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Solidarité

Réflexions d'un confiné (2) : dans ma rue

Par : 
Mac Guffin

La crise du Coronavirus va atteindre d’abord les plus faibles et précaires d’entre nous. Prenons soin d’eux car la situation va rendre leurs difficultés encore plus aiguës. Profitons de ces circonstances pour être plus solidaires et attentifs aux autres ; notre disponibilité forcée rend cela possible. Les lignes qui suivent ne sont pas un sermon, plus un début d'inquiétude, un avertissement et un encouragement.

C’est un vieux monsieur que je connais un peu plus qu’un passant ordinaire. Je l'avais remarqué depuis des années.
 

 

Un rapprochement inattendu

Tout à l’heure, il s’est présenté à la porte de la vitrine du magasin. Je lui ai ouvert pour l’écouter, j’ai juste entrebaillé la porte comme je le fais depuis que le Covid a envahi notre vie, nos comportements et nos relations. Il m’a tendu un papier de recommandé l’invitant à se rendre à la poste pour le retrait. Elle est très éloignée de chez lui, elle est très éloignée pour lui. Je connais maintenant son nom.  

C’est un vieux monsieur très digne, un vieux travailleur venu du maghreb, toujours costumé comme l’étaient nos grands-pères. Lorsqu’il arpente les trottoirs, chaque jour que dieu fait, c'est pour s’astreindre à une promenade et faire marcher son corps, avec des petits pas de vieux. Je devine sa vie, là, juste à côté, la modeste vie que lui autorise une petite retraite, venu me solliciter, peut être désemparé par les désordres ordinaires produits par la crise du Covid.

Ce n'est que le début

Il y a quelques jours je regardais une vidéo propagée sur Twitter. Elle montrait, dans une autre rue, dans une autre banlieue de la périphérie, une sorte de lutte, ponctuée de hurlements, entre une femme accrochée à son cabas et des agents de ville chargés de faire respecter les consignes de confinement. On était dans les parages d’un marché où les gens ont bien du mal à s'habituer aux règles de distance qu'impose la propagation du virus. On ressent que ce tout petit peuple, à la lisière de la précarité, avec bien d’autres urgences, est très éloigné de la parole venue d'en haut ! On pressent que cette crise, qui vient subitement, ne sera pas seulement sanitaire. Elle les assaille déjà et autrement que les restrictions actuelles à nos déplacements et nos courses.

Haut les coeurs

Les consignes de notre gouvernement ne doivent pas entraîner un repli ; des signes de solidarité se manifestent déjà à notre échelle à Triel-sur-Seine. A cet égard les commerçants, expression vive de la proximité, s'organisent. Les personnels du Simply market sont présents pour remplir les rayons et aux caisses. Un boulanger ouvre non-stop son magasin pour facliliter l'étalement des passages. Un groupe Facebook Triel solidarité s'est créé pour rassembler des initiatives, par exemple pour les personnes isolées. La crise du Coronavirus est donc une opportunité pour qu'à l'échelle locale se mettent en place des initiatives nouvelles et un esprit nouveau qui rapprochent les gens durablement. Les associations vont avoir un rôle important.

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