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Expo­si­tion Tur­ner à Paris : une incur­sion poé­tique

par | 13 octobre 2020 | Culture, His­toire

Qua­rante ans avant Monet, il dis­sou­dra les formes, dans le fré­mis­se­ment d’une lumière éblouis­sante. (DR)

La visite de l’ex­po­si­tion Tur­ner au Musée Jac­que­mart-André est un moment de détente et de magie pour oublier cette période de crise sani­taire. 

Le Musée Jac­que­mart-André pré­sente une rétros­pec­tive des œuvres de Joseph William Tur­ner (1775- 1851) qui fut, incon­tes­ta­ble­ment, l’un des plus grands repré­sen­tants de l’âge d’or de l’aquarelle anglaise. Grâce aux prêts de la « Tate Bri­tain » de Londres, nous pou­vons admi­rer une soixan­taine d’aquarelles ain­si que plu­sieurs pein­tures à l’huile, dont cer­taines sont pré­sen­tées pour la pre­mière fois en France.

S’af­fran­chir de conven­tions

Cette expo­si­tion révèle le rôle joué par les aqua­relles dans la vie de l’artiste ; elle per­met de suivre son évo­lu­tion pic­tu­rale, de sa prime jeu­nesse à la matu­ri­té où il pro­dui­ra des œuvres plus accom­plies. Son œuvre est mar­quée par une recherche nova­trice, qui le fait se démar­quer de la pein­ture aca­dé­mique en vigueur à l’époque. Il s’affranchira pro­gres­si­ve­ment des conven­tions et ses expé­ri­men­ta­tions se concen­tre­ront prin­ci­pa­le­ment sur la recherche de la lumière, à tra­vers l’utilisation d’une palette res­treinte, où dominent essen­tiel­le­ment les tons jaunes et oran­gés. Il met­tra au point sa propre tech­nique ; bien qu’il était consi­dé­ré comme peintre figu­ra­tif, il évo­lue­ra peu à peu vers l’abstraction. Beau­coup le consi­dèrent comme un pré­cur­seur de l’Impressionnisme.
Insa­tiable voya­geur, il avait, dès l’âge de 14 ans, pris l’habitude de mar­cher jusqu’à 40 km par jour à tra­vers le Pays de Galles et l’Ecosse, son cahier de cro­quis sous le bras. Il par­cou­rut inlas­sa­ble­ment l’Italie, la France, la Suisse et l’Allemagne, pro­dui­sant au cours de ses dépla­ce­ments plus de 20 000 œuvres sur papier. Ses aqua­relles de voyage ont été publiées à par­tir de 1826 dans des recueils de gra­vures sur acier et sur cuivre, ce qui lui per­mit de se faire connaître de la socié­té anglaise.

Des voyages d’ins­pi­ra­tion

Tur­ner connaî­tra, très jeune, le suc­cès et sera élu aca­dé­mi­cien titu­laire à l’âge de vingt-sept ans. Issu d’un milieu modeste, il tra­vaille­ra d’abord chez un archi­tecte, puis pren­dra des cours de pers­pec­tive et de topo­gra­phie, avant d’entrer à l’école de la Royal Aca­de­my. Son œuvre a été carac­té­ri­sée par une entière dévo­tion à son art. Il avait pour habi­tude de faire des retraites secrètes ; décrit comme un per­son­nage taci­turne aux manières frustres, il ne fon­de­ra pas de famille, même si quelques com­pagnes tra­ver­sèrent sa vie, en par­ti­cu­lier Sarah Dan­by dont il aurait eu un enfant. Tur­ner asso­cie­ra tou­jours étroi­te­ment la lit­té­ra­ture et la poé­sie ; le poète Byron tien­dra une place impor­tante dans ses ins­pi­ra­tions. Le grand tour­nant dans son œuvre s’effectuera en 1819, lorsqu’il fera un pre­mier voyage à Venise. Les effets de lumière pren­dront, à par­tir de ce moment, une place de plus en plus impor­tante dans ses œuvres ; ses cou­leurs devien­dront plus vives et plus vibrantes. Qua­rante ans avant Monet, il dis­sou­dra les formes, dans le fré­mis­se­ment d’une lumière éblouis­sante. En 1826, il effec­tue­ra un long voyage en France, remon­te­ra la Loire de Nantes à Orléans ; de ce voyage com­men­cé à Calais, il tire­ra quelques magni­fiques toiles, notam­ment une huile inti­tu­lée Pas de Calais, qui sera pré­sen­tée à la Royal Aca­de­my en 1827.

Une œuvre inou­bliable

A la fin de sa vie, il quit­ta sa mai­son de Queen Anne Street pour emmé­na­ger à Chel­sea dans un pauvre loge­ment, où il pas­sa ses der­nières années dans une soli­tude abso­lue, incon­nu même de l’hôtesse qui le logeait.

Tur­ner décé­de­ra le 19 décembre 1851 ; après avoir été iden­ti­fié, il sera enter­ré dans la Cathé­drale Saint Paul à Chel­sea. Il a légué à la nation une cen­taine de pein­tures à l’huile, ain­si que des mil­liers d’œuvres sur papier. Il a, éga­le­ment, légué 200 000 livres ster­ling pour la construc­tion d’un asile en faveur d’artistes pauvres.

Magni­fique expo­si­tion à ne pas man­quer !

Pour se rendre au musée :
158 bou­le­vard Hauss­mann 75008 Paris

Le Musée se situe à quelques pas des Champs-Ely­sées et des grands maga­sins.
En métro : Lignes 9 et 13, sta­tions Saint-Augus­tin, Miro­mes­nil ou Saint-Philippe du Roule
En RER : Ligne A, sta­tion Charles de Gaulle-Étoile
En bus : Lignes 22, 43, 52, 54, 28, 80, 83, 84, 93
En voi­ture : Par­king Hauss­mann-Ber­ri, au pied du musée, ouvert 24 h/​24
En Velib’ : Sta­tion Rue de Ber­ri

Tél. : 01 45 62 11 59 
message@​musee-​jacquemart-​andre.​com

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