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Huit associations contestent le projet d’aménagement de la RD190

par | 10 sep­tembre 2021 | Car­rières-sous-Pois­sy, Envi­ron­ne­ment

Le tron­çon de trois kilo­mètres entre Car­rières-sous-Pois­sy et Triel a fait l’ob­jet d’ac­ci­dents à répé­ti­tion depuis des années. Ici un acci­dent en 2012. (Archives J2R) 

Le 7 sep­tembre 2021, le pré­fet des Yve­lines a été noti­fié d’un recours « col­lec­tif » de huit asso­cia­tions sur l’un des pro­jets emblé­ma­tiques de la Plaine de Car­rières-sous-Pois­sy. Le pro­jet d’u­ti­li­té publique (DUP) est contes­té en trois volets.

Huit asso­cia­tions(1) ont pré­pa­ré, orga­ni­sé et signé, le 7 sep­tembre 2021, un recours gra­cieux à l’in­ten­tion des auto­ri­tés com­pé­tentes, notam­ment la Pré­fec­ture des Yve­lines au sujet de requa­li­fi­ca­tion de la RD190 entre Car­rières-sous-Pois­sy et Triel-sur-Seine. Ces asso­cia­tions demandent l’an­nu­la­tion de la DUP qui avait été publiée par un arrê­té n° 78−2021−04−29−00009 du 9 juillet 2021. En effet, elles contestent le par­ti d’a­mé­na­ge­ment qui ne démontre aucune cohé­rence même si ces asso­cia­tions sont pour le déve­lop­pe­ment des trans­ports en site propre. Au contraire, ce pro­jet qui pré­sente, selon elles, des défauts impor­tants, por­te­rait  gra­ve­ment atteinte à l’en­vi­ron­ne­ment.
Il faut se rap­pe­ler que la maî­trise d’ou­vrage de ce pro­jet relève du Conseil dépar­te­men­tal des Yve­lines qui affiche ces objec­tifs :
- Ren­for­cer et amé­lio­rer la des­serte, par les trans­ports en  com­mun, des lieux d’ha­bi­ta­tion de la plaine vers la gare de Pois­sy ;
- Recoudre le tis­su urbain tra­ver­sé par la RD190 qui a fait l’ob­jet d’une des­truc­tion métho­dique par les acti­vi­tés humaines ;
- Sécu­ri­ser les condi­tions de cir­cu­la­tion pour les per­sonnes uti­li­sant leur voi­ture et celles qui pra­tiquent les mobi­li­tés douces (vélo, marche à pied).

D’une manière logique, le Dépar­te­ment des Yve­lines cherche à créer, sur une lon­gueur de 3,1 km, des syner­gies et à flui­di­fier la cir­cu­la­tion par la mise en œuvre d’un sys­tème mul­ti­mo­dal à Pois­sy. Au sud, il est envi­sa­gé de créer deux voies de cir­cu­la­tion dédiées à une ligne de bus en site propre (TCSP) ; au nord, il est pré­vu de trans­for­mer la chaus­sée exis­tante en une voie rapide en 2 x 2 voies. Les tra­vaux, dont le coût pré­vu est de 21 M€, seraient ache­vés en 2024.

S’ap­puyant sur l’a­vis d’un orga­nisme indé­pen­dant, MRAE, qui avait émis 14 recom­man­da­tions et avait consta­té des études d’im­pact lacu­naires, et sur le rap­port du com­mis­saire-enquê­teur, ces asso­cia­tions tirent un bilan glo­ba­le­ment néga­tif de ce pro­jet d’a­mé­na­ge­ment. Elles uti­lisent l’é­va­lua­tion clas­sique du bilan coût/avantages. Lut­tant pour l’en­vi­ron­ne­ment depuis de nom­breuses années, elle font remar­quer que même le com­mis­saire-enquê­teur avait émis une réserve, le 6 novembre 2020, mal­gré son avis favorable.

« Sur le pre­mier objec­tif de ce pro­jet, la compte n’y est pas », insistent les asso­cia­tions. « Faute d’é­tudes quan­ti­ta­tives sur l’offre de ser­vices », le por­teur du pro­jet fait un  rai­son­ne­ment à l’in­verse : « Fai­sons le TCSP d’a­bord et on en mesu­re­ra l’im­pact… après ».  Elles affirment que ce pro­jet « ne pour­ra pas appor­ter une solu­tion satis­fai­sante aux dépla­ce­ment col­lec­tifs des habi­tants » de la plaine de Carrières-sous-Poissy.

