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Râler ça fait du bien !

par | 18 juin 2020 | Social

Com­men­çons par en rire ! (DR)

Nous avons tous, un jour, rava­lé notre salive mais des études récentes nous recom­mandent d’ex­pri­mer ce que nous avons sur le cœur. Ron­chon­ner plu­tôt que rumi­ner, c’est bien meilleur pour la san­té ! Pour­quoi râle-t-on ?

Soyons hon­nêtes : tout le monde râle. Vous, moi, vos col­lègues de tra­vail, les gens au volant de leur voi­ture, ceux qu’on ren­contre au coin d’une rue… Cela se fait n’importe où et n’importe quand, même contre soi-même quand on se voit sou­dain face au miroir mati­nal ! C’est humain, récon­for­tant et cela fait du bien. Peut-être mais, selon la science, râler est mau­vais pour la san­té. Les Fran­çais sont d’ailleurs des cham­pions dans ce domaine. Selon une étude du cabi­net d’experts « Quatre conseils pour arrê­ter de râler ! », nous nous plain­drions envi­ron 15 à 30 fois par jour ouvrable ! Igno­rant ce que vous en pen­sez, je trouve que c’est une moyenne basse car nous ne réflé­chis­sons pas assez aux consé­quences des mots que nous employons. La réponse à la ques­tion ” Pour­quoi râle-t-on ?” peut sem­bler évi­dente : “Parce qu’on n’est pas satis­fait de quelque chose”.

La météo, le fait de se lever pour aller bos­ser un lun­di matin, à cause des col­lègues, du prof ou du boss, de vous, de moi, des autres, d’un mot (maux ?) mal inter­pré­té, etc. Il faut trou­ver un bouc émis­saire et une rai­son ou un pré­texte appa­rem­ment valables. Tou­te­fois, gro­gner, mau­gréer, ron­chon­ner, pro­tes­ter, mani­fes­ter sa mau­vaise humeur ou son mau­vais res­sen­ti peut déclen­cher des qui­pro­quos lar­ge­ment uti­li­sés jadis par les scé­na­ristes hol­ly­woo­diens d’avant-guerre ou, plus loin dans le temps mais tou­jours d’actualité, les comé­dies des auteurs de vau­de­villes du XIXe siècle.

Oui mais rien n’est jamais aus­si simple qu’il y paraît ; n’oublions pas que nous sommes pour assez long­temps encore au XXIe siècle !  C’est une époque de tolé­rance intel­lec­tuelle et de liber­té où tout devient pos­sible. En résu­mé, râler de façon com­pul­sive nous entraîne dans une spi­rale de néga­ti­vi­té. Cela nous empêche de voir la par­tie du verre à moi­tié plein et de mettre en avant des sen­ti­ments qui risquent d’encourager les râleurs pro­fes­sion­nels à ampli­fier leur rôle et à encou­ra­ger les polé­miques non pro­duc­tives. Dans ce cas, pour­quoi conti­nuons-nous à râler ?

La science avance plu­sieurs expli­ca­tions. C’est sou­vent une habi­tude tel­le­ment ancrée qu’elle finit par deve­nir invi­sible. Elle peut être née du fait d’avoir vécu dans un envi­ron­ne­ment qui a façon­né notre manière de conce­voir le monde. Elle peut aus­si jaillir spon­ta­né­ment avec ou sans rap­port direct avec les évé­ne­ments res­sen­tis. Aus­si néga­tive que soit cette atti­tude, elle a pour­tant une fonc­tion sociale. Pes­ter contre tout et n’importe quoi est sans effet mais par­fois, s’il y a une « bonne » rai­son, cela peut être une façon d’engager la conver­sa­tion et, indi­rec­te­ment, de se rap­pro­cher de ceux qui nous écoutent nous plaindre et réflé­chir aux consé­quences impré­vues ; en effet,  en s’appuyant sur ce qu’il prend pour une pro­vo­ca­tion, le râleur recherche l’approbation de ses pairs et trans­forme, à son avan­tage, les incon­vé­nients de la situa­tion. Aus­si étrange que cela puisse paraître, râler est une sorte d’acte créa­tif, pas for­cé­ment celui que nous pour­rions croire !

Fina­le­ment, que faut-il rete­nir de tout cela ? Si râler ne fait pas de quelqu’un une mau­vaise per­sonne, bien au contraire, cela peut, par contre, réduire for­te­ment la qua­li­té de son image. Lut­ter contre ce plai­sir cou­pable qu’est celui de râler, assu­mer les pen­sées per­çues comme néga­tives, qui quel­que­fois ne le sont qu’en appa­rence, c’est réa­li­ser que ces pen­sées ne sont pas uni­que­ment néga­tives. Ce sont juste des pen­sées. Une fois que nous avons accep­té le fait que nous sommes le créa­teur de ces pen­sées, nous pou­vons les modi­fier selon notre volon­té.

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