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Philippe Tautou fait le bilan de son action comme pré­sident de la com­mu­nau­té urbaine GPS&O

par | 11 juillet 2020 | Inter­co, Poli­tique

Suite à la ren­contre avec la rédac­tion du J2R, le 18 mars 2019, le pré­sident Grand Paris Seine & Oise avait posé pour la pos­té­ri­té. (J2R)

Le 18 mars 2019, Philippe Tautou nous avait accor­dé un ren­dez-vous afin de mieux nous faire com­prendre les argu­ments de son action poli­tique au sein de la Com­mu­nau­té urbaine Grand Paris Seine et Oise. Nous repro­dui­sons l’in­ter­view ci-des­sous.

C’est tou­jours une expé­rience de ren­con­trer le pré­sident Philippe Tautou : dans le pas­sé, la rédac­tion du J2R a, maintes fois, ques­tion­né, inter­ro­gé et, par­fois, contre­dit ses options et ses actions suc­ces­sives, dès sa créa­tion de la Com­mu­nau­té urbaine Grand Paris Seine & Oise. Pour lui, la taille et la spé­ci­fi­ci­té de cette inter­com­mu­na­li­té, unique dans son genre, font que sa construc­tion a été dif­fi­cile mais néces­saire. C’est ain­si que M. Tautou l’a dit et a répé­té : “Je demande plus d’in­dul­gence et du temps” pour prou­ver que ses choix étaient rai­son­nables. Il a sim­pli­fié son mes­sage : “Avec le temps on résou­dra les deux pro­blèmes prin­ci­paux qui sont liés aux finances et aux pro­blèmes de gou­ver­nance !” En outre, il a exhor­té les 73 maires à être plus soli­daires.

Erreurs com­mises, mais un appren­tis­sage rapide  

Certes, M. Tautou a for­cé les traits his­to­riques de GPS&O : “On devait fusion­ner avec Pois­sy, Achères et Conflans,” a‑t-il argu­men­té, mais “le pré­fet de l’é­poque était inter­ve­nu pour nous for­cer à élar­gir à un ensemble de plus de 400 000 habi­tants”.  C’est tou­jours une habi­tude de refaire le match, voire l’his­toire de cette genèse qui avait fait débat et conti­nue à ne pas être com­pris par la majo­ri­té des habi­tants. Cet ensemble se carac­té­rise par un poly­cen­trisme et par la recherche d’un équi­libre entre le déve­lop­pe­ment éco­no­mique et la pré­ser­va­tion de ses atous éco­lo­giques et natu­rels. 

Des erreurs ont peut-être été com­mises mais, selon Philippe Tautou, “l’on a appris sur le tas !” Le per­so­nel, diri­gé par la CA2RS, pré­si­dée à l’é­poque par M. Tautou, était de 20 per­sonnes ; il com­prend, aujourd’­hui, 1110 per­sonnes dans GPS&O. Les res­sources humaines, l’ad­mi­nis­tra­tif, l’ap­pren­tis­sage du ter­ri­toire, pour cer­tains cadres, ont pris un temps consi­dé­rable et ont néces­si­té un tra­vail tita­nesque. On a déga­gé une poli­tique géné­rale avec un son lot de décep­tions et de déçus. Ce fait poli­tique a conduit à une ges­tion presque à vue : “La majo­ri­té de l’exé­cu­tif fluc­tuait beau­coup et la pres­sion a été très forte !

Des paris et un équi­libre à trou­ver

Le pari n’est pas évident car la richesse de l’in­ter­com­mu­na­li­té se trouve concen­trée entre le tri­angle Pois­sy-Achères-Les Mureaux avec ses indus­tries et une diver­si­fi­ca­tion dans les sec­teurs secon­daires et ter­tiaires. En outre, les sacro-saintes dota­tions-sub­ven­tions de l’E­tat (DGF) ont été mino­rées et, en même temps, l’in­ter­com­mu­na­li­té GPS&O a dû faire face à la fer­me­ture de la cen­trale de Por­che­ville qui a conduit à débour­ser 7 mil­lions d’eu­ros, char­geant encore “le paque­bot GPS&O”. Tenace ou incons­cient, le pré­sident Tautou a répé­té sa convic­tion : “On crée actuel­le­ment de la richesse et cela peut prendre du temps”. Par­fois, on peut dou­ter du choix cor­né­lien entre cadre de vie et “valo­ri­sa­tion du ter­ri­toire”. 

