Pourquoi en vouloir à ce point à l’église et au théâtre...
Que se passe-t-il encore à Triel ? Ville déjà accablée en ce moment de péripéties de toutes sortes.
Il semblerait que ce soit cette fois son patrimoine qui soit visé.
Triel s’est bien conformée à la directive européenne qui veut que les disques horodateurs pour les véhicules soient désormais uniformisés.
Côté face, il suffit de faire tourner la partie mobile pour indiquer l’heure du début de votre stationnement. Les disques sont à retirer dans les bureaux de la police municipale, en face du Trésor public. Attention, un par famille…
Le revers est beaucoup plus étonnant, ou savoureux, c’est selon… Un splendide plan remanié du centre-ville.
La mairie ferait bien d’en déposer rapidement le brevet d’exclusivité. Elle pourrait ainsi faire sienne l’idée de puzzles éducatifs applicable à toutes les agglomérations, à destination des enfants du primaire – et sans doute au-delà – pour leur apprendre à reconstituer leur ville à partir d’éléments disparates. On pourrait également imaginer un jeu de société du type « Vrai ou Faux ». Le dépôt du brevet entraînerait pour la ville des rentrées d’argent aussi intéressantes qu’imprévues.
LE PUZZLE EXPLIQUE
PAR L’EXEMPLE
Prenons donc le plan de notre bonne ville de Triel au verso du disque de stationnement. Le jeu démarre fort. Plus d’église, pourtant le symbole qui attire tout de suite l’œil lorsqu’on cherche à se repérer sur une carte. Dommage, car l’église est la plus remarquable du canton, malgré les outrages du temps et le manque de restauration.
La mairie, fichée par une pointe au beau milieu de la rue Paul-Doumer, ferait bien de reculer pour laisser la circulation, déjà si difficile, reprendre son cours.
Le théâtre Octave-Mirbeau fait aussi partie des pièges, en étant également « oublié ». La subtilité du jeu permettrait d’imaginer là une manière de double-peine, après le nouveau refus d’octroyer la subvention symbolique à l’association du même nom, malgré l’énorme travail qu’elle accomplit pour promouvoir notre célèbre auteur local.
Quant à l’Espace Senet, il a décidé de déménager à l’emplacement de l’école Notre-Dame, laquelle a choisi d’émigrer sur le territoire de l’école Jules-Verne, cette dernière n’ayant pas encore fixé son choix sur l’emplacement où se recaser.
C’est tout ? Pas encore.
Le pictogramme désignant le service postal donne à penser que son bureau se situe au bas de la rue Galande.
La rue de l’Hautil, deuxième artère par le trafic routier, n’est pas signalée.
Si le Trésor public est bien à sa place, il n’en va pas de même de la police municipale, qui lui fait pourtant face.
UNE SELECTION
CREVE-COEUR
Le jeu pourrait ainsi se poursuivre de façon instructive et divertissante…
Mais on ne peut pas manquer de remarquer immédiatement que notre patrimoine - s’il a perdu les quelques éléments cités plus haut – se trouve tout à coup enrichi de sites remarquables nouveaux, fort bien localisés eux, et aussi visibles que lisibles.
Triel dispose sur son territoire - rive gauche comprise – d’un certain nombre de restaurants. Mais le format du plan ne permettait d’en mentionner que deux. Et le sort a désigné deux établissements de la rue Paul-Doumer.
De même, en matière d’enseignement, le hasard a désigné l’Ecole Notre-Dame. Est-ce sa faute si elle appartient au secteur privé ?
Tout habitant de Triel connaît la situation du commerce local. A côté des trop nombreuses façades de magasins abandonnées, seules prospèrent les agences immobilières (9) et les succursales bancaires (7). Comme il était impossible de toutes les mentionner, un tirage au sort, effectué dans un climat de tension extrême, en a retenu une de chaque catégorie.
L’ARGENT-ROI
Mettons maintenant fin à ce petit jeu, manière de traiter par l’ironie une réalité désolante et choquante.
Nous voilà donc avec un plan de ville d’un genre nouveau. Le commerce a pris le pas sur l’information, l’argent sur le patrimoine. Ce mixage est peut-être une première, mais il est inadmissible. Ce plan, qui sent l’argent à plein nez, ne peut exister que parce qu’il a reçu l’aval de nos élus actuels, jusqu’au premier d’entre eux, puisque figure en pied le logo de Triel, qui vaut acceptation du produit réalisé, bon à tirer et signature.
Le n’importe quoi est donc devenu possible, et il émane de ceux qui nous gouvernent. Et - double avantage - il est monnayable.






















