Vous êtes ici

Année Mirbeau

Triel rend hommage à son écrivain

Par: 
Rodrigo Acosta

Les Comédiens de la Tour de Triel-sur-Seine continuent à rendre hommage à Octave Mirbeau dans leur nouveau spectacle dans le cadre du centenaire de sa mort. Depuis le 17 février 2017, les Comédiens de la Tour ont joué quatre courtes pièces tirées de  « Farces et moralités » ; c’est un nouvel hommage à Octave Mirbeau, l’auteur dramatique dont le nom figure en bonne place dans leur répertoire dramatique. En coulisses, tout le monde s'agite afin de montrer un semblant de consensus pour rendre hommage à Mirbeau. Le grand absent est, toutefois,   la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise qui n'a pas daigné s'intéresser au patrimoine culturel de ce "territoire en devenir". Avec de tels artistes politiques, il nous faut vite un nouvel imprécateur comme Mirbeau !

INEDIT

En coulisses, tout le monde s'agite pour rendre hommage à l'œuvre d'Octave Mirbeau, illustre écrivain qui est mort il y a 100 ans. France Inter a consacré une émission avec une affirmation : "C'est Octave Mirbeau qu'il nous faut !".  Le ministre de la Culture s'est fendu d'un communiqué élogieux, mais sans aucune conséquence sur le plan médiatique !

Les premières manifestations de l'année

Après le colloque du Sénat en janvier, Morlaix et Trévières ont pris le relais pour réinscrire le nom d'Octave Mirbeau dans l'imaginaire collectif des pays normand et breton : Samuel Lair, Pierre Michel, Yannick Lemarié et Lisa Suarez ont contribué au succès du colloque "Mirbeau et la Bretagne", au théâtre du Pays de Morlaix, le 11 février 2017. Mise à part une belle exposition de Jean Estaque intitulée "Sur les Routes d'Octve Mirbeau", du 16 février au 1er avril, au Grand Guéret, la soirée Octave Mirbeau a fait l'objet d'un débat, le 17 février, entre la romancière Brigite Piedfert et la comédienne Élane Davy. Cent-vingt personnes y ont assité.

Eloge de Mirbeau par le maire de Triel

Le même jour, la ville de Triel-sur-Seine était à l'hauteur de la situation avec le lancement officiel de l'année Mirbeau avec la séance déjà évoquée sur les quatre courtes pièces tirées de  « Farces et moralités ». Un bon échantillon des acteurs culturels de Triel à Poissy était présent pour la photo-souvenir :  Manuela Marie, maire-adjointe à la culture à Triel, Philippe Prévost, président de l'association Théâtre et culture à Triel, Joël Mancel, maire de Triel-sur-Seine et Vincent-Richard Bloch, maire adjoint à la culture de Poissy. Il faut mentionner la présence de Pascal Léveque, élu à Saint-Germain-en-Laye, venu en tant que spectateur. On s'interroge d'une manière brutale pourquoi la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O) est absente de cet hommage local et national ? Selon nos sources, les manitous de la culture de GPS&O tendent à donner tous les moyens à la culture du côté du Mantois, "oubliant" les petites communes comme Triel et les anciens membres de la Communauté d'agglomération 2 Rives de Seine. Assisterons-nous à une fronde culturelle d'Andrésy, de Carrières-sous-Poissy, de Chanteloup, d'Orgeval, de Villennes et Verneuil contre cette position politique intenable.

Au moins, M. Vincent-Richard Bloch, adjoint à Poissy, a eu l'audace de faire passer le message auprès des confrères du Courrier des Yvelines en date du 15 février. "Qui était Octave Mirbeau, mort il y a tout juste cents ans ?" était la question de cet article de vulgarisation intellectuelle.

Joël Mancel, maire de Triel-sur-Seine a donné un aperçu par ces propos idoines : " Ce journaliste, critique d’art, romancier et dramaturge Octave Mirbeau (1848-1917), n’a jamais eu d’attaches vraiment durables et de demeures permanentes : sans rien renier de ses origines percheronnes, il a toujours refusé l’enracinement barrésien. Grand voyageur à l’insatiable curiosité, puis automobiliste passionné, il a sillonné l’Europe ; soucieux de fuir les miasmes morbides des villes, de se ressourcer au sein de la nature rédemptrice et de cultiver son jardin au sens littéral du terme (il avait une passion pour les fleurs), il s’est souvent mis en quête de demeures rurales ; mais, pour des raisons professionnelles aussi bien que pour pouvoir assumer avec efficacité ses grands combats politiques et esthétiques, il devait conserver ses attaches parisiennes et ne pas trop s’éloigner des grands quotidiens, des maisons d’édition, des théâtres et des galeries de peintures. D’où de multiples déménagements, qui traduisent aussi une instabilité foncière, sans doute liée à ses déchirements intérieurs et à des exigences contradictoires. De novembre 1901 à 1909, il loue fort cher à la baronne von Zuylen, au 64 - devenu 84 - de l’avenue du Bois à Paris, un appartement de très grand standing, puis il fait construire une maison à Triel-sur- Seine, à partir de la fin 1909, la villa de « Cheverchemont » avant de mourir, au 1 de la rue Beaujon, à proximité de son médecin traitant, le professeur Albert Robin, le 16 février 1917."

Vivre notre scène passion avec les Comédiens de la Tour

Quant au J2R,  il vit avec Octave Mirbeau presque tous les jours. La séance du 17 février restera dans nos mémoires car les Comédiens de la Tour ont montré que l'on ne badine pas avec le patrimoine culturel et, notamment, avec Octave Mirbeau.

Les Amants est une farce en un acte, d’Octave Mirbeau, créée au Grand-Guignol le 25 mai 1901. Cette pièce constitue une caricature, cocasse autant que cruelle, des risibles conventions du langage amoureux et de la mystificatrice littérature à l’eau de rose.

L’Épidémie est une farce en un acte, créée au Théâtre Antoine le 14 mai 1898, en pleine affaire Dreyfus. Mirbeau situe la scène dans une ville maritime dotée d’un port de guerre et au cours d’une réunion du conseil municipal consacrée à l’épidémie de typhoïde qui commence à frapper les casernes et les quartiers misérables. Les conseillers, de la majorité et de l’opposition, sont totalement insensibles aux ravages du mal et refusent tous les crédits destinés à l’assainissement de la ville. Mais...

Vieux ménages est une comédie en un acte, créée au Théâtre d’Application le 20 décembre 1894. Mirbeau y traite, de nouveau, de l’enfer conjugal, dont il a une riche expérience, et illustre une nouvelle fois les turpitudes et la tartufferie de la bourgeoisie, dont la « respectabilité » n’est que faux semblants.

Scrupules est un conte que Mirbeau fit paraître dans Le Journal en 1896 ; puis il l’adapta pour le théâtre, le joignit au recueil de six pièces en un acte publié sous le titre Farces et moralités en 1904. Comme à son habitude, Mirbeau démystifie et tourne en dérision tout ce qu’un vain peuple respecte aveuglément : la richesse mal acquise et la réussite sociale, une « grimace » trompeuse dans une société qui repose sur le vol.

V250217

Publicité