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Facebook, un lieu public comme les autres : luttons contre le harcèlement en ligne

par | 15 juillet 2021 | Socié­té

Les réseaux sociaux, notam­ment Face­book, sont des lieux pro­pices à des lyn­chages publics sans pré­cé­dent. (DR)

Le har­cè­le­ment en ligne est une pro­blé­ma­tique bien ancrée dans notre temps, comme l’a mon­tré le pro­cès de Mila, qui s’est clô­tu­ré le mer­cre­di 7 juillet. Défi­nis­sant une nou­velle fois le har­cè­le­ment en ligne au regard du droit, il est aujourd’­hui plus que néces­saire de réflé­chir sur nos uti­li­sa­tions des réseaux sociaux et cer­tains comportements.

Chaque mes­sage écrit sur les réseaux sociaux peut être lu par des mil­liers de per­sonnes ; c’est, par­ti­cu­liè­re­ment, le cas des groupes Face­book des dif­fé­rentes villes comme « Tu sais que tu viens de Triel-Sur-Seine quand… » ou « Tu sais que tu viens de Ver­neuil-Sur-Seine quand… ». Pen­sés comme des lieux d’échange, d’entraide et de débat pour dis­cu­ter des affaires de la ville, ces groupes se trans­forment par­fois en lieu de « débal­lage public » et d’attaques personnelles.

Les réseaux sociaux : des espaces aussi publics que les rues

« Ce que vous ne faites pas dans la rue, ne le faites pas sur les réseaux sociaux ». Voi­là com­ment Michael Hum­bert, pré­sident du tri­bu­nal lors du pro­cès de Mila, a défi­ni les limites de ce qui peut être fait et dit sur Inter­net. Cette défi­ni­tion sou­ligne que les réseaux sociaux sont, comme la rue, un espace public. S’il appa­raît plus facile d’utiliser Face­book pour expri­mer son mécon­ten­te­ment plu­tôt que d’agir fron­ta­le­ment, il est par­fois néces­saire de prendre du recul avant de dégai­ner son télé­phone. En par­cou­rant les groupes Face­book, on se rend compte que de petits inci­dents, cer­tains évé­ne­ments ou encore cer­taines per­sonnes peuvent déclen­cher des vagues de réac­tions vio­lentes et d’intolérance. Nous pou­vons prendre l’exemple d’un éta­blis­se­ment triel­lois qui, après avoir com­mis une erreur humaine dans la ges­tion d’un ser­vice, s’est vu atta­qué sur Face­book par de nom­breux uti­li­sa­teurs. Cer­tains n’ayant jamais fré­quen­té l’établissement se per­mettent de don­ner leur avis pen­dant que d’autres se plaignent de ne pas avoir vu leur demande prise en compte hors des heures d’ouverture ou mettent en doute la pro­bi­té des pro­prié­taires, en par­lant d’une « escro­que­rie ». Avec des attaques deve­nant per­son­nelles, il ne s’agit plus de dis­cu­ter des affaires de la ville et de mener un débat ou même de deman­der conseil en cas de pro­blème, mais d’une tri­bune mal­veillante à l’encontre de cet éta­blis­se­ment et de son pro­prié­taire, avec des pro­pos inappropriés.

Réintroduire un débat civilisé : la responsabilité de l’administrateur

Garan­tir la liber­té d’expression sur Face­book devrait s’accompagner du res­pect d’autrui, notam­ment quand ces groupes pré­sentent une large audience, entre 5 000 et 10 000 per­sonnes. Don­ner son opi­nion ne doit pas conduire à un achar­ne­ment ; nous devons être capables de nous modé­rer face aux dif­fé­rentes situa­tions et de prendre du recul. Pour retrou­ver une civi­li­té dans les débats, les admi­nis­tra­teurs et modé­ra­teurs des groupes Face­book ont un rôle essen­tiel. Aujourd’hui, avec la fin du pro­cès de Mila, ce rôle devient d’autant plus impor­tant qu’une « défi­ni­tion large » de ce qu’est le har­cè­le­ment en ligne a été rete­nue par le juge selon l’avocat Richard Mal­ka. Ain­si, sont pris en compte, dans la défi­ni­tion, les mes­sages mal­veillants pos­tés publi­que­ment ain­si que les attaques per­son­nel­le­ment des­ti­nées à la per­sonne. Il est donc impor­tant de savoir agir quand un com­por­te­ment devient dépla­cé. Le pro­cès de Mila nous montre qu’il n’y a pas d’anonymat sur Inter­net et qu’avec la « défi­ni­tion large » du har­cè­le­ment en ligne qui a été accep­tée, per­sonne ne peut se sous­traire aux consé­quences de ses paroles sur les réseaux sociaux. Le sen­ti­ment d’impunité n’y est plus qu’une illusion.

Article rédi­gé par Romane Destombes

https://fr.ryte.com/wiki/Administrateur_Facebook#Obligations_l.C3.A9gales_de_l.E2.80.99administrateur_manager_Facebook

 

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