Actua­li­tés

Trans­for­mons l’essai, aux urnes, lors des élec­tions départementales !

par | 21 octobre 2020 | Poli­tique, Verneuil-sur-Seine, Ver­nouillet

Ce pro­jet pour­rit la vie poli­tique et le cadre de vie depuis des années. (J2R)

Le pro­jet de dévia­tion de la RD 154 a été reje­té par la grande majo­ri­té des votants lors de la consul­ta­tion citoyenne. Les maires de Verneuil-sur-Seine, de Ver­nouillet et de Cha­pet ont orga­ni­sé un débat et une consul­ta­tion citoyenne ; les défen­seurs de ce pro­jet ont boy­cot­té l’appel à débattre et ont per­du toute légi­ti­mi­té démo­cra­tique. La nou­velle donne poli­tique et envi­ron­ne­men­tale devrait conduire à « trans­for­mer l’essai », aux urnes, lors des élec­tions départementales.

Le pro­jet de « contour­ne­ment » de Verneuil est tou­jours d’actualité dans les sché­mas rou­tiers du Dépar­te­ment des Yvelines. Obser­vant un mutisme inha­bi­tuel, l’actuel pré­sident du dépar­te­ment des Yvelines, Pierre Bédier peut vou­loir conti­nuer la réa­li­sa­tion de cette infra­struc­ture, avec l’objectif affi­ché de « déles­ter la tra­ver­sée des centres-ville du tra­fic de tran­sit et de sécu­ri­ser les dépla­ce­ments sur l’ensemble de la zone. Cette dévia­tion aura aus­si pour effet d’améliorer la qua­li­té de vie des habi­tants des agglo­mé­ra­tions en rédui­sant les nui­sances, notam­ment sonores, géné­rées par le tra­fic de tran­sit. » (1)

Un vote très significatif

Ce plan avait été adop­té par le dépar­te­ment en 2010 et n’a pas chan­gé sur le fond : il a don­né une place pré­pon­dé­rante, dans la mobi­li­té, à l’automobile. En outre, il a amor­cé le plan de béton­nage de la Seine Aval. En 2020, les résul­tats de la consul­ta­tion sur le pro­jet de la RD 154 ne laissent pas de place au doute : c’est niet. La par­ti­ci­pa­tion a été impor­tante dans les trois com­munes et le rejet du pro­jet est fort. A Verneuil-sur-Seine, 2458 per­sonnes ont voté avec 79,92 % des votants contre. A Ver­nouillet, 1274 per­sonnes ont voté avec 81,95 % des votants contre. A Cha­pet, 41,7 % de par­ti­ci­pa­tion avec 99,7 % des votants contre. Pour l’ADIV Envi­ron­ne­ment à la tête de la fronde, « c’est une grande vic­toire après des années de lutte et de sen­si­bi­li­sa­tion sur le pro­jet de la RD 154 et son impact sur notre envi­ron­ne­ment. »

Au total, il y a eu 4097 votes expri­més sur 19 950 per­sonnes en âge de voter (esti­ma­tion à par­tir des chiffres de l’INSEE), soit un taux de par­ti­ci­pa­tion de plus de 20 %.

La vieille garde per­siste dans l’erreur 

(De g. à dr.) Hélène Brioix-Feu­chet et Jean-Fran­çois Ray­nal sont conseillers dépar­te­men­taux du can­ton de Verneuil. (Archives J2R)

La veille garde de la droite yve­li­noise per­siste et signe : Jean-Fran­çois Ray­nal, vice-pré­sident aux mobi­li­tés et élu du can­ton de Verneuil (avec Madame Brioix-Feu­chet), s’est mon­tré iro­nique, fri­sant le dédain. Selon Le Pari­sien du 12 octobre 2020, M. Ray­nal a iro­ni­sé à pro­pos des par­ti­sans du « non » : « On sait qu’il y a des oppo­sants. […] Le sujet de la dévia­tion n’est pas un dos­sier com­mu­nal mais dépar­te­men­tal ; nous pour­sui­vons notre pro­jet » puis à l’encontre des maires qui ont orga­ni­sé la consul­ta­tion : « On ne va pas mettre son nez dans des pré­ro­ga­tives qui ne sont pas les siennes ». Jus­te­ment, ce pro­jet avait com­men­cé il y a trente ans suite à la demande conjointe des deux maires de l’époque. En 2020, le peuple qui détient la légi­ti­mi­té poli­tique vous demande d’arrêter ce pro­jet ni fait ni à faire.

En évi­tant le débat contra­dic­toire, M. Ray­nal empire son cas : dans son édi­tion du 14 octobre 2020, Le Cour­rier des Yvelines a publié ce pro­pos : « C’est bien de deman­der aux habi­tants ce qu’ils en pensent. Ceux qui sont contre votent en nombre, ceux qui sont pour ne vont pas néces­sai­re­ment voter. Pour nous c’est un non-évé­ne­ment. Nous atten­dons la ren­contre des trois maires avec le pré­sident et en atten­dant, le Dépar­te­ment pour­suit son tra­vail ».

