Vernouillet s'oppose au Pont d'Achères
Marie-Hélène Lopez-Jollivet, maire PS de Vernouillet, s'oppose officiellement au projet routier reliant Achères et Triel. "Du fait de la A104 inachevée, les flux de circulation déboucheront immanquablement sur la RD 154", à Vernouillet, explique l'édile.
Mme Lopez-Jollivet ne demande pas pour autant le prolongement de la A104, contrairement à son homologue d'Andrésy, Hugues Ribault (UMP). La ville prend une position radicale au sein de la CA2RS qui peut braquer certaines communes a priori pas défavorables, notamment Verneuil. Enfin, la maire de Vernouillet déplore ne pas avoir fait partie de l'enquête publique, malgré sa demande.
Ce projet 2x2 voies entre Achères, Andrésy, Carrières et Triel porté par le département ne fait décidément pas l'unanimité, tant chez les habitants - fortement mobilisés dans le mouvement associatif - que chez les élus.
Depuis le début, cette connexion RD30 / RD 190 pâtit de deux défauts majeurs. D'une part, elle impose un pont routier dans une zone urbanisée (île de la Dérivation à Carrières et quartier Denouval d'Andrésy) et au-dessus des berges de Seine, lieu de villégiature et de promenade prisé des Carriérois et des Andrésiens. D'autre part, le projet départemental surplombe le projet A104, censé passer au même endroit, mais en sous-fluvial. Caricature de ce que peut donner le millefeuille administratif bureaucratique français : le département et l'Etat ont avancé dans leur projet routier respectif sans jamais se concerter. Et ce, malgré la présence de deux conseillers généraux de la majorité, concernés par notre territoire, à savoir MM. Ribault (maire d'Andrésy) et Tautou (Verneuil) - voir, pour démonstration, notre article : "Ribault réalise le prolongement intégral de la A104").
Vernouillet regrette son absence dans l'enquête publique... contrairement à Andrésy:
MHLJ a écrit aussi au département pour rappeler qu'elle avait demandé à ce que Vernouillet "soit associée au périmètre d'enquête publique dans la mesure où ce dossier concerne très directement les Vernolitains". La maire regrette que ses habitants "n'aient pas été consultés".
Au sein de la nouvelle CA2RS, les avis des maires décidément divergent sur ce point. En effet, les associations ont aussi pointé l'absence d'Andrésy à l'enquête publique. Mais, selon son maire, Hugues Ribault, "la nouvelle liaison RD30 / Rd190 avec création d'un pont sur la Seine ne touche pas le territoire de notre commune".
Sans A104, ou avec une A104 qui s'arrêterait à Achères, le pont départemental deviendrait un déversoir pour les 120 000 véhicules et camions par jour attendus. Le Conseil général des Yvelines avait parié sur l'absence de la A104 (dont le tracé a pourtant été retenu) pour que sa connexion soit acceptée les bras ouverts par les élus. C'est le contraire qui est en train de se passer. Eddie Aït, maire de Carrières, qui aura pourtant besoin de cette connexion pour absorber l'accroissement démographique prévu par ses nombreux projets immobiliers issus de la Centralité est officiellement contre le tracé actuel de la connexion. Même Hugues Ribault, ancien conseiller général des Yvelines, qui n'a jamais voté contre une délibération sur ce projet routier, n'y est plus favorable ! Et voilà maintenant la maire de Vernouillet qui entre dans le débat.
"Impacter gravement notre quotidien"
Marie-Hélène Lopez Jollivet (MHLJ) reprend les arguments des associations : ce projet routier "risque d'impacter gravement notre quotidien", surtout "avec les imprécisions non éclaircies sur le raccordement de la A104 et la A13". Le pont d'Achères et la connexion jusqu'au pont de Triel entraîneront des "flux de circulation qui déboucheront immanquablement sur la RD 154".
Rd 154 : un pavé dans la mare
La maire de Vernouillet craint même que "l'on soit contraint de procéder à un élargissement de la RD 154". MHLJ, fine politicienne, en profite pour ouvrir un nouveau front, cette fois-ci à destination de Philippe Tautou, son collègue de Verneuil: "l'impact n'est par ailleurs pas mesuré mais bien garanti sur le projet de voie de contournement Verneuil/Vernouillet qui devrait bientôt connaître une avancée significative".
De 2002 à 2011, une série de délibérations ont été votées par le conseil général des Yvelines pour concrétiser ce projet routier, mais sans prise en compte d'un contexte local en mutation : "de nombreuses villes du territoire ont suscité des programmes de développement économique qui vont générer des flux qui ne sont pas pris en compte. Aussi, je maintiens que la concertation aurait dû être élargie et renouvelée avant l'enquête publique et que les conclusions auxquelles vous parviendrez (...) ne pourront porter sur l'ensemble des conséquences de ce projet", conclue -t-elle en direction de l'enquêteur public.
La maire de Vernouillet, dernière venue dans l'interco, confirme son indépendance d'esprit qui devrait donner du souci à la majorité UMP de la CA2RS. Dans son analyse, on peut constater, l'absence de toute référence à la CA2RS. Son positionnement contre démontre enfin que cette connexion départementale ne bloque pas seulement au niveau du pont entre Achères et Andrésy. C'est aussi de l'autre côté, vers Triel et Vernouillet que le projet routier ne passe pas.
On attend avec impatience un positionnement clair tant du maire de Verneuil que du maire de Triel, Joël Mancel, et - pourquoi pas ? - de Pierre Cardo, président de la CA2RS.
























