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Solidarité

A Achères, 400 Tibétains vivent dans des conditions indignes

Par : 
Rodrigo Acosta et correspondants

A moins de 10 km de Triel, à Achères,  400 demandeurs d’asile principalement tibétains vivent dans des conditions indignes dans un campement. Certaines personnes hébergées au Centre de Triel y ont vécu ou y ont famille ou amis.

La Ligue des Droits de l'Homme, la CIMADE et les demandeurs d'asile concernés ont déposé, le 8 octobre, un référé liberté, contre  les préfets de la Région Île-de-France et du Département des Yvelines, le sous-Préfet des Yvelines, le directeur général de l’Office français de l’Immigration et de l’Intégration, le directeur de l’Agence régionale de santé des Yvelines et le maire d’Achères.

Ainsi, sont invoqués l’atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales par le refus d’octroi des conditions matérielles d’accueil des demandeurs d’asile, le droit à un hébergement d’urgence, l’atteinte au principe de dignité, la prohibition des traitements inhumains et dégradants, afin que soient ordonnées des mesures nécessaires pour faire cesser ces atteintes.

Depuis mai 2019, des demandeurs d’asile tibétains sans-abri étaient installés à Conflans-Sainte-Honorine sur la passerelle Seine de Conflans, puis sur la rive gauche sous le pont de la RN 184. Les conditions de vie étaient précaires, mais ils avaient un accès facile à l’eau sur les quais de Conflans et pouvaient bénéficier des repas servis aux sans-abri par l’association La Pierre Blanche. Le 18 juillet, un arrêté d’expulsion émanant du maire de Conflans a été affiché à proximité de ce campement, sans mise à l’abri alors même qu’il y était indiqué   : «... considérant la présence d'enfants dans ce campement sauvage".

Malgré une mobilisation d'un collectif de soutien aux réfugiés et aux sans-abris de la Confluence, rien n'a été fait pour trouver des conditions dignes pour accueilir ces Tibétains fuyant le régime de Pekin. Interpellés par le réseau Accueil des Migrants en Yvelines (AMY, http://reseau-amy.org), le préfet des Yvelines n'a pas donné de réponse à cette crise qui s'amplifie au fur à et mesure que le temps passe. Selon le collectif, "en réponse, une expulsion sans hébergement ni mise à l’abri a eu lieu le 1er août 2019 en présence du Sous-Préfet de Saint-Germain-en-Laye et de la police nationale de Conflans. Les autorités évaluent la présence de 150 personnes et leur demandent de partir en leur remettant un document de l’OFII indiquant seulement des adresses d’accueil de jour (in)susceptibles de leur apporter une solution d’hébergement. Les Tibétain.e.s partent s’installer à Neuville-sur-Oise mais la police de Cergy va les évacuer. Ces demandeurs d’asile iront alors monter leurs tentes dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye d’où ils seront également expulsés, pour la troisième fois dans la même journée, par la police de Saint-Germain qui les guidera sur un terrain d’Achères, à la lisière Saint-Jean."

Constatant cette impasse, le collectif est passé sur le terrain du contentieux afin de faire réagir l'Etat. Selon le communiqué du 10 octobre, "ils sont près de 400, dont près de la moitié de femmes et quelques enfants, vivant sur ce campement indigne sans douches, sans sanitaires, sans électricité, et sans un toit pour se protéger des intempéries, avec un accès à l’eau insuffisant (2 robinets d’eau depuis le 12 septembre au bord du chemin). Nous dénonçons l’indignité de ces conditions de vie et d’accueil qui constituent une atteinte aux droits fondamentaux. Face à la situation d’urgence, aggravée par les conditions météorologiques et l’absence de moyens d’accueil compatibles avec la dignité, et tout en déplorant que les autorités comptent ainsi uniquement sur les bénévoles pour ce qui relève de leurs obligations".

Enfin, le collectif a lancé un appel à la solidarité de tous les citoyens pour qu'ils apportent un soutien matériel et humain à ceux qui sont actuellement en grande difficulté dans ce campement.

Contact : Contact-refugies-confluence@framaliste.org

 

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