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Tourisme historique et littérature

Un article dans lequel l'auteur expose aux lecteurs une curieuse association entre la forteresse des Andelys et le Château de Médan

Par : 
Mac Guffin

Qu’y a-t-il de commun entre le Château de Médan et les ruines du Château Gaillard aux Andelys ? Apparemment, les deux édifices n’ont vraiment rien en commun : si l’un surplombe la Seine tel un guetteur, l’autre situé bien plus en amont est un pavillon de chasse situé à peine plus haut que la Seine, de plus sur sa rive gauche.

Bien que la configuration initiale du Château de Médan date du IXe siècle, la construction d’aujourd’hui remonte au XVe. Le Château Gaillard, quant à lui, est une forteresse médiévale du XIIe siècle qui a complètement conservé son aspect d’origine. Lointain témoin de la Guerre de cent ans entre Anglais et Français, elle est devenue au XIXe siècle une remarquable ruine romantique habitée par toutes sortes de personnages historiques dont Richard Cœur de Lion. Pour le château de Médan, après être passé par des fortunes diverses, citons l’occupation par des soldats allemands pendant la Seconde Guerre mondiale puis par l’imprimerie du journal Combat dans les années soixante ; il est, maintenant, entièrement restauré et habité. On le visite sur rendez-vous. Rien vraiment de commun, rien sauf un nom : Arthur Bernède. Qui est donc ce bonhomme ?

Des sites choisis par le roman populaire

Arthur Bernède est un auteur prolifique de romans populaires comme en ont produit le XIXe siècle et le début du XXe. De Jules Verne à Maurice Leblanc en passant par Eugène Sue, beaucoup de Français, passés par l’école républicaine, accèdent à la lecture et sont friands de récits mêlant mystère, rebondissement, machines extraordinaires, enquêteurs débrouillards, policiers incapables, vengeurs, lieux étranges et repaires cachés … Ces récits paraissaient souvent en feuilleton. Entre parenthèses, les super-héros , comme Batman, sont bien les héritiers de cet univers qui a nourri le Pulp et les Comics. Le cinéma français des années 20 portera abondamment à l’écran les récits d’Arthur, dont Judex en association avec Louis Feuillade et Belphégor, réalisé par Henry Desfontaines en 1927, premières versions. Dans la même veine, le personnage de Fantômas créé en 1910 par Pierre Souvestre et Marcel Allain connaîtra la même fortune.

Judex, Belphégor, Fantomas ...

Au début des années 60, Franju, réalisateur marginal, reprend Judex et s’associe pour le scénario à Jacques Champreux (petit-fils de Feuillade et fils de Maurice Champreux) et à Francis Lacassin. Voilà le lien, le repaire de Judex est basé dans les entrailles du Château Rouge, qui est l’autre nom donné par le romancier à la forteresse des Andelys. Quant au Château de Médan, il sert de résidence à l'infâme Boris Williams dans Belphégor, repris par une série en quatre épisodes diffusée sur l’unique chaîne de télévision et qui tint en haleine beaucoup de téléspectateurs de l’ORTF. Le premier épisode de Fantômas avec Louis de Funès, Jean Marais et Mylène Demongeos, comporte dans sa partie finale de nombreuses  cascades en voiture et en train, tournées autour des ruines médiévales de la Roche-Guyon et dans le Vexin. Un désir de nostalgie ou le goût pour un fantastique un peu désuet vous fera lire et revoir les récits d’Arthur Bernène portés au cinéma.           

 
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