Cepen­dant, il est utile de s’in­ter­ro­ger sur la base fis­cale de GPS&O : quelles seront les pers­pec­tives si les DGF conti­nuent à bais­ser ? Sa réponse est nette : “C’est à nous [73 maires et 404 000 habi­tants], et entre nous, de trou­ver des solu­tions à notre échelle ! ” Ceci devrait se tra­duire par plus d’im­pôts locaux. Nous sommes dans le même “paque­bot et nos sorts sont liés(1). Quant au litige entre les sept com­munes(2) de l’an­cienne Com­mu­nau­té d’ag­glo­mé­ra­tion 2 Rives de Seine et GPS&O, sur le pacte fis­cal, le dos­sier avance et le tri­bu­nal va sta­tuer : pour ou contre le point de vue de GPS&O. De toute façon, le tri­bu­nal admi­nis­tra­tif régle­ra le conflit et Philippe Tautou n’est pas dis­po­sé à faire appel si GPS&O perd. “Il faut pas­ser à autre chose” et sur­tout arron­dir les angles avant d’en­trer dans la période élec­to­rale de 2020.

Plus de soli­da­ri­té et recherche d’un consen­sus

Phi­lo­so­phi­que­ment, le pré­sident de GPS&O est tou­jours en désac­cord avec la posi­tion des sept maires car il est pour une soli­da­ri­té (finan­cière) entre com­munes rurales et les autres. De plus, cer­taines com­munes des anciennes inter­com­mu­na­li­tés comme PAC et Seine&Vexin n’ont pas joué col­lec­tif ; le résul­tat a été un bazar dans l’é­va­lua­tion des apports et des gains de l’en­semble des 73 com­munes. Jus­te­ment, dans l’a­ve­nir, il fau­dra “revoir le fonc­tion­ne­ment du CLECT(3)”. Un mar­chan­dage entre juristes et experts est à pré­voir. Selon le pré­sident Tautou, “la CU a besoin de cet argent pour prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés” ; en outre, une dévo­lu­tion des com­pé­tences est à envi­sa­ger car plus de proxi­mi­té signi­fie que les com­munes pren­draient un rôle accru. Il est indé­niable que le légis­la­teur devrait modi­fier les lois NOTRe et MAPTAM, qui sont à l’o­ri­gine de ce cham­boule-tout ter­ri­to­rial dans les Yvelines. 

En somme, le pre­mier bilan est miti­gé : “Le tra­vail accom­pli, a sou­li­gné M. Tautou, a per­mis à la com­mu­nau­té urbaine GPS&O de se déve­lop­per…” S’af­fir­mer est déjà un pas impor­tant. Quel est le conseil qu’il donne au pro­chain pré­sident, suite aux élec­tions de 2020 ? M. Tautou a répon­du par une phrase clas­sique “Il faut être à l’é­coute de ce qu’ex­priment les 73 maires”. Arri­ver à un consen­sus devrait être un des objec­tifs de la pro­chaine man­da­ture. Dans un pro­ces­sus de cla­ri­fi­ca­tion de res­pon­sa­bi­li­tés, le maire conti­nue­ra à être le pre­mier maillon (faible ?) de l’in­ter­com­mu­na­li­té GPS&O. Le futur ancien pré­sident Tautou a conclu notre ren­dez-vous avec un mes­sage per­son­nel : “J’ai été heu­reux d’a­voir agi comme maire, conseiller géné­ral, pré­sident de la CA2RS et pré­sident de GPS&O. Le temps m’est venu de par­tir. Le monde évo­lue énor­mé­ment et je ne me trouve plus en phase avec ce qui se passe actuel­le­ment…”. 

Notes

1. En fonc­tion du résul­tat du conten­tieux admi­nis­tra­tif entre la com­mune d’Is­sou et la com­mu­nau­té urbaine, le péri­mètre de celle-ci pour­rait être modi­fié, si la com­mune d’Is­sou gagne son pro­cès.

2. André­sy, Cha­pet, Orge­val, Médan, Triel-sur-Seine, Ver­nouillet, et Villennes-sur-Seine. Il était clair, pour Philippe Tautou, que l’augmentation de la pres­sion fis­cale avait comme fina­li­té le finan­ce­ment des pro­jets indis­pen­sables pour la CA2RS : achat du siège, pro­jet cœur vert…

3. Com­mis­sion locale d’évaluation des charges trans­fé­rées.

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