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Vie municipale

Rififi à Villennes : le maire remet de l'ordre dans son équipe

Par: 
Rodrigo Acosta

Dans une ambiance de campagne municipale, Michel Pons, maire de Villennes-sur-Seine depuis 2014, a fait adopter une délibération retirant les délégations de son premier adjoint, Olivier Hardouin. Ce dernier n'a pas cherché à changer le cours de l'histoire, mais les choses ne s'arrêteront pas là. Les veilles rancunes d'un village cossu vont à nouveau fleurir les balcons de la ville d'ici au printemps 2020.

Voir Webtélé (propos de M. Pons) et Webtélé 2R (propos de Mme Valérie Thomassen).

Des coups sont partis, tandis que l'opposition comptait les points. Dans un communiqué de presse, diffusé le 1er décembre, lors de la réunion du conseil municipal du même jour, le maire a annoncé : « J'ai décidé, après avoir consulté les membres du conseil municipal, de retirer au premier adjoint les délégations que je lui avais confiées ».

Dans une réminiscence de la campagne municipale de 2014, les trois listes (deux fusionnées pour devenir la majorité actuelle et celle de l'opposition) ont mis devant la place publique les divergences de forme et de fond sur la gestion municipale de Villennes-sur-Seine.

Ne pas se tromper de procès

Sur un ton laconique, Michel Pons a ouvert la séance en faisant référence au cadre juridique qui lui permet de faire adopter, d'une manière discrétionnaire, « la délibération qui enlève les délégations du premier adjoint ». Celui-ci, M. Olvier Hardouin, un grand gaillard, s'est tenu sans vaciller pendant l'exposé des motifs de M. Pons : « Dissensions graves, mécontentements... »,  a martelé le maire pour finir avec le « défilé incessant de colistiers [de la majorité] qui ont menacé de démissionner ! ». Valérie Thomassen, une des colistières de la majorité, a tenté de défendre le soldat Hardouin : « Si vous jugez et condamnez sans raison, alors que M. Pons n'a rien mis en place pour résoudre les problèmes inhérents au groupe, votre conscience vous titillera... », a-t-elle argumenté pour défendre « l'un des nôtres ».  M. Charles, une des voix, semble-t-il discordante, de la majorité a avancé deux points importants : « [Il ne fallait] pas se tromper de salle [en faisant allusion à la salle où l'on tenait le conseil municipal] ; ce n'était pas un procès » ni une salle de récréation.  M. Hardouin a contesté le procès et les différentes « attitudes viriles », sorties de leurs contextes. « J'ai une voix qui porte », s'est-il défendu.

Pas de Noël pour Hardouin

En effet, l'autorité du maire a été mise en question par ce vote en plein conseil municipal. C'était le procès de l'autorité ou de l'absence de celle-ci, pour reprendre l'analyse de M. Charles. On a failli entendre une avalanche de nom d'oiseaux mais la majorité tenait à en rester là. Stoïque, Michel Pons a fait preuve, ce soir, d'autorité et a « assumé son rôle autoritaire ». Passé au vote, le conseil municipal a adopté la destitution par 18 voix. Neuf conseillers ont voté contre et un conseiller s'est abstenu sur un total de 28 bulletins exprimés. Interrogée, l'opposition actuelle, dirigée par M. Degand, a admis qu'elle a voté pour le retrait des délégations d'Olivier Hardouin car il ne fallait pas lui faire de cadeaux... même avant Noël.

Par ce vote, M. Pons a tranché dans le vif car la question de la dissension entre colistiers couvait depuis fort longtemps, selon les dires des uns et des autres après cette réunion du  conseil municipal. En cherchant un peu de sérénité, Michel Pons s'est fixé comme objectif de « reconstruire quelque chose de positif sur de nouvelles bases ».

V071216

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