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Santé publique

Les habitants d’Achères (78) réduits à vivre dans un cendrier en permanence

Par: 
Nathalie Fuchs

La pollution affecte tout le monde et toutes les communes de la région Île-de-France. Pendant les périodes de pic de pollution, la préfecture des Yvelines a relayé le message d'alert mais, cela ne s'est pas traduit par des mesures concrètes sur le terrain. Achères, une ville importante de la Confluence, en est un cas typique de déni de ce problème de santé publique. Certains envisagent de porter l'affaire devant les tribunaux. INEDIT.

Lundi 23 janvier 2017 alors que toutes les préfectures ont recommandé, en raison de pics de pollutions concentrés dans les grands centres urbains comme Paris et Lyon, l’arrêt des feux de cheminée d’agrément et d’appoint, à Achères, commune très urbanisée des Yvelines,  l’exposition aux particules fines émises due aux feux de cheminée à foyers ouverts d’agrément et d’appoint a continué. Il n’est plus possible d’ouvrir ses fenêtres pour aérer sans qu’un air vicié et toxique ne s’engouffre à l’intérieur des habitations ; de plus, c'est le cas même si les fenêtres sont fermées, par le jeu de la ventilation externe. Ainsi, les habitants du centre-ville, pourtant non fumeurs, en sont réduits à vivre dans un cendrier en permanence !

Pourtant ce n’est pas faute d’avoir alerté la mairie par deux fois. Il faut bien constater que le maire d’Achères, Marc Honoré (Les Républicains), n’a pris aucune mesure depuis et tout porte à croire qu’il est totalement indifférent à la santé publique de ses administrés. Preuve en est dans sa réponse au courrier d’un résident lui indiquant ces troubles de voisinage : il nie expressément les effets délétères sur la santé publique pourtant avérés des émissions de particules fines issus des feux de cheminées de particuliers ; il n'y a pas un mot sur les troubles subis pourtant évoqués : gênes respiratoires, odeur toxique qui imprègne les intérieurs des habitations, etc.  En revanche, le maire se dit « navré du « ressenti » (on serait dans le domaine du subjectif) quant à la qualité de vie. Celle-ci attire, toutefois, de nouveaux habitants, comme l’INSEE vient de le confirmer. S’il est exact qu’un maire a de lourdes responsabilités, il ne peut en revanche lutter conte certaines réalités, à savoir la « météorologie exceptionnelle de ce début d’hiver [...] et la situation géographique d’Achères » C’est comme si l'on disait aux habitants de la vallée de Chamonix, qui souffrent d’une pollution de l’air accrue ces derniers temps, qu’ils sont prisonniers du relief et de la géographie de leur ville et qu’en raison de ces éléments, pourtant contingents, rien ne peut être fait. On est dans le cynisme absolu.

De surcroit, les mesures prises par le préfet d’Île-de-France le 30 décembre 2016 qui interdisaient pourtant, jusqu’à minuit, les feux de cheminés de particuliers en chauffage d’appoint n’ont été ni relayées ni respectées par la municipalité. Tout porte à croire que le maire d’Achères n’est soucieux que de préserver son électorat parmi les « notables » de la commune, concentrés au centre-ville et principaux émetteurs de ces troubles de voisinage, au mépris des règles communes et du plus grand nombre. Alors que nous en sommes à 48 000 morts par an liés causées par la pollution de l’air en France, ce déni de la part d’un élu est proprement inacceptable et choquant. De manière à redonner un peu d’objectivité à cette pollution, des habitants évoquent la possibilité de déposer plainte pour mise en danger d'autrui et pour des troubles de voisinage.

(Cet article n'engage pas la ligne éditoriale du J2R)

 

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