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Triel : Au deuxième tour, ils ne sont plus que trois …

par | 5 juin 2020 | Poli­tique, Triel-sur-Seine

La période pour­rait bien être un peu plus agi­tée que la Seine (DR)

Au départ, il y avait six listes. Le deuxième tour voit se confron­ter trois ou plu­tôt deux listes en ordre de bataille. Peut-on, main­te­nant que nous sommes sor­tis de la confu­sion du pre­mier tour qui avait vu sur­gir de mul­tiples prétendant(e)s, essayer d’analyser ce qui dif­fé­ren­cie la liste emme­née par Mme Sophie Kéri­gnard de la liste de M. Cédric Aoun, ou au moins de four­nir des élé­ments de com­pré­hen­sion. Cet article n’est pas celui d’un sachant, mais d’un citoyen qui cherche à démê­ler l’écheveau, à aller au delà des appa­rences qu’entretiennent savam­ment les pro­pa­gandes de l’une et de l’autre liste ain­si que les rumeurs mal­veillantes ou dés­in­for­mées. À qui, à quoi avons nous affaire ?

“Ils ont choi­si le mau­vais che­val”

Pathé­tique est l’attitude d’un colis­tier issu de l’équipe muni­ci­pale finis­sante qui a cru voir dans la tête de liste Mau­ry une pro­vi­den­tielle bouée de secours, un moyen de se refaire à bon compte. Selon ses propres dires, nous appre­nons que, confron­tée au ter­rain, ladite bouée s’est très vite dégon­flée. Le can­di­dat s’est avé­ré avoir la consis­tance d’une gra­vure de mode très éloi­gnée du réel. Devant l’étonnement de son colis­tier plus aguer­ri et au cou­rant des ques­tions locales, il a eu pour seule réponse l’importance de ses sou­tiens poli­tiques. N’en pou­vant plus, il jette l’éponge sans attendre le deuxième tour et fait part, sur Face­book, de sa pro­fonde décep­tion devant une telle vacui­té. À noter, c’est à y perdre son latin, que le récit très argu­men­té de sa décon­ve­nue a été relayé immé­dia­te­ment par Philippe Paillet qui, vou­lant abso­lu­ment res­ter dans le jeu, rejoint quand même la liste de l’i­nex­pé­ri­men­té. Il pro­cu­re­ra peut être une for­ma­tion ultra rapide à l’élève en dif­fi­cul­té !

Un peu à l’image de son beau-père, qui avait au moins un paquet de médailles en judo à faire valoir du temps de Chi­rac et, pré­sen­tant bien, Jonas Mau­ry est un par­fait exemple par­mi beau­coup d’autres, un qua­si-pro­to­type du per­son­nel poli­tique recru­té à la va-vite, qui s’est oppor­tu­né­ment pla­cé dans le sillage d’Em­ma­nuel Macron en 2017, a obte­nu trop faci­le­ment places et pré­bendes ; chef de cabi­net d’une dépu­tée qui n’a pas plus d’é­pais­seur que son pou­lain, il s’est ima­gi­né que cette mar­tin­gale fonc­tion­ne­rait encore à l’oc­ca­sion des muni­ci­pales. Le souf­flet macro­nien est bel et bien retom­bé !

Pour reve­nir sur le dépi­té qui n’a pour­tant pas démé­ri­té lors de la man­da­ture de Joël Man­cel, sorte de Hol­lande à la mode triel­loise, on reste aba­sour­di lorsqu’il conclut sa dia­tribe en appor­tant son sou­tien à Sophie Kéri­gnard. Un tel manque de réus­site dans ses choix n’est pas ras­su­rant pour cette der­nière ! Il rejoint ain­si une escouade de sou­tiens dont l’i­né­nar­rable Jean-Pierre Houl­le­mare qui n’est pour­tant pas son copain. Allons com­prendre !

