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Décharge à ciel ouvert

La messe est dite à Triel, mais le maire dit "attendons"

Par : 
Rodrigo Acosta


Le 13 janvier, Philippe Court, le sous-préfet, a réuni les acteurs de la possible réouverture de la décharge sur la Plaine. Une réduction de la quantité de remblais a été proposée aux élus de Triel. Le Bureau municipal des élus de Triel devait se réunir le mardi 17 janvier... Quelque soit le résultat de ce bureau municipal, la messe est dite et la décharge sera probablement remplie des remblais... au dam des écolos.

Mercredi a été une journée maussade : la pluie et le vent ont commencé à envahir notre quotidien. En bref, c'est  la perte des repères. Déboussolés, c'est comme cela que doivent être les élus de Triel-sur-Seine. A quoi bon s'insurger ? Contre qui,  contre l'Etat ? Trop tard, le contentieux administratif laisse deux mois pour réagir. Les deux mois sont passés et rien n'a été  fait sur le plan juridique. Les banderoles "NON à la décharge" c'était pour décorer l'après-fêtes. Pas de pétition... pas d'efficacité !

L'appareil UMP leur a dit de fermer le ban et ils s'exécutent comme de bons petits soldats. La préfecture et le sous-préfet ont réuni le 13 janvier tous les acteurs (la société EMTA, le porteur du projet ferme solaire, Alterrya, la CA2RS, les élus) pour trouver un compromis. Il ne fallait pas surtout "ouvrir la boîte de Pandore" de la contestation à Triel. Sur le fond, le message est passé : "pas de remblais, pas de ferme solaire" c'est consubstantiel", dixit le sous-préfet. Amen.

Le maire de Triel demande un report de l'arrêté préfectoral
Dans une lettre datée du 23 janvier, Joël Mancel, le maire de Triel-sur-Seine, demande "la suspension pour quelques mois de l'arrêté du 16 novembre 2011..." Suite à la réunion du bureau municipal de la majorité, le 17 janvier, le maire et son staff ont expliqué au sous préfet de Saint-Germain-en-Yvelines, Philippe Court que le dossier fait émerger beaucoup de questions  et d'interrogations "qui méritent d'être étudiées en toute sérénité". Comme le société porteuse du projet ferme solaire, Alterrya, ne pourrais pas déposer un dossier avant le 8 février, le maire considère que rien ne presse.

Fallait il abdiquer ?

La thèse de Pierre Cardo l'a emporté : le maire de Triel devrait négocier avec l'Etat et la société EMTA pour imposer "les conditions pour un maximum d'avantages et un minimum de nuisances" et notamment dans le cadre d'une commission de contrôle sur la nature des remblais à créer. En plus, au lieu de 4,2 millions de tonnes de remblais, environ 3 millions "seulement" seront versés sur la zone de l'ancienne décharge (70 ha).  Pour la CA2RS, le transport par voie d'eau doit être privilégié... d'où la "pertinence" du Port de Triel (selon les riverains de Villennes); mais, selon l'entreprise EMTA, un ancien quai de déchargement au bord de Seine serait réhabilité à l'occasion.

Quoi faire, s'interrogèrent  le maire de Triel et les autres "dindons de la farce" ? Fallait il abdiquer comme cela ? On tentera de voir plus clair dans les jours qui viennent. Mais sachez, chers habitants de Triel, que vous auriez intérêt à suivre de près ce chantier de remblais.

Au fait :  il est où le député qui s'était opposé à une décharge à l'Hautil ? Si vous le voyez, dites lui de venir parler à la rédaction qui demande des conseils pour la suite de ce dossier compliqué...

 

Alterrya : difficile d'être satisfait, mais confiant !
Contacté par la rédaction le PDG d'Alterryai, porteur du projet de la ferme solaire, Yoni Ammar, a indiqué être "difficilement satisfait" ! Pour lui, la réunion du 13 janvier aurait dû être une réunion de validation du projet avec une approbation sans équivoque de la ville de Triel. Or, tout le travail de trois ans n'a pas pu aboutir. Et le délai fatidique du 8 février ne sera pas tenu : date de la clôture des dossiers de l'appel d'offres national. "La volte-face du maire de Triel, Joël Mancel, était, pour tous les acteurs du projet, incompréhensible; et le résultat ne s'est pas fait attendre : pas de dossier pour le 8 février 2012." Cela dit, le PDG reste confiant car l'Etat et les acteurs du projet au niveau de la CA2RS continuent d'être favorables au projet. Le projet de la ferme solaire est consubstentiel du projet de remblai d'une surface de 24 hectares. Par conséquent, le projet devrait continuer - avec l'étude d'impact et la mise en oeuvre d'un cahier de charges - malgré cette période d'attente imprévisible.