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La plaine : quel amé­na­ge­ment après le Covid ?

par | 1 mai 2020 | Envi­ron­ne­ment, Triel-sur-Seine

Cré­dit pho­to (DR)

Le dépar­te­ment porte un pro­jet de réamé­na­ge­ment de la route entre Car­rières et Triel mais, au lieu de favo­ri­ser les trans­ports en com­mun entre ces deux villes satu­rées par les voi­tures, il veut encore favo­ri­ser l’usage de la voi­ture, une vision reto­quée par l’Autorité envi­ron­ne­men­tale.

Ce texte pro­vient du site offi­ciel de cam­pagne de la liste Triel à Venir(link is exter­nal).
Alors que l’enquête préa­lable à la décla­ra­tion d’utilité publique s’est dérou­lée du 16 jan­vier au 5 février 2020, les impor­tants pro­jets qu’elle sous-tend posent de vraies ques­tions de socié­té. Que veut-on réel­le­ment pour cette plaine de 334 hec­tares, entre Chan­te­loup, Car­rières-sous-Pois­sy et Triel-sur-Seine ? Quel type de déve­lop­pe­ment per­met­tra un ave­nir meilleur ? Les enjeux sont majeurs et les solu­tions dif­fèrent.

L’enquête publique était une l’enquête par­cel­laire, sur le ter­ri­toire des com­munes d’Achères, Car­rières-sous-Pois­sy, Chan­te­loup-les-Vignes et Triel-sur-Seine, afin de déter­mi­ner les emprises fon­cières néces­saires à la réa­li­sa­tion de la liai­son RD 30-RD 190, avec un nou­veau pont à Achères. Il s’agit de réa­li­ser les expro­pria­tions néces­saires aux deux pro­jets.

Un contre­sens his­to­rique

Pour­tant, on sait depuis long­temps que le “bou­clage” de la Fran­ci­lienne n’aura jamais lieu. Le pro­lon­ge­ment de la route rapide RN 184 via un nou­veau Pont à Achères vers le nou­veau pont de Triel, dit “A 104bis”, et la créa­tion d’un “bou­le­vard urbain” sur­di­men­sion­né (RD190) de Pois­sy jusqu’au milieu de la plaine, près de Triel, vont à rebours de l’histoire et posent de nom­breuses ques­tions.

En effet, pour per­mettre d’aller vers l’objectif de réduc­tion des émis­sions de car­bone de 40 % d’ici 10 ans, les inves­tis­se­ments publics doivent être désor­mais orien­tés vers l’amélioration de l’offre de trans­ports collectifs(link is exter­nal) et la struc­tu­ra­tion des modes de dépla­ce­ment “doux”, moins pol­luants et moins émet­teurs de car­bone. Il faut per­mettre aux per­sonnes de repor­ter leurs dépla­ce­ments vers des trans­ports publics diver­si­fiés et mieux caden­cés.

De plus, les conclu­sions pré­cé­dentes des études sur le pro­jet d’A104 étaient toutes néga­tives. Depuis plus de 25 ans, ministres, élus, popu­la­tions s’y sont oppo­sés. Les der­niers avis néga­tifs pro­viennent du rap­port Duron et des Assises de la Mobi­li­té, en 2018, qui pré­co­nisent d’investir dansr les trans­ports col­lec­tifs et l’aménagement de modes de dépla­ce­ment doux(link is exter­nal).

Au lieu de cela, lorsque l’on crée des routes(link is exter­nal), l’augmentation du tra­fic et de sa conges­tion est sys­té­ma­tique. Avec le train des aug­men­ta­tions de pollutions(link is exter­nal) sonores et de pol­luants atmo­sphé­riques (pous­sières, oxydes d’azote, CO2) qui nuisent lour­de­ment à la san­té des per­sonnes. Triel en subi­ra aus­si les consé­quences.

La béto­ni­sa­tion néces­saire pour faire des routes, puis des bâti­ments, l’arrachement des arbres en place, le modèle agri­cole inten­sif, impactent sévè­re­ment la biodiversité(link is exter­nal). Les scien­ti­fiques ont consta­té la dis­pa­ri­tion ver­ti­gi­neuse de plus de 70 % des insectes en 30 ans et d’un tiers des oiseaux des champs en 15 ans. Il faut donc inver­ser la ten­dance ; c’est une urgence !

La ques­tion posée est celle du modèle de déve­lop­pe­ment. Ces pro­jets sont dans les car­tons depuis plus de 60 ans. En a‑t‑on vrai­ment besoin aujourd’hui ? Pen­dant que le tra­fic rou­tier va en décrois­sant depuis quelques années (-5 % entre 2000 et 2010), les besoins de la région en agri­cul­ture diver­si­fiée, durable et locale sont impor­tants et cru­ciaux pour l’avenir.

L’urbanisation à outrance est-elle une condi­tion réel­le­ment néces­saire et dési­rable à une heure de Paris ? Ne vau­drait-il pas mieux pro­mou­voir la san­té et la qua­li­té de vie et la pro­tec­tion de la nature dans notre envi­ron­ne­ment ?

La plaine mérite mieux

L’EPAMSA a lan­cé un appel à mani­fes­ta­tion d’intérêt en octobre der­nier sur la ques­tion des pro­jets à mener dans la plaine. Un col­lec­tif d’associations, Alter­na­tives en Val­lée de Seine, a contri­bué en pro­po­sant un pro­jet qui allie tech­no­lo­gie, éner­gies renou­ve­lables, éco­no­mie cir­cu­laire et déve­lop­pe­ment durable. Il remet l’agriculture, la nature et la bio­di­ver­si­té au pre­mier plan, avec la créa­tion d’emplois et des condi­tions de vie plus agréables et inclu­sives.

Cette “plaine mar­tyre” a besoin d’attention, mais pas de nou­velles infra­struc­tures rou­tières.
C’est pour­quoi, Triel à Venir plaide pour un amé­na­ge­ment raisonné(link is exter­nal) et durable de la plaine.

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