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Port de Triel

La légitimité est plurielle...

Par : 
Rodrigo Acosta

Dans une "Lettre ouverte à la présidence de la République, au gouvernement et aux élus locaux", le collectif qui se bat pour une autre alternative au "Port de traitement de déchets" a donné une conférence de presse à Triel-sur-Seine.

Dans un bistrot bien nommé "Chez nous", l'heure n'est plus à l'approche amicale avec le bulldozer de la CA2RS. C'est  la bataille de l'aménagement de la Plaine qui commence car les deux porte-paroles Franck Trognée et Philippe Sénèque sont déterminés à mener une première attaque épistolaire aux projets de Pierre Cardo.

Dans une missive de quatre pages, bien argumentées, Franck Trognée et Philippe Sénèque ont réuni le 16 février  la presse régionale pour annoncer la prochaine bataille de l'aménagement de la Plaine, et notamment l'aberration qui consiste à construire un Port industriel qui n'a d'ECO que le nom.

Selon les arguments des détracteurs de la CA2RS, c'est un projet redondant et dangereux dans une boucle qui avait été déjà "polluée" par l'homme et ses activités de développement économique depuis des lustres. Pourquoi construire un port (37 ha) près de celui d'Achères (400 ha) ? Techniquement, le gabarit de la Seine à cet endroit - entre la Nouvelle Marina Saint-Louis et l'Ile-de-Villennes - est très étroit ; le passage de cinq ou plus de péniches par jour va conduire à un grignotage sans précédent des deux berges de la Seine.

 

C'est aller à l'encontre de toute logique économique car de toute manière sa viabilité reste à prouver, selon l'analyse du collectif. En outre, le port de Triel va engendrer avec le projet de remblais un trafic énorme et une nuisance (sonore et olfactive) qui affectera toute la santé de toute la population des trois villes les plus proches (Triel-sur-Seine, Carrières-sous-Poissy et Villennes-sur-Seine). Toujours sur le plan de la santé publique, le collectif pointe la possibilité de voir une catastrophe telle un  "Fosses-sur-Mer bis" car le niveau d'inondation va être sacrement modifié... Et ils s'interrogent : Les politiques, responsables et engagés dans ce projet, pourront-ils assumer un tel désastre ?

Quant à la concertation qui dura  huit mois, c'était ni plus ni moins qu'une mascarade orchestrée ! De plus, les habitants ont été trompés car Ports de Paris nous ont caché des choses ! Rien de nouveau dans l'argumentation : on constate ici effectivement des attaques classiques contre la puissance publique ou contre l'élu à l'initiative de ce projet,  Pierre Cardo, l'ancien député de la 7e circonscription est actuellement simple conseiller municipal de Chanteloup-les-Vignes.

Légitimité démocratique et intérêt général

Le duo contre le Port de Triel est remonté contre cette mainmise d'une sorte de bulldozer technocratique, de la CA2RS.  Lorsqu'on lui demande sur la possible remise en cause du projet Ecopôle (et sa Fabrique 21), le collectif esquive la question en soulignant que l'Ecopôle ne fait pas l'objet de leurs critiques.

Pour le collectif, il est essentiel de passer à une action d'urgence pour mettre en échec "cette aberration" pseudo écologique, le port de traitement de déchets industriels. "Pourquoi ne pas dépenser ces trente millions d'euros" dans un autre projet en cohérence avec la volonté de faire de la Seine un lieu paysager en accompagnant  le Parc naturel prévu à Carrières et la revalorisation des berges à Triel et au-delà (Vernouillet, Verneuil-sur-Seine...) ?

Sur le plan économique, le collectif lance des idées : le projet fluvial et touristique à Creil est un modèle d'inspiration : des emplois vont suivre, basés sur le tourisme fluvial, et l'arrivée de la plaisance d'Europe du Nord (avec l'ouverture du canal du Nord). La sous-traitance, l'entretien, la réhabilitation des bateaux seraient aussi générateurs d'activités économiques et d'emplois.

Pour eux, il faut arrêter d'opposer les "nantis" aux pauvres dans la recherche d'emplois. Il s'agit de "rassembler les différents niveaux sociaux autour d'un projet autour de l'essentiel, la Seine". Le collectif veut aussi faire entendre à tous les élus que la coupe est pleine : On en marre de ce développement économique anarchique, qui nuit à notre cadre de vie martèle Franck Trognée d'un ton offensif.

A la question de la légitimité et du nombre de personnes faisant partie de ce collectif, Franck Trognée ne résiste pas à l'idée de franchement mettre en cause la légitimité démocratique de certains élus qui ont été élus sur une plate forme (municipale) et qui progressivement sont en train de sortir un monstre appelé le plus gros centre de tri de déchets d'Europe avec les usines d'AZALYS et du SIVATRU, auquelles s'ajoutera maintenant le transport des remblais par le Port de Triel sa noria de camions  !

A l'inverse de l'idée reçue, la légitimité démocratique n'est pas l'exclusivité des élus, elle est plurielle surtout pour concevoir, élaborer et mettre en oeuvre des projets d''intérêt général. Dans ce cas de figure, l'aménagement doit se construire avec les habitants et non pas contre eux, fulminent les deux porte-paroles qui ne manquent ni d'exemples ni d'arguments.

Pour conclure, cette lettre ouverte et l'allusion à la pétition (environ 1000 personnes dont 600 sur une pétition papier) font savoir aux élus et tous celles ou ceux qui voudraient se faire élire que l'état d'esprit "belliqueux" de ce collectif  compte environ 40 personnes dans ses rangs.


Collectif Port de Triel contre Pierre Cardo par nouvelles_des_deux_rives