Finis­sons-en avec ce pro­jet contro­ver­sé !

Avant la consul­ta­tion, Julien Grim­ler, ancien élu de Ver­nouillet, avait sou­li­gné un pro­blème de fond sur la confor­mi­té de ce pro­jet par rap­port au sacro-saint inté­rêt géné­ral. « C’est un pro­jet qui doit s’inscrire dans une vision ou non de déve­lop­pe­ment et d’attractivité. Com­ment un « habi­tant » peut avoir cette vision ? Je suis tota­le­ment favo­rable à cette concer­ta­tion mais je trouve éga­le­ment regret­table que des mai­ries se dédouanent der­rière cette concer­ta­tion pour ne pas assu­mer. Soyons clair ! Le maire de Ver­nouillet [NDLR : Pas­cal Col­la­do] était pour en 2014 ! Qu’en est-il aujourd’hui ? Peur de se mettre à dos « les pour ou les contre » ? Que sont deve­nus les élus avec des convic­tions réelles sans vou­loir faire « plai­sir » à l’électorat.

Tout est résu­mé dans cette réflexion. Qui est légi­time pour défi­nir l’intérêt géné­ral ? Le peuple est et doit res­ter sou­ve­rain. Même si l’on exa­mine les résul­tats des élec­tions à Verneuil-sur-Seine et à Triel-sur-Seine, le contexte de 2020 n’est plus favo­rable au « tout bagnole », syno­nyme d’une poli­tique d’urbanisation qui arti­fi­cia­lise les terres agri­coles sans aucune vision des enjeux envi­ron­ne­men­taux et cli­ma­tiques des années à venir.

Le fait que des élus d’opposition refusent de prendre une demi-jour­née (même en visio­con­fé­rence) pour contri­buer à l’organisation de ce grand moment de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive démontre que les oppo­si­tions ne sont pas construc­tives ! Plus grave, aucun défen­seur du pro­jet (MM. Bédier, Ray­nal et leurs baby-bédiers) n’est pas venu débattre au Com­plexe Fran­çois Pons, le 25 sep­tembre. Ain­sie, ils se sont non seule­ment décré­di­bi­li­sés, mais ils se sont délé­gi­ti­més poli­ti­que­ment vis-à-vis des « gogos » de la popu­la­tion(2). Depuis 2015, ces élus de droite sont en sur­sis par rap­port à ce pro­jet contro­ver­sé(3).

Le temps est venu de mettre fin aux contro­verses d’une autre époque. Finis­sons aus­si avec le sys­tème tout bagnole pré­co­ni­sé par le pré­sident actuel du dépar­te­ment. Lors de cette consul­ta­tion citoyenne, ce pro­jet de dévia­tion devait être reje­té mas­si­ve­ment car il ne contri­bue en rien aux nou­velles exi­gences en matière de mobi­li­tés avec l’arrivée d’Eole et la mul­ti­pli­ci­té d’autres moyens alter­na­tifs de dépla­ce­ment. Enfin, des citoyens éclai­rés doivent mon­trer la voie pour la sau­ve­garde d’un ter­ri­toire vert, pou­mon de l’Île-de-France, et porte d’entrée du Vexin. Sor­tons les sor­tants aux élec­tions dépar­te­men­tales pro­chaines afin de trans­for­mer l’essai d’octobre 2020 !

Notes 

1. Lien vers le site Inter­net du Dépar­te­ment des Yvelines

2. Déjà en 2015, M. Ray­nal avait impru­dem­ment bou­dé le débat du mois de mars, en trai­tant les habi­tants de « gogos, qui ont l’outrecuidance de ques­tion­ner le choix du dépar­te­ment. » Les gogos avaient été plus nom­breux que pré­vu dans le can­ton de Verneuil car deux cent trente per­sonnes avaient écou­té les quatre can­di­dats sur sept binômes venus pré­sen­ter leur posi­tion sur l’aménagement du ter­ri­toire en géné­ral, et en par­ti­cu­lier sur le pro­jet de dévia­tion de la RD 154.
3. Rap­pe­lons à M. Ray­nal qu’aux élec­tions dépar­te­men­tales de 2015, la par­ti­ci­pa­tion au deuxième tour dans le can­ton de Verneuil n’a été que de 44 %. En sui­vant ce rai­son­ne­ment, on pour­rait dire que les élec­teurs qui ne sont pas allés voter étaient contre l’élection de M. Ray­nal et qu’il n’est donc pas légi­time pour impo­ser la dévia­tion de la RD 154. 

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