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Michel Deb­jay, pré­sident du syn­di­cat inter­com­mu­nal en charge de la sécu­ri­té publique : « Triel a le droit de par­tir, mais c’est un choix politique »

par | 1 mars 2021 | Poli­tique, Verneuil-sur-Seine

Lors d’une inter­view du 25 février, par vidéo­con­fé­rence, Michel Deb­jay, pré­sident du Syn­di­cat Inter­com­mu­nal à voca­tion unique (SIVUCOP), n’a pas mâché ses mots sur la sécu­ri­té des biens et des per­sonnes. (pho­to Archives J2R) 

Le départ pro­gram­mé de Triel du Syn­di­cat Inter­com­mu­nal à Voca­tion Unique (SIVUCOP) laisse envi­sa­ger des chan­ge­ments pro­fonds dans l’ac­tion de la police muni­ci­pale dans les villes de Verneuil-sur-Seine et de Ver­nouillet. Avant de se pro­je­ter dans l’a­ve­nir, Michel Deb­jay, adjoint au maire délé­gué à la sécu­ri­té publique de Verneuil-sur-Seine, pré­sident du SIVUCOP, fait le constat de la « situa­tion de tran­si­tion » de ce syn­di­cat et envi­sage un élar­gis­se­ment aux autres com­munes voi­sines… sauf Triel.

Depuis l’an­nonce offi­cielle, le 18 février, par la muni­ci­pa­li­té de Triel-sur-Seine, la sécu­ri­té publique est dans l’a­gen­da poli­tique de tous les élus concer­nés par ce sujet de haute priorité.

La rédac­tion du J2R a deman­dé et obte­nu une inter­view de M. Deb­jay, pré­sident du SIVUCOP.

J2R : Que repré­sente la sécu­ri­té publique pour un élu qui vient d’ar­ri­ver à la pré­si­dence de ce syn­di­cat qui n’a pas une répu­ta­tion d’efficacité ?

Michel Deb­jay : C’est un enjeu majeur ; c’est une des priorités/​attentes de la popu­la­tion aujourd’­hui, la seconde étant le cadre de vie. Il est, de plus, notoire que l’in­sé­cu­ri­té gagne du ter­rain. Il y a de plus en plus d’in­ci­vi­li­tés, de délits et de vio­lences. Si l’on n’a­git pas main­te­nant, les villes de Verneuil ou de Ver­nouillet pour­raient deve­nir des lieux dan­ge­reux. Nous sommes sur un palier et nous devons nous pré­mu­nir pour ce type d’es­ca­lade de l’in­sé­cu­ri­té. Il est pri­mor­dial d’a­gir main­te­nant en concert et au-delà des limites de notre com­mune, d’où la néces­si­té de coopé­rer et de mutua­li­ser l’ac­tion publique sur ce dos­sier sensible.

J2R : Pour agir, deux phi­lo­so­phies se pro­filent : pré­ve­nir ou punir ; où mettre le cur­seur selon vous ?

M.D. : Mal­heu­reu­se­ment, la muni­ci­pa­li­té et le SIVUCOP n’ont pas de prise sur ce débat. Cha­cun des acteurs/​institutions a un rôle à jouer. La pré­ven­tion est l’af­faire des parents, des asso­cia­tions de quar­tier, de l’E­du­ca­tion natio­nale, des clubs de sport ; du côté de la puni­tion, c’est à la charge de la Police natio­nale, puis de la jus­tice. Certes, il existe des pas­se­relles mais la dif­fi­cul­té est d’être capable de tra­vailler en trans­ver­sa­li­té. Par exemple, le rodéo est un phé­no­mène qui touche plu­sieurs aspects, dont les inci­vi­li­tés dans la ville ou dans le quar­tier. Si la moto est imma­tri­cu­lée d’une manière frau­du­leuse, ce n’est pas de notre res­sort. Cepen­dant, il ne faut pas consi­dé­rer cela comme une frus­tra­tion. Je crois que la police muni­ci­pale inter­com­mu­nale devrait vivre comme un relais pour que ces deux phi­lo­so­phies se ren­contrent et puissent résoudre les pro­blèmes d’in­sé­cu­ri­té qui se posent d’une manière aiguë pen­dant la pan­dé­mie. Une police de proxi­mi­té et une jus­tice de proxi­mi­té devraient coexister.

