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Finances municipales

43 000 € de subvention détournés par l'AJC : Eddie Aït et Anthony Effroy pointent la responsabilité du maire

Par: 
Rodrigo Acosta et correspondants

En décembre 2014, le J2R avait diffusé un article concernant une délibération du conseil municipal de Carrières-sous-Poissy, portant sur l’attribution d’une subvention de 50 000 € à l’association AJC. Que de gâchis et une jeunesse sacrifiée !

Les échanges avaient été vifs entre le maire, Christophe Delrieu et ses deux opposants, Eddie Aït et Anthony Effroy.  Pour Eddie Ait, le maire LR avait fait, notamment, le choix de sacrifier la jeunesse.

Etrange répartition des subventions municipales

La bourse aux bacheliers avait été supprimée ainsi que le carnaval des écoles contre l'avis de la communauté éducative et scolaire. Seulement 15 000 euros ont été inscrits, en 2015,  au budget en investissement pour les travaux dans les établissements scolaires. Pour rappel, entre 2008 et 2014, près de 12 millions d'euros avaient été consacrés aux affaires scolaires et aux politiques éducatives. L’opposition avait aussi noté l'absence de revalorisation de la dotation à la Caisse des écoles qui plafonne à 30 000 euros alors qu'une association "amie" (AJC) de la municipalité percevait 50 000 euros. Par ailleurs, les budgets alloués aux services Jeunesse et Affaires scolaires ont été réduits de près de 5 %. Dans le même temps, les tarifs des services extrascolaires et périscolaires ont été augmentés.  Les deux élus s’étaient alors fortement inquiétés de l’attribution d’une telle somme et avaient accusé le maire de faire un chèque en blanc à cette association.

La réalité dépasse le pire cauchemar d’un élu. Deux ans se sont écoulés, sans que l’on sache véritablement le fin mot de l’histoire, jusqu’à la publication d’un article, par nos confrères du Parisien, qui nous apprend que le président de l’AJC a été interpellé et que près de 43 000 € de la subvention auraient été détournés.

« Le système Delrieu » ?

Le 11 février, Anthony Effroy et Eddie Aït, respectivement chefs de file des groupes « Bien Vivre à Carrières » et « Agir en Commun pour Carrières », donnaient une conférence de presse commune et livraient leurs premiers commentaires sur cette affaire, dénonçant, selon eux, un « système Delrieu ».

Dans un premier temps, Eddie Aït rappelle que cette affaire fait suite à une saisine du procureur de la République, déposée dès février 2015, et que l’enquête préliminaire est ouverte depuis décembre 2015. L’élu revient également sur le comportement du maire, qui depuis le début de cette affaire, refuse de répondre aux questions des élus sur l’utilisation de cette subvention. L'association ANTICOR a été aussi saisie par le conseiller municipal Eddie Aït.

Eddie Aït va plus loin encore, puisqu’il évoque des liens entre Christophe Delrieu et le président de l’AJC, qui selon lui existent depuis la campagne des élections municipales de 2014 ; l’élu du groupe « Agir pour Carrières » indique également posséder plusieurs attestations de Carriérois confirmant le soutien politique du président de l’AJC à Christophe Delrieu.

 

Le maire réplique !

Il n'est pas question de se précipiter sans avoir les éléments juridiques et policiers. Interrogé par le J2R, le maire, Christophe Delrieu reste calme : "depuis la signature de la convention [NDLR 20014], la municipalité avait prévu une chaine de contrôle : PV des assemblées, rapports moraux et financiers..." L'AJC a oeuvré pour les jeunes, mais a eu "une sorte de phobie administrative" en 2015 et 2016. Aucune subvention n'a été allouée à l'AJC depuis. Quant aux accusations portées par l'opposition, rien ne permet actuellement d'aller plus loin. Laissons la police et la justice faire leurs boulot et après on verra car "la municipalité a fait le nécessaire" auprès des autorités compétentes (préfecture, tribunaux administratifs) pour élucider ce dossier. Il est prévu de récupérer l'argent "mal utilisé". Le maire n'a pas de regrets sur ce dossier hyper sensible...

 

De son côté, Anthony Effroy pointe la responsabilité du maire et rappelle qu’en 2015 Christophe Delrieu avait indiqué à la presse que l’AJC ferait l’objet d’un suivi d’expertise comptable et que la ville serait plus exigeante avec cette association qu’avec n’importe quelle autre !

Anthony Effroy s’interroge sur la réelle effectivité de ces mesures de contrôle : « Depuis 2014 nous savons que quelque chose ne va pas et nous n’arrivons à obtenir aucune information sur l’utilisation qui est faite des 50 000 €, le maire s’était engagé à être vigilant, on voit où cela nous mène, s’il y avait vraiment eu des contrôles on aurait pu éviter cette situation. La maire-adjointe déléguée aux finances, Marie-Laure Vardon, est également directrice des finances à Fourqueux ; de fait elle ne pouvait ignorer les obligations de contrôle qui incombait à la ville et sa part de responsabilité devra être déterminée. »

Effroy et Aït, partie civile dans le dossier

Les deux élus ne veulent pas en rester là ; ils ont d’ores et déjà annoncé la communication de nouveaux éléments au parquet financier de Versailles et se sont constitués partie civile dans cette affaire, comme l’explique Eddie Aït : « En notre qualité d’élus, nous devons défendre les intérêts des Carriérois ; le fait de nous constituer partie civile va nous permettre de suivre la procédure et d‘aller au bout de cette affaire. A notre connaissance la ville ne l’a pas fait, ce qui soulève là encore de nombreuses questions ».

En conclusion, Anthony Effroy indique que plusieurs autres dossiers - peut-être une dizaine - sont encore sur le bureau des juges : « La justice n’avance pas toujours aussi vite qu’on le souhaiterait ; cela fait deux ans que nous attendons et cette affaire pourrait bien être la 1ère d’une longue liste illustrant ce que nous qualifions aujourd’hui de  système Delrieu, nous sommes confiants et restons à disposition du juge d’instruction ».

Cette affaire risque d’entacher durablement le mandat de Christophe Delrieu et, dans la mesure où l’instruction est toujours en cours, d’autres mises en examen pourraient encore être décidées par le magistrat.

Il y a fort à parier que le prochain conseil municipal de Carrières-sous-Poissy sera très animé.

Affaire à suivre…

V130217

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