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Cinéma

24 février : ciné débat à la Maison des arts à Maurecourt

Par : 
Claude Barouh

A la  Maison des Arts de Maurecourt, vendredi 24 février à 20 h 40 c’est un film de 1954 qui occupe le traditionnel et gratuit CINE DEBAT : LA COMTESSE AUX PIEDS NUS.

Deux stars hollywoodiennes en tête d’affiche : Ava GARDNER (Les 55 jours de Pékin, Pandora, Mogambo…) et Humphrey BOGART (Casablanca). Le scénario, les dialogues et la mise en scène : Joseph MANKIEWICZ (Cléopatre, Eve). Hollywood à son apogée. Un film qui est devenu un monument cinématographique

L’histoire est romanesque et impressionniste : Le producteur Kirk Edwards (prétentieux et friqué) et le réalisateur Harry Dawes (au chômage et ancien alcoolique) sont à la recherche d'une nouvelle star pour un film. Ils découvrent celle-ci sous les traits de Maria Vargas (superbe) danseuse de cabaret à Madrid, et l'engagent pour leur nouvelle production. Sous le nom de Maria d'Amata, la jeune femme devient rapidement une star adulée. Mais la faune hollywoodienne lasse vite l'actrice qui se sent seule dans cet univers clinquant et cherche désespérément l'homme de  sa vie.

Débutant par une cérémonie funéraire sur fond de cimetière où la pluie parait aussi froide que l’assistance compassée, ce film retrace quasiment un épisode de la vie de l’actrice qui semble jouer son propre rôle. Les autres personnages, par la construction du récit (des retours en arrière morcelés et non chronologiques) restent en second plan tout en soulignant la solitude impitoyable de la star à travers une peinture féroce des rapports (in) humains qu’entretiennent les hommes qui gravitent autour d’elle.

Jacques SICLIER  (Télérama N° 735 du 16 février 1964) souligne qu’«on trouvera, dans La Comtesse aux pieds nus, la revalorisation du mythe de la femme détruit par quinze ans de tradition misogyne, une peinture féroce d'Hollywood et de ses moeurs et une subtilité psychologique assez rare au cinéma.»

François TRUFFAUT a écrit sur ce film (Cahiers du Cinéma N° 49  de Juillet 1955) que «La Comtesse déroute, indiscutablement. On sort de là sans être certain d'avoir bien tout compris, sans être certain non plus qu'il y a beaucoup plus à comprendre que ce qu'on a compris, perplexe enfin quant aux intentions qui furent celles de l'auteur. Ce qui ne fait aucun doute, ou presque, c'est la sincérité totale de l'entreprise, sa nouveauté, son audace et son pouvoir de fascination.»

Humphrey BOGART, au sommet de se sa gloire, est criant de vérité et de bon sens, la troublante beauté d’Ava GARDNER, l’aide à camper à merveille une actrice perdue dans la jungle d'Hollywood. Cette fresque inoubliable a été réalisée par Joseph Mankeiwicz qui définit son film comme «une version amère de Cendrillon», La Comtesse aux pieds nus est un véritable chef d'oeuvre qu’il faut voir ou revoir sans modération.