J2R : Suite aux élec­tions de 2020, et à l’an­nonce du départ de Triel du SIVUCOP, ce syn­di­cat vit-il une période d’in­cer­ti­tude, de tour­mente ou de tran­si­tion ? 
M.D. : Je crois qu’il tra­verse une période de renou­veau. On par­tait d’une situa­tion mal enga­gée avec des défaillance connues par tous, notam­ment les dys­fonc­tion­ne­ments de la vidéo­sur­veillance. Il fal­lait faire du neuf et redon­ner des moyens avec un objec­tif. En somme, la tran­si­tion a été extrê­me­ment courte car nous sommes par­tis qua­si­ment de zéro avec l’im­pos­si­bi­li­té d’a­voir un com­mis­sa­riat digne de ce nom (en heures d’ou­ver­ture avec des fonc­tion­naires de la Police natio­nale). La police natio­nale n’est pas visible par les habi­tants de trois com­munes consti­tuant le SIVUCOP.

Désor­mais, il s’a­git de réno­ver un bâti­ment presque neuf avec quelques amé­lio­ra­tions tech­niques pour que l’on puisse réa­li­ser un centre de super­vi­sion urbain inter­com­mu­nal. Ce centre sera un outil de notre action publique pour mutua­li­ser nos forces de police. En effet, le SIVUCOP sera un outil de par­tage de maté­riels (drones, véhi­cules…) et du per­son­nel de la police muni­ci­pale. L’ob­jec­tif affi­ché est d’at­teindre une ving­taine de per­sonnes pour ce centre opérationnel.

J2R : La ville de Triel-sur-Seine sou­haite par­tir du SIVUCOP. Qu’en pen­sez-vous et com­ment se dérou­le­ra ce petit « Brexit » yve­li­nois ?
M.D. : Cela res­semble effec­ti­ve­ment au Brexit en petit car la Manche sépare le conti­nent de la Grande-Bre­tagne tan­dis qu’i­ci la Seine isole Triel des autres com­munes du SIVUCOP. Comme les Brexi­ters, le maire de Triel a mis en avant des argu­ments éco­no­miques, mais la réa­li­té est que c’est son choix poli­tique. Ce n’est pas une sur­prise car M. Aoun nous avait annon­cé son inten­tion de par­tir, tout de suite après mon élec­tion comme pré­sident du SIVUCOP. L’am­bi­tion de Triel avait été de pro­pul­ser M. Pas­cal Gilles, adjoint à la sécu­ri­té à Triel, à la tête du SIVUCOP. Comme il n’a­vait pas été élu, Triel a vou­lu par­tir. L’exé­cu­tif du SIVUCOP s’est pré­pa­ré pour une sor­tie à l’amiable.

On est déjà en dis­cus­sion avec d’autres com­munes. Nous allons nous réunir pour voter cette sor­tie de Triel-sur-Seine. A prio­ri nous n’al­lons pas à l’af­fron­te­ment. La pro­cé­dure du CGCLT est claire : la demande a été faite, les conseils muni­ci­paux doivent s’ex­pri­mer et ensuite le choix sera vali­dé par la Pré­fec­ture des Yvelines. Il n’y aura pas de conten­tieux même si le cré­dit pour payer le bâti­ment à Verneuil devrait être payé uni­que­ment par les habi­tants de Verneuil-sur-Seine et de Ver­nouillet. Tout ce qui a été acquis par le syn­di­cat reste avec le syn­di­cat. Il n’y a pas de bijoux de famille à répartir.

J2R : Com­ment envi­sa­gez-vous l’a­ve­nir du SIVUCOP à l’ho­ri­zon 2026 ?
M.D. : La Seine agit comme une bar­rière qui façonne les phé­no­mènes d’in­ci­vi­li­té et de délits dans les deux rives de Seine. Cepen­dant, quand un pro­blème devient criant, voire plus média­tique, c’est du res­sort de la Police natio­nale et celle-ci coopère déjà avec toutes les forces de la police muni­ci­pale à Triel, à Verneuil ou à Ver­nouillet. Il s’a­git de pro­cé­der selon la gra­vi­té des délits. Notre objec­tif est de don­ner la toile de fond du phé­no­mène de l’in­sé­cu­ri­té dans les zones cou­vertes par le SIVUCOP. Ceci per­met­tra de don­ner une meilleure com­pré­hen­sion des phé­no­mènes des délits et des inci­vi­li­tés. Notre but est de mettre une poli­tique en sym­biose avec les poli­tiques natio­nales pour rendre la sécu­ri­té des biens et des per­sonnes de qua­li­té et de proxi­mi­té. Avec ce CSU, on met­tra éga­le­ment à l’é­tude un plan d’ar­me­ment de la police car cette pro­cé­dure prend du temps et doit être bien enca­drée. Tout port d’armes est codi­fié mais cela doit être fait, sans tour­ner autour du pot. Un nou­veau direc­teur de la sécu­ri­té et de la pré­ven­tion à Verneuil pren­dra ses fonc­tions, le 1er mars 2021. Cette renais­sance per­met­tra, à terme, d’ob­te­nir un per­son­nel qua­li­fié et effi­cace pour les années à venir.

Ache­vé le 1er mars 2021

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Muni­ci­pales 2020

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