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La mémoire de GPS&O

Des chansons à Villennes aux pièces de théâtre et romans aux Mureaux, Jean Péheu et sa fille Jeanne à l'écriture et sur scène

Par : 
Michel Kohn- ACV, la mémoire de Villennes

L'élaboration du rallye pédestre des 2 Rives de Seine (& Oise), qui s'est déroulé aux Mureaux le 25 mai 2019, nous a fait connaître diverses anciennes célébrités de cette ville. Cet article concerne l'une d'elle qui a un lien avec Villennes, découvert à cette occasion. Jeanne Péheu, qui s'est fait connaître en littérature sous les noms masculins Grégoire Leclos et Jean Murelli, était la fille de Jean Péheu, un chansonnier de Montmartre qui possédait une maison à Villennes et a animé la vie locale.

Jean Péheu avait choisi une maison de l'ancien centre de Villennes pour en faire sa résidence. Sa fille Jeanne, qui avait pris le pseudonyme Grégoire Leclos en littérature, était très attachée à la ville des Mureaux où elle a, longtemps, habité : elle a signé certains de ses romans du nom Jean Murelli, correspondant au premier nom de la ville, faisant référence à ses murs et ses murailles.


Jean Péheu, chansonnier à Montmartre, animateur des fêtes villennoises

Jean Péheu (1872-1949) était chansonnier à Montmartre, où il avait installé son cabaret Le Théâtre de l’Abri, après la Première Guerre mondiale. Il le dirigea jusqu’en 1930. Un article du journal Comoedia du 22/10/1919 nous donne des précisions :
 
A l'heure actuelle, après des fortunes diverses, l'ancienne Sirène, devenue L'Abri, est dirigée par M. Jean Peheu, que seconde avec une activité inlassable Mlle Carmen Agius, danseuse fantaisiste-barmaid-costumière-diseuse et chanteuse. Mlle Carmen Agius possède, dans un étrange petit corps toujours en mouvement, une activité étonnante. M. Jean Peheu eût pu être un excellent comédien. En homme pratique, il préféra se consacrer au concert et à la chanson. J'en ai souvent éprouvé quelques regrets pour le théâtre. M. Jean Peheu, à l'époque où il jouait sous le nom de Fernandez, m'a laissé, dans un petit drame d'Oscar Méténier qui fut un modèle du genre granguignolesque, une impression de force et de terreur que je ne saurais oublier. J'aurais souhaité lui voir jouer L'Avare et des pièces du répertoire classique. La chansonnette et l'opérette légère l'attirèrent davantage.
 
 

Nous pouvons écouter son interprétation de sa chanson Elle avait un chien (1910), en cliquant ici.

En 1934, Jean Péheu a acquis le théâtre Paris-Folies, rue Montmartre. Se présentant toujours en costume bleu tendre sur scène, il a été l’un des imitateurs les plus célèbres de Mayol.
Jean Péheu a acquis une maison à Villennes, à l’une des extrémités de la ruelle de la Lombarde ; il l’a nommée “Bravo Bis”. Conseiller municipal, président du Comité des fêtes, il était devenu l’organisateur des festivités villennoises. A la fin des années 1920, il dirigeait la fanfare de Villennes.

Mary Perret, comédienne


Mary Perret chantait et jouait la comédie. Alors qu’elle se produisait, au Théâtre Parisiana, en avril 1907, dans une fantaisie-vaudeville intitulée Les Colles de la femme, Le Journal amusant a écrit “On perret pour la voir et l’entendre” ! En 1909, dans l’opérette Béguin re roi à l’Alcazar, elle jouait Juliette, face à un Roméo. “C’est moins triste que dans Shakespeare”, a commenté le journal Comoedia qui a ajouté : “Mary Perret, la gamine parisianette, au sourire aguichant, la gentille et à la fois très en chair Mary Perret, dont la jolie frimousse est appétissante comme de la pâtisserie.” En 1910 et 1911, elle était à La Scala, où elle a, notamment, joué dans une opérette à grand spectacle très applaudie Pâris ou le bon juge. Le journal Comoedia a jugé quelle était une Junon admirable au jeu intelligent et sûr. Elle a continué sa carrière au Théâtre des Variétés, à partir de 1913, commençant par un rôle dans La vie parisienne.

 

Elle était une amie d’Yvonne Printemps et de Pierre Fresnay.
 

 

 

 

Jeanne Péheu, alias Grégoire Leclos, alias Jean Murelli, auteure de pièces de théâtre et de romans

Née à Paris en 1898, Jeanne Péheu s’installa, vers 1925, aux Mureaux, où vivait une partie de sa famille ; elle baptisa “L’ourserie” sa dernière maison, rue Maurice Berteaux ; elle y vécut jusqu’à son décès, à l’âge de 84 ans, en septembre 1982. Elle repose au cimetière de Meulan. Une rue des Mureaux porte son nom.
 
C’est sous le nom Grégoire Leclos qu’elle se fit connaître. Elle avait fondé aux Mureaux, en 1928, une compagnie de théâtre “Les trétaux de Grégoire”, dont elle avait recruté les comédiens parmi ses amis et ses relations. Des acteurs professionnels, notamment sa mère Mary Perret, se joignaient souvent à la troupe. Elle-même assurait la mise en scène. Cette troupe muriautine fut active pendant 30 ans.
 
De 1928 aux années 1950, Grégoire Leclos a créé plusieurs revues, mêlant musiques, chansons et théâtre. Elles étaient inspirées par des histoires locales, qui brocardaient des personnalités et des commerçants de la ville. Après la Deuxième Guerre mondiale, ses spectacles bénéficièrent de la collaboration de Denise Gence, de Frédérique Hébrard et de Louis Velle.
 
Devenue célèbre dans les années 1930, elle a écrit pour le théâtre jusqu’en 1958. Après avoir rencontré, en 1954, un habitant des Mureaux nommé Frédéric Dard, qui l’a présentée au dirigeant des Editions du Fleuve Noir, elle y a publié des romans d’épouvante. Alors que, dans ses romans signés Grégoire Leclos, son style est très soigné, ceux publiés sous le nom Jean Murelli, sont emplis d’un langage fleuri et de mots argotiques. Frédéric Dard l’avait certainement influencée !
 
Son œuvre comprend une quarantaine de pièces de théâtre et de romans, dont onze romans publiés dans la collection “Angoisse” des Editions du Fleuve noir et un dans sa collection “Police”.
 
 
 
Sources 

- Résultats de nos recherches dans la presse ancienne (Gallica, bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France)
- Ouvrage Fouiller dans le passé - Les Mureaux de Marcel Denis (Médiathèque des Mureaux)
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