Tous les regards seront désor­mais por­tés vers la confron­ta­tion Aoun-Kéri­gnard

Ce que l’on a com­pris en revanche, c’est que toutes les attaques vont por­ter désor­mais sur la liste de Cédric Aoun. Manœu­vrière, d’allure assez appa­rat­chik pour tout dire,  Sophie Kéri­gnard, qui semble assez peu douée pour le com­pro­mis et l’écoute, a fina­le­ment déci­dé de ne faire aucune alliance pour ce second tour ; ce n’est pas une sur­prise ! Elle pré­tend qu’elle a tout fait pour faire alliance avec Mar­tine Car­tier — alliée natu­relle au plan pro­gram­ma­tique — et que les négo­cia­tions ont échoué par la faute de cette der­nière. Nous ren­voyons au com­mu­ni­qué publié en réac­tion par Mar­tine Car­tier qui laisse l’impression d’être une per­sonne plus prag­ma­tique. Mar­tine Car­tier a certes posé des condi­tions très pré­cises, por­tant en par­ti­cu­lier sur le refus total de voies auto­rou­tières à proxi­mi­té de Triel ou sur les moda­li­tés  de tels pro­jets. La can­di­date n’a, peut-être, pas vou­lu se lier les mains. Nous pen­sons que l’absence d’accord vient plu­tôt d’une atti­tude plus géné­rale tenant davan­tage à une per­son­na­li­té très fer­mée ou qui veut tout contrô­ler ou, pire, qui n’a pas confiance en elle. Ecou­tez ou plu­tôt regar­dez une vidéo récente de Sophie Kéri­gnard, un savant mélange de langue de bois et de ver­biage éco­lo assez indi­geste mais tout ça avec le sou­rire. Tout cela augure mal de sa pra­tique muni­ci­pale, de sa capa­ci­té à exer­cer la fonc­tion si elle était élue le 28 juin. Faites vous votre avis.

Faut-il pour autant don­ner un blanc-seing à l’équipe de Cédric Aoun ?

On peut se dire qu’un can­di­dat se défi­nit aus­si par ce qu’il ne dit pas ou élude. Il est vrai que les deux listes sont presque inté­gra­le­ment nou­velles par rap­port aux équipes muni­ci­pales, issues de la même cote­rie, qui se sont suc­cé­dé depuis deux décen­nies. Donc posez des ques­tions ! Ils n’ont pas for­cé­ment toutes les infor­ma­tions ou pris la mesure des contraintes de toutes sortes qui per­du­re­ront pen­dant leur man­dat. Com­ment comptent-ils négo­cier avec les pro­mo­teurs qui ne vont pas ces­ser de les sol­li­ci­ter. Sur­tout des ques­tions qui fâchent ! Par exemple, à la can­di­date, deman­dez lui pour­quoi le second sur sa liste, Yvon Ros­con­val, est-il tou­jours en qua­ran­taine ? Une des ques­tions essen­tielles à Triel étant celle du fon­cier, posez bien des ques­tions sur leurs inten­tions pré­cises à pro­pos des pro­jets enga­gés par l’équipe Man­cel-Poi­rot. Le can­di­dat Aoun serait aux dires de cer­tains un extrême ? On est tou­jours l’ex­trême de l’autre … c’est sur­tout celui qu’on n’aime pas ! Il y a quand même quelques véri­tés assez per­cep­tibles sans trop se trom­per entre l’une et l’autre. L’une est assez bour­geoise dans son allure ; sa façon de s’exprimer, de s’at­ti­fer la rend plus dis­tante. Avec un look sports­wear, Cédric Aoun à choi­si une com­mu­ni­ca­tion déten­due, les mains dans les poches et paraît plus abor­dable. Mais tout cela ce ne sont que les appa­rences. Par­mi les non dits ou seule­ment en cati­mi­ni, il y a l’o­ri­gine liba­naise de Cédric Aoun. Déjà, réglons leur compte aux natio­naux cathos qui n’aiment les Liba­nais que comme chré­tiens d’Orient, sous-enten­du res­tés en Orient ! Ce sous-enten­du, parole, je l’ai enten­du !

Il y a une can­di­date que l’on peut qua­li­fier d’intellectuelle en rai­son des livres qu’elle a écrits et de sa pro­fes­sion de pro­fes­seure d’histoire qui pra­tique à ses heures l’écriture inclu­sive. Cédric Aoun n’est pas, à pro­pre­ment par­ler, un manuel mais nous l’avons vu, ces der­niers temps, répa­rer toutes sortes de choses que l’on pré­fère conser­ver plu­tôt que de les jeter. Au cours de sa cam­pagne, il a pré­co­ni­sé le prin­cipe de réuti­li­sa­tion, la réaf­fec­ta­tion des bâti­ments publics qui ne servent plus pour répondre aux besoins nou­veaux. L’idée est sédui­sante mais est-elle en pra­tique réa­li­sable ? Lisez les pro­grammes des can­di­dats, posez-leur des ques­tions et faites vous un avis !

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