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Le collège Saint-Exupéry, entre diplomatie et intimidation

Par: 
Rodrigo Acosta

Sur Facebook, on voit des affaires bizarres, mais parfois on a une tendance à sur-réagir. Voici le cas d'un collège tranquille qui se trouve en train de faire la police de la parole locale.

Tout a commencé par une publication sur une affaire de gamine violentée au collège Saint-Exupéry d'Andrésy : la page FB "Andrésy Notre ville" y a, largement, fait écho car la mère de la gamine avait décidé de rendre cette malheureuse affaire publique sans mesurer les conséquences. Certes, la mère avait raison de porter plainte auprès des autorités compétentes.

Après, l'affaire a échappé au raisonnement et à l'apaisement car un certain nombre d'interventions énervées de quelques internautes ont eu lieu ; le CPE du collège a demandé à la mère de la gamine de supprimer sa publication. Ensuite un échange de courriels entre les autorités du collège Saint-Exupéry et le responsable, ou administrateur, de la page FB "Andrésy Notre ville" a conduit à supprimer carrément tous les « posts » et commentaires (parfois provocateurs) sur cette affaire.

On aurait pu en rester là mais, le principal du collège a décidé autrement, même si la lettre est signée par « l'équipe de Direction du collège »

Le collège a envoyé une missive à tous les parents d'élèves du collège avec une tonalité qui mélange diplomatie et intimidation. «  Nous pouvons comprendre que parfois des parents démunis ne sachent pas forcément quelles réactions avoir en pareille circonstance. Mais nous sommes surpris par le choix prioritaire d'Internet pour résoudre par exemple un problème opposant deux élèves. 

Même si la majeure partie des parents sait comment agir en cas de difficulté, il nous importe de leur rappeler ici qu'ils peuvent saisir prioritairement l'établissement lorsqu'un problème survient entre élèves, y compris à l'extérieur du collège. Il leur est également conseillé si ce problème se situe à l'extérieur de l'établissement, suivant sa gravité, de déposer plainte. Les fédérations de parents d'élève restent également à votre écoute et de bon conseil. »

Et de poursuivre la lettre par une sorte d'avertissement : « Compte tenu des propos tenus à l’encontre du collège et de certains personnels, nous avons décidé de nous tourner vers les services de police et vers la justice. Nous savons pouvoir compter sur cette dernière pour définir clairement la liberté d'expression, et pour prendre les décisions qui s'imposent.

Nous le ferons à chaque fois que nous le jugerons utile. »

Il est évident que publier sur Facebook ce type d'affaire n'est pas bon pour l'image de marque du collège Saint-Exupéry. Nous pouvons, toutefois,  nous interroger sur les raisons qui ont conduit « l'équipe de la Direction du collège »  à envoyer une lettre qui médiatise davantage cette affaire. C'est plutôt contre-productif. En outre, cette missive met à mal la liberté d'expression dans les réseaux sociaux et  l'action du collège conduit à s'autocontrôler.  Le J2R a tenté, sans succès, de contacter le principal du collège pour savoir quelle était la finalité de cette lettre. Enfin, l'administrateur de la page Facebook  "Andrésy Notre ville" a minimisé l'affaire et n'a pas souhaité ajouter des commentaires. Sage de sa part !

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