Recoudre le tis­su « mar­ty­ri­sé » par l’ac­ti­vi­té éco­no­mique du pas­sé n’est pas aisé. Même le com­mis­saire-enquê­teur l’a­vait sou­li­gné : « La requa­li­fi­ca­tion de la sec­tion ne résout pas les maux dont [la plaine] souffre actuel­le­ment. » C’est un pro­blème endé­mique d’a­mé­na­ge­ment de ce lieu, que les asso­cia­tions men­tionnent à nouveau.

En troi­sième lieu, loin de sécu­ri­ser les dif­fé­rents modes de mobi­li­té, ce pro­jet met­trait en place une auto­route urbaine qui n’est plus consi­dé­rée comme étant per­ti­nente dans la pla­ni­fi­ca­tion urbaine. Avec quelques retouches ici et là, « cet objec­tif ne serait atteint que très par­tiel­le­ment », expliquent les huit signa­taires de ce recours gracieux.

Quant au pro­jet de faire un « hub » à Pois­sy, ces asso­cia­tions s’in­ter­rogent : « Faute d’a­na­lyse sérieuse du report modal atten­du et en l’ab­sence des études et pro­jec­tions étayées de celui-ci, il est impos­sible d’at­tri­buer au pro­jet un quel­conque béné­fice ! »

Au contraire, cet amé­na­ge­ment reliant la RD30 et la RD190 serait une par­tie de la réa­li­sa­tion, dis­si­mu­lée mais cri­ti­quée depuis des années, d’une auto­route urbaine A104bis. Pour les huit asso­cia­tions, la notion de « pro­jet » se sub­sti­tue à celle de « pro­gram­ma­tion de tra­vaux » sans prendre en compte l’im­pact sur la san­té et la biodiversité.

Jus­te­ment sur ces deux points, ces asso­cia­tions sont sévères : l’im­pact sani­taire en  rai­son de l’aug­men­ta­tion de la pol­lu­tion des voi­tures et des camions n’a pas été exa­mi­née ; l’im­pact visuel n’y figure pas non plus. Quant à l’im­pact sur la bio­di­ver­si­té, ce pro­jet fait fi de la réserve impor­tante dans les Gré­sillons (une ZNIEFF de type II et une ZNIEFF de type I), qui a été car­ré­ment négli­gée par les pétitionnaires.

Pour les huit asso­cia­tions, ce pro­jet « entraî­ne­ra de lourdes atteintes à l’en­vi­ron­ne­ment » sans régler, de manière glo­bale et cohé­rente,  les pro­blèmes de trans­port des habi­tants et des acteurs éco­no­miques de la plaine de Carrières-sous-Poissy.

Il est vrai­sem­blable que la pré­fec­ture ne don­ne­ra pas une suite favo­rable à la demande de ces asso­cia­tions récal­ci­trantes, mais celles-ci sont à l’aise dans le com­bat admi­nis­tra­tif et, dans la durée, elles ont fait preuve d’une cer­taine effi­ca­ci­té. Seront-elles capables de faire modi­fier ou aban­don­ner ce pro­jet de requa­li­fi­ca­tion de la RD190 ? Ont-elles les moyens finan­ciers pour aller sur le ter­rain judiciaire ?

Notes

1. Les huit asso­cia­tions :
- Rives de Seine Nature Envi­ron­ne­ment, repré­sen­tée par Antho­ny Effroy ;
- Bien vivre à Ver­nouillet, repré­sen­tée par Jean-Pierre Gre­nier ;
- Non au Pont d’A­chères, repré­sen­tée par Antoine Mille ;
- Triel Envi­ron­ne­ment, repré­sen­té par Fran­çoise Mez­za­dri ;
- CO.P.R.A. 184, repré­sen­tée par Chris­tiane Para­vy ;
- ADIV Envi­ron­ne­ment, repré­sen­tée par Ber­nard Des­tombes ;
- Bien Vivre à l’Hau­til, repré­sen­tée par Agnés Burgh­graeve Sel­len ;
- Construi­sons Ensemble un André­sy Soli­daire, repré­sen­tée par Eli­sa­beth Dousset.

 

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