"Prenons nos responsabilités", explique le sous préfet Ph. Court
Dans une réponse cinglante du 12 janvier sur l'affaire de Ramblais à Triel, le représentant de l'Etat, Philippe Court, sous-préfet des Yvelines souligne les engagements pris par le maire de Triel, Joël Mancel, qui semble oublier l'adage : "Nul ne cherche à se défausser sur un tiers d'un choix qu'il aurait lui-même effectué".
"Il faudra clarifier les positions de chacun demain à la réunion de médiation", conclut-il.
Les annonces NON au remblais
et l'opposition frontale du conseil municipal de Triel au projet de remblais de l'ancienne décharge de 70 ha ont mis le feu au poudre à la préfecture. D'habitude, placide, le sous-préfet Philippe Court explique par le menu le problème du remblais.
"Oui" : le maire, Joël Mancel, était au courant
"OUI" le maire était au courant de la nécessité de mettre du remblais, un élément consubstantiel du projet de ferme solaire de 2010, notamment décidé lors des réunions au sein d'un comité de suivi (dit CODESTR). La société porteuse du projet, ALTERRYA, avait largement expliqué la nécessité financière et technique de passer par ce remblais. L'Etat avait accepté de "modifier les conditions de suivi post-exploitation du site, et d'imposer à l'exploitant EMTA de nouvelles prescriptions sur la portance de sol pour permettre l'installation de cette ferme solaire".
En plus, le projet a été porté institutionnellement par la Communauté d'agglomération des Deux Rives (CA2RS) dont un des dignes représentants est un dénommé... Mancel Joël. Depuis la réunion du 10 novembre dernier, tout s'est emballé, selon le sous-préfet : le maire avait dit oui mais ses conseilleurs se sont opposés à cet avis. Une bronca au Bureau municipal triellois a suivi qui s'est terminé avec le voeu contre une décision de la CA2RS, et non pas celle de l'Etat souligne le sous-préfet.
Et maintenant, tout est presque bloqué : la société ALTERRYA rechigne à y aller face aux risques financiers et juridiques. Aucun banquier, ni la Caisse des dépôts, ne mettrait un sous pour un projet qui n'a plus l'appui du Conseil municipal triellois. La réunion de la dernière chance ne permettra certainement pas une issue à ce problème de remblais triellois.
Quoi faire ? Le maire de Triel a deux options : Soit il persiste et signe contre le projet et le projet imbriqué (remblais et ferme photovoltaïque) ne verra pas le jour à Triel. Soit il accepte la réouverture du site EMTA et alors il se mettrait à dos sa population. Par contre, cette dernière décision clarifiera sa position vis à vis de la CA2RS.
L'Etat vigilant
Car pour le sous-préfet, c'était à la demande des élus que ce projet de ferme solaire et de remblais a été porté depuis deux ans et demi. L'Etat n'y est pour rien dans cette affaire.
En revanche, l'Etat restera vigilant sur trois points : "la sécurité du site en raison de la présence des réseaux de biogaz, la limitation des nuisances routières que peut occasionner l'apport de remblais, l'origine et la qualité des remblais..."
Enfin, le sous-préfet fait de la pédagogie "à l'ancienne" et invite les élus de Triel à "une clarification de positions" : "Nul ne cherche à se défausser sur un tiers d'un choix qu'il aurait lui-même effectué".



















