SAMEDI AU 74 RUE PAUL DOUMER À TRIEL-SUR-SEINE

RÉSERVATION LA VEILLE AVANT 15 HEURES AU
07 67 53 45 63 (cliquez)