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Projets contestés

Projet de carrière, un scandale de plus : le ministère de la Transition écologique et solidaire approuve un dossier inacceptable

Par : 
Rodrigo Acosta et correspondants

Ces derniers jours, à Sailly, Juziers et Brueil-en-Vexin, des défenseurs de la nature ont bloqué trois permanences des commissaires de l'enquête sur le PLUi de GPS&O, en protestation contre des enquêtes publiques bidon. Ainsi, l'opposition au projet de carrières a été superbement ignorée (sur 2000 contributions à l'enquête publique, 1700 contre, dont de nombreuses contributions d’élus et de conseils municipaux). Les militants de l'Association vexinoise de lutte contre les carrières cimentières (AVL3C) ne lâcheront-ils jamais ? 

Une journaliste de France Bleu, présente lors du troisième épisode, à Brueil samedi 15 juin, a cherché à joindre le ministère  de la Transition écologique et solidaire.  C’était un samedi ; elle n’a eu qu’un correspondant anonyme, mais habilité à lui parler.  Voici donc le point de vue du ministère de la Transition écologique tel qu'elle le publie :

 

" [...] L'Etat n'a aucun motif pour refuser l'autorisation d'exploitation. [...] Calcia a apporté plusieurs garanties nécessaires notamment concernant la restitution de 80 % des terres exploitées, la protection des nappes phréatiques, la mise en place d'un convoyeur entre la carrière et la cimenterie mais aussi un investissement de 10 millions d'euros pour limiter les émissions de poussière. Des garanties nécessaires à l'Etat qui affirme qu'aucune des alternatives étudiées n'apporte un meilleur bilan écologique global. "

https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/yvelines-les-habitants-de-brueil-en-vexin-se-mobilisent-contre-le-projet-de-calcia-d-etendre-sa-1560621086

Voici l'avis des miiltants de l'AVL3C, qui considèrent ces propos scandaleux : "L’Etat n’a aucun motif pour refuser l’autorisation d’exploitation". Qui a pris en compte les réserves majeures des commissaires enquêteurs et l’opposition des élus ? Calcia aurait apporté des garanties.  Quand et comment?

Revenons sur les points soulevés :

Point 1. Garanties de restitution des terres
A quelles études renvoie le ministère pour contredire l’avis de la Chambre d’agriculture pointant l’impossibilité de conserver les qualités des terres stockées ? Ou les propos tenus devant nous par un agriculteur de Guitrancourt disant que les terres restituées avaient en effet une productivité normale…. au bout de 40 ans. 

Point 2. Les nappes phréatiques
Calcia a apporté des garanties. Où sont-elles? Pourquoi, après clôture de l’enquête publique émettant de grosses réserves, a-t-il été proposé au PNR de refaire des études ? Est-ce prce que les études Calcia ne disent pas où est la cote des plus hautes eaux, n’étudient pas le battement de la nappe pendant au moins vingt ans, alors qu’on n’est nullement à l’abri d’épisodes de pluies ou de sécheresses hors normes ? Sur quoi se fonde le ministère pour affirmer que cette très importante réserve d’eau potable ne court aucun risque alors que les commissaires enquêteurs ont dit le contraire ? 

Point 3. La mise en place d'un convoyeur
Ce n’est nullement  un effort de l’industriel obtenu dû à la soit disant  « concertation ». Ce convoyeur était prévu par le décret de  création de la zone 109 en 2000. Il ne résout nullement les nuisances de transport de millions de m3 de terre jusqu’à Guitrancourt, qu’il faudra reboucher, du lundi au samedi, de 7 h à 21 h.  Les deux villages les plus proches, Brueil et Sailly, sont à 500 m de ces joyeux ballets de poids lourds et, de plus,  sous le vent.

Point 4. Un investissement de 10 millions d’euros pour limiter les émissions de poussières
Il n’y aurait que des poussières, sortant des cheminées de la cimenterie ? Qu'en est-il des oxydes d’azote, des métaux lourds ?   Nous nous sommes récemment élevés contre l’arrêté préfectoral du 30 avril 2019, permettant à l’industriel de continuer à balancer ses poussières sur la population de Juziers-Gargenville jusqu’en 2022 alors qu’un arrêté de 2015 lui ordonnait de les réduire au plus tard en avril 2017. Ce qui nous fait hurler c’est que l’Etat trouve normal ce chantage à la nouvelle carrière qui dure depuis 20 ans : on ne modernisera que quand on aura la nouvelle carrière.

Vu les risques sanitaires pour la population, c’est abject et cynique, selon les défenseurs du Vexin dans son état naturel.

Point 5. Aucune des alternatives étudiées  n'apporte un meilleur bilan écologique global.

Nous sommes curieux de voir les études réalisées pour prouver que les alternatives proposées ne sont pas crédibles.

Il est à regretter que le ministère de la Transition écologique et solidaire ne soit pas au courant de la baisse de consommation du clinker(1) qu'il doit absolument encourager (5 % du CO2 mondial vient de l'industrie cimentière) et qu’il n’ait pas été informé de la baisse constante du clinker (donc du calcaire) dans le ciment qui est passée de 70,9 % en 2011 à moins de 30-35 % actuellement pour certaines qualités de ciment. Ceci rend la cimenterie de Gargenville encore moins indispensable.

 

Elus et les opposants invitent tous les habitants à rejoindre le groupe qui ira au ministère de M. de Rugy, le jeudi 27 juin dans la matinée, pour réaffirmer leur ferme opposition (contacter la mairie de Brueil).

Citoyens, habitants, membres d’associations, nous vous invitons vivement à rejoindre la "manif de parking" devant la salle des fêtes de Gargenville le 27 juin à 15 h 30 afin de saluer les élus communautaires qui refusent ce projet (c’est-à-dire une large majorité) et les encourager à rester ferme : pas de carrière, reconversion de la cimenterie, pour un PLUi respectueux du climat et de l’environnement.

 

​Information de dernière minute : publication de ce jour au journal officiel :
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=5B395DCEC23FCE33B8D79C7BEF6EEC37.tplgfr36s_3?cidTexte=JORFTEXT000038632054&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038631814

 

Note

1. Le clinker est un constituant du ciment, qui résulte de la cuisson d'un mélange composé d'environ 80 % de calcaire (qui apporte le calcium) et de 20 % d'aluminosilicates (notamment des argiles qui apportent le silicium, l'aluminium et le fer).

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