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Emprunter sans CDI, c’est toujours mission impossible !

par | 15 mars 2021 | Com­mu­ni­qués, Éco­no­mie

En 2020, seule­ment 1,2 % des emprun­teurs étaient en CDD (vs 1,3 % en 2019). (DR)

La situa­tion empire pour les futurs emprun­teurs, qui sont dans la fra­gi­li­té économique.

En 2020, dans un contexte de dur­cis­se­ment des condi­tions d’octroi de cré­dits et de crise éco­no­mique et sani­taire, les CDD et les autres contrats « hors CDI » ont pâti encore davan­tage du contexte. La part de ceux qui sont par­ve­nus à décro­cher un cré­dit sans ce fameux sésame a même encore légè­re­ment bais­sé chez Vous­fi­nan­cer : en 2020, 87 % des emprun­teurs étaient en CDI contre seule­ment 1,2 % en CDD (1,3 % en 2019). Lorsqu’il y a deux emprun­teurs, la pro­por­tion d’emprunteurs en CDD monte à 3,2 %, car l’emprunteur prin­ci­pal est en CDI la plu­part du temps… Seule­ment 0,2 % des prêts sont accor­dés à deux per­sonnes en CDD. En 2021, les créa­teurs d’entreprise et les inter­mit­tents ont par­ti­cu­liè­re­ment du mal à emprun­ter, comme en témoignent les résul­tats de l’enquête réa­li­sée auprès des agences Vous­fi­nan­cer alors que des solu­tions peuvent être trou­vées au cas par cas pour ceux qui sont au chô­mage partiel.

Seulement 1,2 % des emprunteurs en CDD en 2020

En 2020, comme on pou­vait le pres­sen­tir dans le contexte de dur­cis­se­ment des condi­tions d’octroi de cré­dit en lien avec les recom­man­da­tions du HCSF, la part des emprun­teurs en CDD, a encore régres­sé : chez Vous­fi­nan­cer, 1,2 % des emprun­teurs étaient en CDD en 2020 contre 1,3 % en 2019 et 1,7 % en 2017. Ce nombre est bien loin de la réa­li­té du mar­ché du tra­vail en France puisque 87 % des embauches se font en CDD. Même si, au total, seuls 12 % des employés en France sont en CDD, ils sont sous-repré­sen­tés par­mi les emprun­teurs en rai­son de deux freins majeurs pour les banques : 85 % des CDD sont signés sur des durées infé­rieures à un mois (contre 57 % en 1998), et seule­ment un CDD sur cinq devient un CDI au bout d’un an contre un sur deux en 1982 (source : France Stratégie).

Plus facile d’emprunter à deux, avec un conjoint en CDI

Lorsqu’il y a deux emprun­teurs, la part des CDD est légè­re­ment plus éle­vée chez les co-emprun­teurs qui béné­fi­cient du fait qu’ils empruntent avec une per­sonne en CDI. Ain­si 3,2 % des co-emprun­teurs sont en CDD (79 % sont tout de même en CDI), pour­cen­tage éga­le­ment en baisse (4,90 % en 2018). Les prêts accor­dés à deux CDD sont qua­si­ment une excep­tion, puisque 0,2 % des emprun­teurs seule­ment sont concernés !

On note que ces chiffres évo­luent très peu dans le temps, et plu­tôt défa­vo­ra­ble­ment. « Para­doxa­le­ment, alors que les taux n’ont ces­sé de bais­ser ces der­nières années, l’accès au cré­dit des CDD s’est dégra­dé, en par­ti­cu­lier depuis 2 ans. Les taux his­to­ri­que­ment bas ne per­met­tant pas de cou­vrir le coût du risque ; ils péna­lisent fina­le­ment ceux qui vou­draient emprun­ter avec un dos­sier ‘hors norme’ ! En outre, en 2020, la crise sani­taire a davan­tage tou­ché tout un pan de l’économie (le tou­risme, la res­tau­ra­tion ou l’évènementiel) très employeur de CDD, ce qui rend ce type d’emprunteur fra­gi­li­sé encore plus ris­qué pour les banques actuel­le­ment », ana­lyse Julie Bachet, direc­trice géné­rale de Vousfinancer.

