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Vœux 2019

Médan veut préserver son caractère bucolique

Par : 
Rodrigo Acosta et correspondants

Madame Karinne Kauffmann, maire de Médan, a accueilli environ 200 personnes lors de la cérémonie de vœux de la bonne ville de Médan. C'était l'occasion de tirer un bilan et de dresser des perspectives pour les années à venir. La question de la place et du rôle des "petites" communes en est la toile de fond. 

Médan est un lieu magnifique et le fait de célébrer les vœux aux bords de la Seine permet de se rendre à cette évidence. Vers midi , le 26 janvier, tout le monde était sur place pour écouter le message annuel à la population, aux personnalités et aux représentants des institutions présents. 

La première annonce de Mme Kauffmann concernait le budget : Médan gère bien ses finances, sachant où investir, dans le patrimoine ! Mme Kauffmann compte récupérer le sous de Médanais, suite à la victoire probable des sept communes(1) de l'est de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O) dans leur litige avec cette intercommunalité. Ces  communes ont contesté le pacte fiscal qui avait été "transféré à la communauté urbaine" sans faire une péréquation entre les 73 communes. Le gain probable pourrait représenter environ 77 000 euros par an, soit 3,5 points de taux d'imposition foncière. La frugalité semble être le mot-clé de la politique publique de Mme la maire : "La sauvegarde de notre patrimoine" cible l'école, l'accueil de la mairie et les services techniques, l'église, le lavoir de la rue Pasteur. C'est fondamental pour la mise en œuvre d'une politique d'offre touristique proposée par la majorité actuelle. Cette politique confortera les actions de la Maison Emile Zola (lors de sa réouverture) et l'inauguration du Musée Dreyfus en octobre 2019. 

La "bétonnisation" de la commune pose problème pour la préservation du village bucolique. Au contraire, Mme Kauffmann veut "préserver" ce poumon de l'ouest de la communauté urbaine. Lors de la concertation sur le Plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi), les élus médanais et les habitants ont été appelés "à s'engager afin d'intégrer les toutes dernières modifications que l'on souhaite apporter à ce document d'urbanisme". En outre, Mme la maire s'est félicitée de l'action des parlementaires du Sénat et de l'Assemblée nationale, qui ont laissé le seuil du nombre d'habitants à 1500, sans aucune modification, pour les communes rurales comme Médan. Sans cela, Médan aurait eu la contrainte de construire 150 logements dits sociaux !

Toutefois, la pression foncière vient de l’extérieur, apparemment des environs. Ainsi, la tentation de fusion communale entre Médan et Villennes pose problème sur l'aspect bucolique de la commune. Mme Kauffmann a mis en garde ceux et celles qui "ont des velléités de fusion," qui équivaudrait "à un inexorable déclin" du village. 

Mme Karine Kauffmann a aussi dénoncé la gestion du syndicat SIARH, pour sa gestion de l'assainissement. Depuis 2015, la commune n'a pas constaté d'améliorations dans son réseau. Pire, elle a été menée en bateau par un sordide "prétexte" par certains élus et dirigeants du syndicat SIARH : "Les élus du SIARH ont refusé d'intégrer ces travaux dans le budget au motif que ce réseau serait un réseau de collecte et non de transport, qui ne relèverait pas de sa compétence". Furieuse, elle a accusé la direction, tout en épargnant son président (NDLR : Karl Olive) de faire perdre du temps et de l'énergie à tous. Son attaque était cinglante : "Je m'insurge contre le fait que sous ce mandat, aucun centime du candidat n'aura été attribué à la création d'un nouveau réseau sur son territoire de onze communes alors que ses élus ont choisi d'investir 1,2 millions d'euros dans la construction d'un bâtiment totalement inutile, suivant un raisonnement économique largement contestable, relevant d'une autre époque".  Avec l'arrivée de la communauté urbaine GPS&O, on recommence et Mme Kauffmann s'est considérée comme Pénelope : on tricote et on détricote... tout en attendant une fin paisible.

A propos des bords de Seine, cela fait cinq ans que Mme Kauffmann a tenté d'œuvrer "pour faire avancer des projets privés en accordant des permis de réhabilitation sur cette rive... [Et] comment aller de l'avant sans avoir nous-même la maîtrise du foncier ?" C'est une vaste question qui nous conduit à garder une certaine vigilance pour tous les (futurs) acteurs de Médan et ses environs.  Après tout, Médan restera un lieu sympathique pour les randonneurs avec ou sans aménagement nouveau.

 

 

Note :

1. Andrésy, Chapet, Orgeval,  Médan, Triel-sur-Seine, Vernouillet, et Villennes-sur-Seine. 

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