Vous êtes ici

Rénovation urbaine

Une convention entre acteurs publics et semi-privés pour transformer le quartier de la Noé à Chanteloup-les-Vignes

Par: 
Rodrigo Acosta

Le département envisage d'investir 18,5 M€ pour réhabiliter les quartiers défavorisés de Chanteloup-les-Vignes. Pierre Bédier, président du Département des Yvelines, a accueilli cinq acteurs publics pour la signature, le 28 mai, d'une convention PRIOR'YVelines : Philippe Tautou, président de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise, Catherine Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes, Arnaud Legros, président-directeur-général du bailleur social Résidences Yvelines-Essone, Jean-Jacques Brot, préfet des Yvelines, Nicolas Grivel, directeur de l'Agence nationale pour la Rénovation urbaine (ANRU). Webtélé 2R

Le Département des Yvelines, par l’intermédiaire de son programme PRIOR'Yvelines, met le paquet pour contribuer à la transformation du quartier de la Noé à Chanteloup-les-Vignes. La plus grande attention est nécessaire afin "de rétablir l'égalité républicaine, l'égalité des chances et la sécurité", selon les propos de Pierre Bédier. C'est amusant de voir une transformation dans l'esprit du président Bédier : il s'approprie la politique d'un autre Pierre (Cardo) sur les banlieues. Auparavant, Pierre Bédier ne jurait que par l'industrie et la valorisation du territoire. Désormais, il fait du social comme pour compenser le temps perdu !

Justement, avant la signature, Pierre Bédier a pris la parole pour citer l'œuvre de Samuel Becket En attendant Godot, pour souligner la nécessité d'arriver à un travail collaboratif entre acteurs publics ! Il était temps que l'ANRU (et son 2e programme) soit parmi les signataires. Cette convention, qui porte un nom prédestiné PRIOR'Yvelines, annonce l'engagement fort du département à la hauteur de 9,8 M€ dans le cadre de la transformation de six opérations dans le quartier défavorisé de la Noé.

A ce montant s'ajouterait l'investissement direct du département de 7,5 M€ et le plan d'amorce octroyé en juillet 2018 pour ce quartier (1,15 M€). Cela totalise, selon le département, la somme de 18,5 M€, soit 43 % du projet global de transformation du quartier de la Noé, devançant l'Agence nationale pour la Rénovation urbaine (ANRU). Celle-ci engagerait 11 M€ dans ce projet urbain. Il faudra, un jour, tirer un bilan ce ces sommes investies dans une seule zone géographique, certes défavorisée, des Yvelines. Le mouvement des Gilets jaunes a fait prendre conscience que le problème de la fracture sociale s'est répandu dans tous les territoires en périphérie.

Dans cet esprit, Mme Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes, a remercié son chef de file, Pierre Bédier qui "a une vision du territoire" et qui manie bien "des notions d'égalité et d'équité" dans le cadre républicain. Cependant, Mme Arnou a abordé clairement la sortie de ces quartiers du plan d'urgence : "Il est temps que Chanteloup sorte de la politique de la ville, a-t-elle déclaré, à condition de donner un dernier coup de pouce !" M. Jean-Jacques Brot, préfet des Yvelines, a aussi abondé les propos de Mme Arenou car les moyens publics sont rares !

Pour le Département des Yvelines, cette convention est le fruit d'un travail "collaboratif". M. Pierre Bédier s'est montré satisfait de faire une politique "multi-directionnelle" : subventions exceptionnelles, prestations de conseil, engagement dans la construction, aide à la définition de la programmation de logements innovants et reprise des voiries départementales pour créer une entrée de ville. Ainsi, non seulement, la ruralité est prise en compte mais les banlieues sont aussi concernées par cette politique départementale. Celle-ci se traduit par cette convention qui "donne[rait] la garantie d'un projet abouti et de qualité."

Maltraité par les résultats des élections récentes, Pierre Bédier a tenté de justifier l'action du département qui est la "seule institution publique qui s'engage dans les projets ANRU". Certes, la politique multi-directionnelle peut paraître importante mais elle traduit aussi les domaines de compétence du département dont le volet social est le socle pour le moment. La compétence économique n'est plus dans les mains de Pierre Bédier et il le sait. En revanche, il s'est doté de moyens pour faire accélérer les projets en mettant de l'huile dans les rouages de l'intercommunalité et de l'Etat. C'est une sorte d'inversement de rôles en raison d'une décentralisation qui pérennise des laboratoires urbains comme celui de Chanteloup-les-Vignes.

En attendant  la réalisation de la  promesse d'injecter des fonds dans la ruralité(1), le président du Département des Yvelines a fait savoir que la dynamique est forte et qu'elle continuera dans les mois à venir. Les aides vont pleuvoir pour les communes qui demandent à remplir leurs quotas de la loi SRU, à mener des projets innovants dans l'économie circulaire. 

Tout cela a réjoui Jean-Jacques Brot, préfet des Yvelines, qui était aux anges (étit-ce en raison des élections récentes ?), tout en expliquant qu'il faut articuler les politiques publiques à différentes échelles, nationales et locales sans exclusion. 

Le Département des Yvelines va investir :

- 8 M€ pour créer une cité éducative, inscrivant le groupe scolaire Roland Dorgelès et le collège René Cassin au sein d'une même entité dans le cadre d'un projet pédagogique partagé ;

- 4 M€ pour l'opération d'aménagement de l'avenue de Poissy afin de redessiner l'espace public ;

- 2,5 M€ pour la construction d'une maison médicale afin de recréer une offre complète de services de santé ;

- 2 M€ pour transformer la RD 1 au sud du quartier afin d'améliorer l'entrée de ville et de conforter les aménagements de la gare ;

- 675 000 € pour financer à 90 % la restructuration de l'ancien Centre de loisirs Jacques Prévert et en faire un nouveau pôle culturel orienté vers la musique ;

- 430 000 € pour réaliser les dernières résidentialisations d'immeubles de l'Ellipse et le remaillage du réseau viaire du quartier ;

- 1,15 M€ au titre du plan d'amorce accordé en juillet 2018.

 

Note

1. "La ruralité ne sera pas oubliée", a déclaré M. Pierre Bédier.

Publicité