Par­mi les autres caté­go­ries mino­ri­taires chez les emprun­teurs, on trouve éga­le­ment les TNS (tra­vailleurs non-sala­riés : auto-entre­pre­neurs, chef d’entreprise, arti­sans com­mer­çants et pro­fes­sions libé­rales), mieux repré­sen­tés que les CDD, dès lors qu’ils ont 3 ans de bilan, avec un léger rebond : 6 % des emprun­teurs sont des indé­pen­dants, (contre 5,1 % en 2019 et 6 % en 2018), alors que les retrai­tés ont dimi­nué (2 % des emprun­teurs seuls, contre 3,3 % en 2019). Cette hausse des TNS peut s’expliquer par le fait que les pro­fes­sions libé­rales, médi­cales notam­ment, qui n’ont pas ces dif­fi­cul­tés à emprun­ter, ont été plus nom­breuses à le faire !

Difficile de financer les profils hors CDI, mais pas impossible !

Vous­fi­nan­cer a inter­ro­gé les agences de son réseau  pour avoir leur retour sur les finan­ce­ments de dos­siers hors CDI en 2021 (étude menée du 5 au 10 mars 2021 auprès des 185 agences Vousfinancer).

63 % des cour­tiers Vous­fi­nan­cer ont le sen­ti­ment qu’en 2021, dans le contexte actuel, les banques sont encore plus réti­centes à finan­cer des pro­fils « hors CDI » que ces der­nières années. 27 % jugent qu’il n’y a pas dévo­lu­tion et que c’est aus­si com­pli­qué qu’avant. Seuls 10 % trouvent qu’en ce début d’année les banques acceptent de finan­cer quelques-uns de ces pro­fils, sous condi­tions. S’il est glo­ba­le­ment jugé plus com­pli­qué de finan­cer cette année les pro­fils « hors CDI », il existe tou­te­fois des dif­fé­rences impor­tantes sur les sta­tuts des emprunteurs.

Selon les agences Vous­fi­nan­cer, les créa­teurs d’entreprise (27 % des réponses), les inter­mit­tents du spec­tacle (21 %) et les auto-entre­pre­neurs à éga­li­té avec les CDD (19 %), sont les dos­siers les plus com­plexes à finan­cer actuel­le­ment : « Il était déjà com­pli­qué de finan­cer les créa­teurs d’entreprises ces der­nières années, car les banques demandent 3 ans de bilan, mais dans le contexte actuel d’incertitudes éco­no­miques, dans cer­tains sec­teurs comme l’événementiel, le tou­risme, la res­tau­ra­tion, c’est l’ensemble des entre­pre­neurs, même avec un his­to­rique, qu’on ne par­vient plus à finan­cer… Le mieux dans ces cas-là est sou­vent de s’adresser à la banque qui détient les comptes pro­fes­sion­nels car elle connait mieux le pro­fil de son client et la ges­tion qu’il fait de ses comptes et sera davan­tage encline à le financer », explique San­drine Allonier.

Vous­fi­nan­cé a éga­le­ment inter­ro­gé ses agences sur leur capa­ci­té mal­gré tout à par­ve­nir à finan­cer ce type de pro­fils. Près de la moi­tié des agences (46 %) disent avoir eu des refus des banques sur ces pro­fils (contre 31 % des répon­dants en 2019). A l’inverse, seuls 6 % des agences déclarent avoir réus­si à finan­cer plu­sieurs fois ces pro­fils cette année contre 10 % en 2019… Elles sont un peu moins d’un tiers à y par­ve­nir de façon excep­tion­nelle, un pour­cen­tage stable !


« En tant que cour­tier, nous avons iden­ti­fié les banques les plus enclines à finan­cer cer­tains pro­fils d’emprunteurs ‘hors CDI’ en fonc­tion de leurs spé­ci­fi­ci­tés. Cer­tains éta­blis­se­ments sont par exemple plus spé­cia­li­sés dans les inter­mit­tents du spec­tacle, d’autres ont l’habitude d’analyser les dos­siers des entre­pre­neurs, ce qui faci­lite l’obtention d’un cré­dit pour ces pro­fils. En outre, le fait que nous leur ame­nions en paral­lèle des volumes de dos­siers plus clas­siques et de qua­li­té nous aide sou­vent à obte­nir un accord sur un pro­fil plus com­pli­qué… C’est aus­si cela l’avantage de pas­ser par un cour­tier », conclut Julie Bachet.

