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Vie municipale

Rififi à Vernouillet : la majorité des frondeurs pousse le maire vers une réélection partielle

Par : 
Rodrigo Acosta et correspondants

Depuis le 24 janvier, Vernouillet et son maire sont entrés dans une période de turbulence politique qui va, peut-être, se conclure par une réélection partielle, sauf si le sous-préfet en décide autrement. Les douze mois qui viennent seront palpitants pour les amateurs de romans à suspense ! 

Aux urnes sous trois mois

Jean-Yves Denis, porte-parole des frondeurs du conseil municipal de Vernouillet, a annoncé, le 8 avril 2019, sur sa page Facebook que les électeurs vernolitains vont aller "aux urnes sous trois mois" en raison de la démission collective des frondeurs. Contacté par la rédaction, Jean-Yves Denis a confirmé cette décision : une démission collective "a [été] déposée ce lundi 8 avril 2019 en Préfecture de Versaille :, les démissions de 5 adjoints au maire, de 10 conseillers municipaux et les refus de siéger des 3 derniers colistiers de l’ex-majorité municipale". Conformément à l’article L258 alinéa 2 du code électoral, dans l’année qui précède le renouvellement général des conseillers municipaux, les élections complémentaires sont obligatoires si le conseil municipal perd plus de la moitié de ses membres, ce qui est donc le cas puisqu’ils laissent 15 sièges vacants sur 29.

Un retour en arrière s'impose :  les élus majoritaires avaient retiré les délégations du maire lors du conseil municipal du 21 février 2019. Ils dénonçaient déjà les risques psycho-sociaux et l’hyper-concentration des pouvoirs. Ils avaient demandé la démission du maire, M. Pascal Collado, qui a souhaité se maintenir contre toute logique en pareille circonstance. Cela n'a rien changé à sa détermination à combattre ses anciens amis. Il a utilisé toute la panoplie du Code général des collectivités territoriales pour retarder le moment fatidique de sa mise à l'écart. Ainsi, le maire avait à son tour, par des arrêtés signés le 11 mars 2019, réorganisé les délégations et les missions des élus, sans concertation ni accord, ni logique de compétences, retirant à ces élus leurs principales délégations (finances, urbanisme, travaux, affaires générales, éducation et scolaire) et leur imposant de nouvelles missions dont certaines, fantaisistes, en dehors du champ de compétences de la ville. Les cinq adjoints concernés, soutenus par les dix autres conseillers municipaux,  ont donc déposé 5 requêtes en annulation. Elles étaient en cours d’instruction au Tribunal Administratif de Versailles, le 22 mars 2019ais le temps des tribunaux est lent.

Il fallait agir vite pour contourner le problème politique de l'adoption du budget, prévue en avril 2019. Selon nos informations, M. Collado a fait marche arrière et a informé les frondeurs des faits suivants : 
- annulation des commissions (finances, urbanisme, etc.) avant le conseil municipal, qui portait sur les anciennes délégations des frondeurs, sans explication ;
- nouvelle convocation au conseil municipal a été notifiée, le lundi 8 avril, pour le lundi suivant à 20 h 30.

Le préfet pourrait prendre la main

Devant cette manœuvre, les frondeurs avaient déjà leurs munitions et ont agi sur le plan administratif et politique. Avec cette démission du 8 avril, le sous-préfet a pris acte et devrait annoncer la décision et les dates d'une réélection municipale partielle. Le maire reste à son poste, mais il est affaibli car la gestion et le budget ne sont plus de son ressort.  En effet, le budget de la ville, qui ne pourra pas être voté dans le délai imparti par le CGCT (fixé au 15 avril), devrait donc être transmis par le préfet à la Chambre Régionale des Comptes. Elle lui formulera des propositions pour son règlement. Le préfet règlera le budget et le rendra ensuite exécutoire. De l’aveu même de ces élus « c’est une nouvelle épreuve que nous affronterons avec humilité et espoir. » En effet, le retour aux urnes implique une prise de risque. « Nous sentions que nous ne pourrions pas tenir encore un an dans ce contexte », l’escalade de la violence étant devenu inéluctable et, surtout, l'instabilité politique persistant.

En conclusion la campagne municipale a commencé à Vernouillet. Dns le souci de tenir les engagements vis-à-vis des Vernolitains jusqu’en 2020, les quinze frondeurs entendent bien proposer à nouveau, dans les plus brefs délais, un projet structuré et volontaire ; celui-ci sera porté par une liste soudée dans l’objectif de restaurer la confiance, la sérénité et la bienveillance. Seront-ils capable de convaincre ? Que fera-t-on du côté de l'opposition historique, c'est-à-dire le groupe de Mme Marie-Hélène Lopez-Jollivet (qui n'est plus socialiste mais marcheuse !) ? Du côté de la mairie, le silence est la règle et on attend avec impatience la réaction de M. Collado. 

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