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Histoire contemporaine

La Plaine : où sont les moulins ?

Par : 
Mac Guffin
En 1990, l’équipe majoritaire d’Amour Quijoux savourait le lancement d’un projet UNNOTEC* à Triel sur Seine. Par la suite, la crise immobilière a été un facteur prépondérant de l’abandon de ce projet. Cependant, cela n’explique pas tout ; la faiblesse économique de notre commune reste préoccupante. 
 
Afin de relancer le développement économique triellois, l’élève J-P Houllemare voulait dépasser son maître, en concrétiseant les grands projets annoncés.
 
Article repris de Nouvelles de Triel, n° 14 du 15 mai 2002, page 5.
 
Selon l’aménageur Espace Conseil, partenaire du Groupe Richelieu, la ZAC en gestation sur la Plaine** présente des obstacles majeurs : contraintes réglementaires, pollution des sols, futur emplacement de l’usine du SIAAP (Syndicat Interdépartementale pour l’Assainissement de l’Agglomération Parisienne) et morcellement foncier. 
Suite à ce diagnostic, un groupe de travail de la municipalité a validé les grandes options de la proposition d’aménagement d’Espace Conseil :
- créer une zone ouverte au centre, espace naturel et de loisirs, organisé le long des berges de la Seine et autour de l’Etang Cousin;
- aménager une zone dédiée à l’industrie de l’environnement au Sud, en rassemblant dans un espace cohérent, les industries liées au traitement des déchets et à l’est de la RD 190, à côté de l’usine d’incinération AZALYS, l’usine d’épuration du SIAAP. 
La convention signée le 12 janvier 2000 entre Triel sur Seine et l’aménageur Espace Conseil distingue deux périmètres :
- un périmètre d’études (170 ha),
- un périmètre d’aménagement de la 1ère phase (20 ha).
Sur les 170 ha d’emprise du projet proposé par la ville de Triel, il y aura également une Cité de l’Environnement, un parcours vélo, une ferme pédagogique et un centre équestre. La réalisation d’une ZAC (Espace Conseil sera l’aménageur choisi) de 20 Ha permettrait d’exploiter le sable qui se trouve en sous-sol de la Ferme des Grésillons. 
L’exploitation du sable dans l’emprise de la Ferme des Grésillons et des terrains d’épandage de la Ville de Paris était prévue par le SIAAP dans le cadre de la création de son usine et des bassins. le présent projet prévoit, en revanche, que les terrains, inclus dans l’opération d’aménagement de la 1ère phase, soient exploités sur une durée prévisionnelle de 10/12 ans par la ville de Triel; l’aménageur de la 1ère phase devra garantir la cohérence du schéma et du phasage d’exploitation avec les orientations du schéma d’aménagement. 
Se basant sur une étude de 1997 (SARRY 78), l’étude de marché a souligné la «médiocre qualité» du site triellois, soit la vente de droits de construire (SHON) à 38,11 euros/m2 : le besoin financier pour la réalisation d’une ZAC d’environ 20 ha se situe dans la fourchette de 2,74 à 3,35 Millions d’euros. D’où l’importance de l’exploitation du sable pour pouvoir équilibrer cette ZAC sinon Triel sur Seine risque d’alourdir ses finances publiques en garantissant financièrement cette ZAC ou en donnant une subvention classique pour un aménagement nécessaire mais coûteux.  Aucun bilan prévisionnel n’a été présenté en 2002 pour étayer l’idée selon laquelle cette ZAC serait équilibrée financièrement.
 
Le 11 avril 2002, J-P Houllemare est parti dans un mano a mano avec  le SIAAP. Ce projet de ZAC, selon la version David contre Goliath (SIAAP), «respecte la vocation paysagère prévue par le SDRIF (NDLR : le SCOT après la loi SRU)».  Si la tenacité du maire de Triel est respectable (il ira jusqu’au Conseil d’Etat pour s’opposer au diktat du SIAAP), cette affaire démontre le manque de concertation depuis le départ. Mais, le SIAAP et tous les acteurs (dont les collectivités de droite comme de gauche) ont joué la montre avec l’avantage de disposer de la maîtrise foncière, et en s’appuyant sur le sacro-saint principe de l’intérêt général***. Alors donc, Don Quichotte !
 
Notes :
* Sur la Rive Gauche, il s’agissait d’un institut de recherche d’une superficie de 5 ha. Ce centre offrait à une trentaine de PMI/PME un centre commun de gestion pour abriter le serveur UNNOTEC dont la mission était d’aporter contractuellement  à ces entreprises un soutien dans la valorisation de leur capacité et savoir-faire. Mais ce projet a été abandonné comme les deux ZAC (13 ha et 50 ha) du secteur Sud dans les années 90.
** Voir la carte en couleur dans Triel Info n° 51, octobre-novembre 2000, page 3.
*** L’arrêt du projet d’intérêt général, PIG, a été publié le 20 décembre 2000.
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