Exemples d’emprunteurs « hors CDI » finan­cés récemment

Un inter­mit­tent du spec­tacle, avec beau­coup d’apport et de l’épargne rési­duelle
Un emprun­teur en inté­rim avec l’apport des frais et 3 ans d’an­cien­ne­té
Un CCD marié avec un CDI avec 60 000 € de reve­nus et 30 000 € d’apport
Un CDD, per­son­nel hos­pi­ta­lier, avec 2000 € de reve­nus et l’apport des frais de notaire
Un entre­pre­neur avec 5 bilans
Un auto entre­pre­neur avec 2500 € de reve­nus mais un apport de 50 000 €
Un auto entre­pre­neur, avec une conjointe en CDI, l’apport des frais et de l’épargne après opération.

A pro­pos de Vousfinancer

Vous­fi­nan­cer, réseau de 200 agences de cour­tage en cré­dits immo­bi­liers, accom­pagne de façon per­son­na­li­sée, les par­ti­cu­liers dans la recherche de la meilleure solu­tion de finan­ce­ment pour leur pro­jet immobilier.

Le ser­vice de Vous­fi­nan­cer se base sur la ren­contre avec un seul et unique inter­lo­cu­teur expert en finan­ce­ment, la trans­pa­rence (mon­tage du dos­sier finan­cier réa­li­sé avec le client), et la garan­tie de trou­ver rapi­de­ment (la solu­tion glo­bale la plus adé­quate (assu­rance de prêt, taux, garan­ties, men­sua­li­tés, durées, coût du cré­dit, frais de dos­siers, par­te­naires ban­caires). Vous­fi­nan­cer pro­pose éga­le­ment des solu­tions pour les cré­dits pro­fes­sion­nels et le rachat de crédits.

Encart 1 :

Le cas spé­ci­fique des CDI au chô­mage partiel

Actuel­le­ment, il est pos­sible de finan­cer des emprun­teurs au chô­mage par­tiel, mais avec dif­fi­cul­tés. Selon les résul­tats d’une enquête interne au réseau Vous­fi­nan­cer, près de 60 % des agences y par­viennent, sous condi­tions et 30 % uni­que­ment lorsque la période de chô­mage par­tiel est ter­mi­née. Seuls 10 % n’ont actuel­le­ment pas de solu­tion pour ces emprun­teurs auprès de leurs par­te­naires ban­caires. « Il est pos­sible de finan­cer des emprun­teurs au chô­mage par­tiel, au cas par cas, s’ils ont de l’ancienneté pro­fes­sion­nelle et de l’épargne de pré­cau­tion mais cela dépend aus­si du sec­teur d’activité dans lequel ils tra­vaillent. Si c’est dans un sec­teur très tou­ché par la crise, la banque refu­se­ra. En outre, les banques essaient de déce­ler s’il s’a­git d’un chô­mage par­tiel tem­po­raire ou si cela tra­duit une réelle dif­fi­cul­té finan­cière de l’en­tre­prise « , ana­lyse San­drine Allo­nier, direc­trice des études de Vousfinancer.

Cela varie aus­si beau­coup d’une banque à l’autre. Cer­taines acceptent quand même de prendre le salaire à taux plein si l’emprunteur a suf­fi­sam­ment d’ancienneté, alors que d’autres tiennent compte de la baisse de reve­nus liée au chô­mage par­tiel. D’autres encore demandent que l’emprunteur ne soit plus au chô­mage par­tiel depuis au moins un mois au moment de la demande de cré­dit pour l’accorder…

« Dans le contexte éco­no­mique actuel, les banques ont plus que jamais besoin d’avoir de la visi­bi­li­té sur la péren­ni­té et la régu­la­ri­té des reve­nus qui per­met­tront à l’emprunteur de rem­bour­ser son cré­dit. C’est pour­quoi elles sont très atten­tives au sec­teur d’activité, mais aus­si à l’employabilité de l’emprunteur c’est-à-dire sa capa­ci­té à retrou­ver rapi­de­ment un emploi dans sa branche ou son domaine de com­pé­tence. Actuel­le­ment, être au chô­mage par­tiel peut être un frein pour cer­taines banques car se pose la ques­tion de l’avenir de l’emprunteur lorsque le dis­po­si­tif de sou­tien du gou­ver­ne­ment pren­dra fin », com­plète Julie Bachet.

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