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A Villennes, Jean-Pierre Laigneau et Oli­vier Daes­ch­ner réus­­si­­ront-ils, après la fusion de leurs listes ?

par | 25 mai 2020 | Poli­tique, Villennes/Médan

Deux adver­saires du pre­mier tour, réunis pour le deuxième. (J2R)

Main dans la main, la pho­to est expli­cite. L’union entre les listes « Bien Vivre à Villennes » et « Villennes Autre­ment » a été scel­lée après deux mois de tra­vail sur le fond et sur la forme. “Réus­si­ront-ils ?”, voi­là la ques­tion qui se pose et qui trou­ve­ra sa réponse le 28 juin 2020, après la cam­pagne des élec­tions muni­ci­pales de Villennes-sur-Seine.

La fusion des listes de Jean-Pierre Laigneau et d’Olivier Daes­ch­ner, sous le nom “Bien vivre à Villennes Autre­ment”, est une réa­li­té poli­tique depuis le 2 juin 2020. Selon cer­tains, cette alliance serait contre nature ; tou­te­fois, c’est, bel et bien, une illus­tra­tion que, dans la poli­tique locale,  il faut faire des com­pro­mis pour avan­cer dans la longue quête du pou­voir, même dans un vil­lage. Dans nos échanges avec les deux pro­ta­go­nistes, ceux-ci ont affir­mé qu’ils ont tra­vaillé le sujet : ils sont d’accord sur tout ou presque ! Même le pro­jet de construc­tion de loge­ments sur le Pla­teau de Fau­veau serait l’op­por­tu­ni­té de défi­nir les moda­li­tés pour faire de l’urbanisme autre­ment. La concer­ta­tion serait de mise et, ain­si, tout irait bien pour (bien) vivre la ville autre­ment. Soit !

Les deux mois de confi­ne­ment leur ont per­mis “d’analyser pro­fon­dé­ment les résul­tats du pre­mier tour, mais aus­si de consta­ter que la mise en œuvre des grands thèmes de [leurs] pro­grammes est essen­tielle et urgente pour conti­nuer à être heu­reux et fiers d’habiter à Villennes”.  Il est clas­sique de décor­ti­quer ain­si les obs­tacles vers une conver­gence poli­tique ; en effet, l’un des can­di­dats, M. Laigneau était loin de par­ta­ger les idées de la liste “autre­ment” sur la construc­tion, l’écologie, la sécu­ri­té…

Contre toute attente, pen­dant le confi­ne­ment, le prin­cipe de soli­da­ri­té entre les classes d’âge et entre les métiers a fonc­tion­né for­mi­da­ble­ment, selon ce tan­dem poli­tique. “Per­sonne pri­vée, per­sonne morale, col­lec­ti­vi­té publique, cha­cun  a mon­tré, à sa façon, que la fra­ter­ni­té qui orne nos fron­tons n’était pas un vain mot et que nous devons y veiller dans cha­cune de nos déci­sions publiques.” Atten­tion ! Aurions-nous des gau­chistes dans le nord de Yvelines ? Cela va plus loin que le rem­pla­ce­ment idéo­lo­gique auquel nous assis­tons depuis 2017, l’an­née où les fillon­nistes ont anni­hi­lé les valeurs de la droite clas­sique.

Les deux com­pères de la nou­velle liste sou­haitent ouvrir les com­mis­sions aux non élus, aux repré­sen­tants des asso­cia­tions et de la socié­té civile. Quant à l’intercommunalité et à sa gou­ver­nance, ils se pro­posent de “tra­vailler avec [leurs] réseaux de contacts entre élus au sein de la région, du dépar­te­ment, de la com­mu­nau­té urbaine GPS&O et des com­munes envi­ron­nantes qui font face aux mêmes enjeux”. Sié­ge­ront-ils dans le groupe de la majo­ri­té de M. Bédier ? That is the ques­tion !

Concrè­te­ment, leur pro­gramme com­mun com­prend les objec­tifs sui­vants :
— Ache­ver la mai­son médi­cale ;
— Ren­for­cer la soli­da­ri­té, en adap­tant les dis­po­si­tifs actuels aux per­sonnes et aux ménages subis­sant les effets de la crise géné­rée par la Covid ;
— Contri­buer à la relance éco­no­mique en appor­tant sou­tien aux PME, TPE, arti­sans et com­mer­çants ;
— Ren­for­cer la sécu­ri­té (ren­for­ce­ment des « voi­sins vigi­lants et soli­daires », aug­men­ta­tion des effec­tifs de la police muni­ci­pale, fina­li­sa­tion du maillage de vidéo­pro­tec­tion, ins­tal­la­tion de camé­ras nomades) ;
— Révi­ser les règles d’urbanisme pour que les loge­ments soient plus adap­tés et sus­cep­tibles d’accueillir étu­diants, artistes, per­sonnes aux reve­nus modestes (tra­vail avec GPS&O dans le cadre du Plan Local d’Urbanisme inter­com­mu­nal pour réa­li­ser des pro­grammes de construc­tion pri­vi­lé­giant l’environnement et la qua­li­té de vie) ;

Après le confi­ne­ment, la liste “Bien vivre à Villennes autre­ment” a repen­sé l’utilité et les modes de mobi­li­té ; elle sou­haite pri­vi­lé­gier les cir­cuits courts et la pro­duc­tion locale et déve­lop­per le télé­tra­vail. Elle pro­pose de prendre les mesures sui­vantes :
— Favo­ri­ser le déve­lop­pe­ment de cir­cuits courts et bio, en s’ap­puyant sur les nom­breux talents et experts que compte la com­mune ;
— Sou­te­nir la créa­tion d’une école de per­ma­cul­ture ;
— Déve­lop­per les outils favo­ri­sant le télé­tra­vail (cou­ver­ture de la fibre pour 100 % de la com­mune, créa­tion d’un espace de co-wor­king …) ;
— Mettre en place un ser­vice parents-relais pour les sou­tiens péda­go­giques ;
— Encou­ra­ger les nou­velles mobi­li­tés (par­king relais, pistes cyclables, bus adap­tés…).

En outre, la liste veut “ins­crire ses actions dans une rigueur bud­gé­taire per­met­tant de main­te­nir le taux des impôts locaux com­mu­naux.” C’est l’en­ga­ge­ment de tout pro­gramme de droite. En conclu­sion, la fusion de ces deux listes pose une ques­tion : “S’agit-il d’une union de cir­cons­tance ou non ?”. C’est aux citoyens de se faire une opi­nion et, sur­tout, aux deux adver­saires de démon­trer que leur liste défen­drait mieux l’intérêt géné­ral.

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